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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
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Mis à jour le 10/06/2016

Algues vertes, baignade et consommation de coquillages

Identification des dangers et expositions éventuelles liés à la baignade et la consommation de coquillages dans des zones touchées par des proliférations d’algues vertes

Mots-clés : Algues vertes, Eaux de loisirs, Coquillages

Chaque été, depuis plus de 30 ans, des segments du littoral français sont touchés par des échouages massifs d’algues vertes. Une fois échoués sur les plages, ces dépôts d’algues entraînent des dégagements importants de gaz lors de leur décomposition, notamment de sulfure d’hydrogène (H2S), exposant potentiellement les promeneurs, les riverains et les travailleurs chargés de leur ramassage à des risques. La question des risques liés à ces algues en cas de baignade ou de consommation de coquillages est également posée. Détail des travaux de l’Agence sur ce sujet.

Des épisodes de prolifération massive de macro-algues sur les côtes et les plages européennes ont été rapportés dans la littérature scientifique dès 1905 sur les côtes irlandaises. Depuis ces quarante dernières années, ce phénomène n’a cessé de s’amplifier. La prolifération de ces algues est principalement liée à la présence de nitrates, apportées par les activités humaines (agriculture notamment), dans les eaux et à la configuration topographique du littoral (baies).

Une fois échoués sur les plages, ces dépôts massifs d’algues entraînent, lors de leur putréfaction, des dégagements importants de gaz, notamment de sulfure d’hydrogène (H2S) qui peuvent être à l’origine de nuisances olfactives et de troubles sanitaires pour les promeneurs et les riverains des plages. Afin de remédier à cette situation, certaines plages font l’objet de ramassages, les algues étant ensuite traitées dans les terres. Ces différentes étapes exposent des travailleurs à ces gaz.

Aux côtés de la question des risques liés à ces échouages massifs pour la santé des populations exposées, la question des risques liés à la présence de ces algues en cas de baignade ou de consommation de coquillages est également posée. Afin d’apporter des éléments de réponse aux autorités sanitaires, l’Anses a réalisé un état des lieux des données disponibles quant aux dangers et expositions éventuelles liés à la baignade et la consommation de coquillages dans des zones touchées par des proliférations d’algues vertes.

 

Le travail de l’Agence

Une expertise interne a été menée sur la base de la littérature scientifique et de données de surveillance disponibles (en mai 2011) afin d’apprécier la pertinence et la faisabilité de mener une telle évaluation des risques.

L’objectif principal de ce travail prospectif était de collecter des informations sur les micro-organismes et les substances chimiques associés à la présence massive de macro-algues afin d’identifier les éventuels dangers auxquels seraient exposés les baigneurs et les consommateurs de coquillages ramassés à proximité.

Les espèces impliquées dans les marées vertes bretonnes sont très majoritairement Ulva armoricana et Ulva rotundata. Les algues de cette famille, Ulva spp., font partie des genres de macro-algues utilisés en alimentation humaine et référencés au niveau européen comme ingrédients cosmétiques.

Concernant les dangers microbiologiques, la bibliographie relate la présence de bactéries sur les macro-algues ou dans les amas d’algues en décomposition, mais sans permettre d’établir un profil type des populations bactériennes qui s’y développent. Les données disponibles sont rares et ne permettent pas d’estimer le niveau de concentration de bactéries pathogènes dans ces différents cas. De surcroît, rares sont les données spécifiques des côtes françaises. 

Concernant les dangers chimiques, des données ont été collectées sur la composition des algues en divers éléments traces métalliques, sur des contaminations par des polluants organiques persistants et des pesticides, ainsi que sur des substances potentiellement toxiques produites par certaines algues (par exemple le diméthylsulfure, l’acide acrylique, la dopamine). A nouveau, rares sont les données spécifiques des côtes françaises et aucune ne se rapporte à un épisode d’échouage massif d’algues vertes. Ainsi, il s’avère difficile d’identifier et de caractériser les dangers chimiques liés à la survenue de marées vertes en France.

Du point de vue épidémiologique, aucune des publications analysées dans le cadre de ce travail et portant sur des dangers microbiologiques ou chimiques en lien avec un épisode de prolifération de macro-algues, n’a mentionné de symptôme chez l’Homme, après une activité de baignade ou la consommation de coquillages ramassés dans ces zones (ex : toxi-infections, irritations, etc.).

L’estimation de l’exposition des populations aux dangers identifiés s’est avérée impossible faute de données adaptées, notamment concernant leur concentration lors d’échouages massifs d’algues vertes sur les côtes françaises. Les rares données disponibles concernant les côtes françaises sont celles de la surveillance des eaux de baignade, de la surveillance de la contamination des coquillages et les signalements de marées vertes.

Avant une éventuelle évaluation quantitative des risques sanitaires, le recueil de données épidémiologiques pourrait permettre d’objectiver un éventuel signal sanitaire. Le cas échéant, l’acquisition de connaissances nécessaires à une quantification des risques pourrait s’inscrire dans la cadre de travaux de recherche.