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Santé et environnement

Au quotidien et tout au long de notre vie, l’environnement est un déterminant majeur de notre santé.  Substances chimiques, particules dans l’air, ondes électromagnétiques, l’expertise de l’Anses apporte en permanence les derniers éléments de connaissances scientifiques sur les facteurs de risques liés aux expositions environnementales. L’Agence évalue les risques liés à la pollution des milieux et aux différentes nouvelles technologies. Elle évalue également les substances chimiques présentes dans les produits du quotidien.

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Fournitures scolaires : le grand flou des substances chimiques
Mieux encadrer la présence de substances dangereuses dans les fournitures scolaires
15/09/2022

Fournitures scolaires : le grand flou des substances chimiques

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original . Septembre est traditionnellement un mois de retour en classe, qui se traduit dans les commerces par un rayon papeterie et autres fournitures plus dense qu’à l’ordinaire. Or, depuis quelques années, la rentrée s’est accompagnée de plusieurs études conduites par le Danish Environmental Protection Agency , l’ Ademe , l’ UFC Que choisir ou encore 60 Millions de Consommateurs qui ont mis en évidence la présence ou l’émission de substances chimiques (notamment des phtalates , du formaldéhyde , des substances allergisantes, etc.) dans les fournitures scolaires ou de bureau. Des signaux qui ont poussé l’Anses à s’autosaisir sur le sujet. Inhalées, ingérées ou en contact avec la peau, ces substances chimiques peuvent pour certaines entraîner des effets sur la santé : certains phtalates (utilisés comme plastifiants) peuvent être toxiques pour la reproduction ou des perturbateurs endocriniens, etc. ; le formaldéhyde (utilisé comme biocide, dans les résines ou encore comme conservateur) est sensibilisant cutané et cancérogène… Ces effets pourraient être observés notamment chez les enfants, qui ont tendance à mettre à la bouche certains objets. Ces produits étant utilisés au quotidien, l’Agence a ainsi décidé d’ identifier les substances qui y sont spécifiquement présentes . Aucune catégorisation officielle des fournitures scolaires et de bureau n’existe aujourd’hui que ce soit en France, en Europe ou dans le monde. Ainsi, dans le cadre de cette étude, l’Anses a réalisé des recherches des différentes catégorisations proposées et combinées ensemble afin de proposer sa propre classification. Il est rappelé que les nouvelles technologies (ex. tablette) ne sont pas considérées dans cette étude. Une réglementation et des données lacunaires En France et en Europe, les fournitures scolaires ne relèvent d’aucune réglementation spécifique que ce soit pour leur composition, leur fabrication ou leur utilisation. Il faut cependant noter que les réglementations européennes REACh (qui sécurise la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie en Europe) et CLP (destiné à la communication sur les dangers des substances chimiques et mélanges au niveau européen) s’appliquent, ainsi que la directive de sécurité générale des produits n°2010/95/CE. Certains jouets (stylos pailletés, peintures au doigt, etc.) peuvent également être utilisés comme fournitures scolaires, mais eux entrent dans un cadre réglementaire plus restrictif conformément à la directive n° 2009/48/CE . L’Anses a donc réalisé une synthèse de la littérature disponible concernant les substances chimiques présentes ou émises par les fournitures scolaires et de bureau. Elle a fait le constat que cette thématique est très peu documentée . Les études portant sur les fournitures scolaires ou de bureau portent principalement sur l’émission de substances chimiques, et minoritairement sur le transfert par contact cutané (sujet pour lequel il y a des données issues de modélisation). Dans la littérature scientifique, peu d’études spécifiques à la composition chimique des fournitures scolaires ont ainsi pu être identifiées. Néanmoins, quelques institutions se sont focalisées sur certaines d’entre elles, en particulier le Danish EPA. En 2007, l’agence danoise a par exemple identifié la présence de phtalates dans des gommes par des essais de composition. Quelques exemples malgré tout Le Danish EPA a réalisé une évaluation des risques en s’intéressant aux expositions orales ou cutanées aux phtalates. S’il n’a pas mis en évidence de risque général, il a toutefois estimé pour l’un des phtalates que l’ingestion quotidienne d’un morceau de gomme, ou le fait d’en sucer ou mâchouiller une petite quantité sur une longue période, pouvait présenter un risque pour la santé des enfants. Cependant, pour les quelques évaluations de risques disponibles/existantes, relativement anciennes (à l’exception de celle concernant les phtalates dans les gommes), aucun risque n’avait été mis en évidence. Des associations de consommateurs telles qu’UFC Que choisir ou 60 millions de consommateurs se sont