Formulaire de recherche

marianne anses

Activités de recherche du laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy

Le champ des activités de recherche du laboratoire de la rage et de la faune sauvage de Nancy est l’étude des agents pathogènes, en particulier zoonotiques, circulant dans la faune sauvage. Les recherches sont conduites selon une approche ciblée sur certains agents pathogènes (Lyssavirus, Echinococcus, Mycobacterium bovis, agents pathogènes transmis par les tiques, coronavirus, orthohantavirus) et/ou certaines espèces animales (carnivores sauvages, espèces domestiques, rongeurs et chiroptères) et selon trois axes : appui à la surveillance, éco-épidémiologie et prévention et lutte. Ces axes s’alimentent les uns les autres, avec des projets pouvant être à l’interface entre plusieurs de ces axes.

Les activités d’appui à la surveillance concernent certains agents pathogènes étudiés dans le cadre de dispositifs nationaux et internationaux. Des développements de méthodes de diagnostic direct et indirect et de caractérisation moléculaire des pathogènes sont nécessaires pour les détecter et suivre leur circulation. Ces développements sont par ailleurs réinvestis dans le cadre de recherches en épidémiologie, pour le suivi de l’efficacité des méthodes de lutte et l’harmonisation de ces méthodes au sein des réseaux de laboratoires agréés pour le diagnostic de ces agents pathogènes.

L’axe sur la compréhension de l’éco-épidémiologie des agents pathogènes concerne des travaux d’épidémiologie descriptive et analytique, y compris moléculaire. Ceux-ci visent à mieux décrire la distribution spatio-temporelle des agents pathogènes et les facteurs influençant les processus de transmission ou leur distribution. Le but de cet axe est de comprendre les cycles épidémiologiques des agents pathogènes étudiés, d’identifier les espèces hôtes et leur rôle en fonction des écosystèmes considérés. Cette approche intègre l’étude de l’écologie des hôtes dont, entre autres, leur dynamique de population et leur répartition. Cette meilleure compréhension passe aussi par des approches expérimentales sur des animaux, avec des études sur la barrière inter-espèce, la diffusion au sein d’un hôte, l’excrétion et la transmission entre les individus des pathogènes étudiés. In fine ces travaux visent à mieux estimer le risque sanitaire lié aux agents pathogènes étudiés et à définir à la fois les modalités de surveillance et les moyens de lutte les plus pertinents.

Enfin les travaux sur l’axe dédié aux moyens de prévention et de lutte s’intéressent à l’Homme et à l’animal. Ils cherchent selon les cas à prévenir ou à limiter l’exposition de l’Homme ou des animaux domestiques aux agents pathogènes étudiés et à réduire la transmission. Sans exclure d’autres approches (gestion des populations, traitements, etc.), les activités portent notamment sur le contrôle de l’efficacité de vaccins déjà existants, leurs effets protecteurs vis-à-vis d’agents pathogènes proches (protection croisée), le développement et/ou l’évaluation de potentiels candidats vaccinaux et leurs modalités de déploiement.

Projets de recherche

  • Unité SEEpiAS
    • MEME (2020-2022)

Multi-centre study on Echinococcus multilocularis and Echinococcus granulosus s.l. in Europe: development and harmonisation of diagnostic methods in the food chain

Financement : European joint programme One Health

Le projet vise à combler les lacunes de recherche mises en évidence par les agences internationales pour la détection et le contrôle des vers parasites Echinococcus multilocularis (Em) et Echinococcus granulosus s.l. (Eg). Il se concentre sur la normalisation, l'harmonisation et la validation des méthodes existantes, ainsi que sur le développement et l'évaluation comparative d'outils moléculaires innovants. La production de données épidémiologiques sur la présence d'œufs de ces parasites se concentre sur les légumes destinés à la consommation humaine, ainsi que sur les fèces canines, dans certains pays endémiques. En harmonisant les procédures et en améliorant la détection, le projet permettra de définir des stratégies de contrôle de ces parasites.

En savoir plus sur le projet

  • BARALCA (2019-2023)

Recherche et analyse de la présence de Baylisascaris procyonis et de différents pathogènes chez les ratons laveurs en France

Financement : Anses, Office français de la biodiversité, Université de Reims Champagne-Ardenne, Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l’environnement et École nationale vétérinaire de Toulouse

B. procyonis est un nématode dont l’hôte définitif est le raton laveur. Il a été introduit en Europe avec ce dernier. L’augmentation des populations de ratons laveurs en Europe et notamment en France interroge sur le risque zoonotique associé à la présence de ce parasite déjà identifié dans les pays frontaliers, notamment en Allemagne et au Luxembourg. Une étude est menée sur la présence du parasite en France au sein des trois principaux noyaux de population de ratons laveurs établis en France : Nord-Est (de la Marne à l’Alsace), Massif central, Gironde et départements limitrophes. Le génotypage des nématodes identifiés sera réalisé pour caractériser l’origine géographique et la transmission de ce parasite, s’il est présent dans les zones étudiées en France. De plus, différents agents pathogènes d’intérêt en santé publique et vétérinaire seront recherchés.

  • TIQOJARDIN (2021-2023)

Evaluation du risque lié aux tiques dans les jardins privés en Lorraine

Financement : « Territoires d'innovation de grande ambition » Prévenir et limiter les risques liés aux interactions hommes/forêt/plantes/animaux

L’objectif de ce projet est de caractériser le risque acarologique (risque de piqûres de tiques infectées) dans les jardins privés en zone urbaine et péri-urbaine. Deux composantes seront considérées, « l’aléa » (abondance des tiques infectées) et « l’exposition humaine ». Les variables environnementales (connectivité des milieux, biodiversité des hôtes, pratiques d’aménagement, etc.) et sociales (fréquentation des jardins, perception du risque) qui peuvent servir de levier pour diminuer ce risque seront déterminées.

  • Unité Lyssavirus
    • MuseCoV et COVRIN (2021-2023)

Multi-scale eco-evolution of Coronaviruses: from surveillance toward emergence prediction
One Health research integration on SARS-CoV-2 emergence, risk assessment and preparedness.

Financements : Agence nationale de la recherche et European joint Programme One Health

Ces projets ont deux objectifs principaux :

  • Identifier les moteurs de l'émergence et de la propagation du SRAS-CoV2 et des coronavirus en général.
  • Générer des données pour l'évaluation des risques du SRAS-CoV2 chez les animaux et l’environnement.

Plus spécifiquement, le laboratoire va développer des outils sérologiques pour la détection du SARS-CoV-2 et d’autres coronavirus dans la faune sauvage. Il isolera les coronavirus retrouvés, en testant différents types cellulaires, pour étudier les récepteurs cellulaires d’entrée des différents coronavirus. Enfin, il contribuera à une étude d’épidémiologie moléculaire à l’échelle de l’Europe sur certaines espèces de la faune sauvage, dont les hérissons, les oiseaux, les chauves-souris et les loutres.

En savoir plus sur le projet Muscov et sur le projet Corvin

  • EPI VO (2021-2022)

Investigation on the factors that may be affecting the results of oral rabies vaccination (ORV) monitoring and their interpretation.

Financement : Union européenne, dans le cadre du LRUE rage

Les programmes de vaccination orale du renard contre la rage au sein de l’Union européenne sont mis en œuvre depuis plusieurs décennies. Malgré le respect des directives actuellement en place, le pourcentage de renards vaccinés semble être en baisse constante, alors que le pourcentage de prise d’appâts vaccinaux continue d'augmenter années après années. Il n'est pas rare d'observer des niveaux de vaccination chez les populations de renards bien inférieurs au niveau de vaccination recommandé de 70%, avec des taux avoisinant les 30 - 40%. L’objectif est d’étudier de façon rétrospective les hypothèses et possibles explications de cette baisse sur la base des données de terrain par une analyse épidémiologique.