également intéressées à la problématique. Elles ont réalisé des analyses chimiques sur différentes fournitures scolaires telles que les stylos billes ou les surligneurs. L’UFC Que choisir a publié récemment de nouveaux essais de composition mettant en évidence que 40 % des fournitures testées contenaient des substances chimiques. Ainsi, malgré une littérature scientifique et « grise » (non soumise à des comités de lecture ou issue d’instituts tels que l’Anses ou ses homologues dans le monde) relativement faible, l’Anses constate que les familles de substances chimiques les plus régulièrement étudiées, ou le plus souvent identifiées lors des analyses, sont : les phtalates (dont l’Anses note qu’ils ne sont recherchés que dans des articles contenant du PVC). Certains ont été trouvés dans des gommes et de la pâte à modeler . les composés organiques volatils (COV), dont le formaldéhyde, le chloroforme ou le toluène souvent utilisés comme solvants. Potentiellement toxiques, cancérigènes et mutagènes, plusieurs ont été retrouvés dans des surligneurs , marqueurs , gommes , stylos parfumés , crayons de bois , colles , rubans adhésifs … le benzène , parfois retrouvé dans les colles . des métaux (tels que le chrome hexavalent, le cadmium, le nickel, le plomb) , ponctuellement retrouvés dans la peinture à doigt ou les marqueurs pour tableau blanc. des PFAS (per et polyfluoroalkyls) émis par des feuilles de papier. des colorants , retrouvés pour certains dans des stylos-feutres . des conservateurs (isothiazolinones…), des substances parfumantes , utilisées dans certains feutres et crayons de couleur . des résines, qui ont quant à elles, été trouvées dans des colles ou des encres . Plusieurs de ces substances sont classées au niveau européen comme sensibilisantes cutanées, cancérigènes… et sont déjà interdites ou restreintes, dans les jouets notamment. Certaines de ces substances font l’objet d’alertes Safety Gate (ex Rapex) régulières. Safety Gate est le système européen d’alerte rapide pour les produits dangereux non alimentaires qui facilite les échanges d’informations entre 31 pays et la Commission européenne sur les produits présentant un risque pour la santé, la sécurité des consommateurs et les mesures prises. Les conclusions et recommandations de l’Anses En conclusion, l’étude de l’Anses, malgré une littérature ancienne et peu abondante, a mis en évidence l’émission ou la présence de nombreuses substances chimiques dans les fournitures scolaires et de bureau qui, pour certaines d’entre elles, présentent des propriétés de sensibilisation cutanée, de perturbation endocrinienne ou de cancérogénicité. L’Anses a mis en évidence le fait que les fournitures scolaires et de bureau ne relevaient d’aucune réglementation spécifique que ce soit pour leur composition, leur fabrication ou leur utilisation. L’ exposition à certaines de ces substances peut être facilement limitée, comme nous le détaillons ci-dessous. Par conséquent, l’Anses conseille aux consommateurs de privilégier les fournitures ne contenant ni substances parfumantes, ni paillettes ou autre artifice qui pourraient inciter les enfants à les « mâchouiller », voire à les avaler. Pour protéger la santé des consommateurs, celle des enseignants ou du personnel travaillant en bureau et plus particulièrement celle des enfants, l’Agence appelle à revoir la réglementation actuelle. L’Anses recommande d’appliquer à l’ensemble des fournitures scolaires la réglementation relative à la sécurité des jouets, où le volet chimique interdit ou limite la présence d’un grand nombre de substances telles que les CMR, ou agents chimiques cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction ), des substances allergisantes, le chrome, le plomb, etc. Ainsi en intégrant les fournitures scolaires et de bureau dans la directive sur la sécurité des jouets, un grand nombre de substances chimiques déjà identifiées seraient interdites ou restreintes à de faibles concentrations. Enfin, l’Anses recommande aux fabricants et distributeurs de supprimer certaines substances dangereuses telles que des substances parfumantes, les substances volatiles… sans attendre les évolutions réglementaires.
Santé : la biosurveillance des principaux produits chimiques se met en place en Europe
13/09/2022

Santé : la biosurveillance des principaux produits chimiques se met en place en Europe

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original . Les enquêtes récentes le montrent : 90 % des Européens s’inquiètent de l’impact des produits chimiques sur l’environnement, et 84 % sur leur santé . Les préoccupations relatives à ce sujet occupent également une place de plus en plus importante dans le discours public… Pour autant, la production mondiale de produits chimiques devrait doubler d’ici à 2030, ce qui reflète l’augmentation rapide de leur utilisation dans presque tous les secteurs économiques. De fait, des substances chimiques peuvent être utilisées dans la fabrication de médicaments vétérinaires, produits phytopharmaceutiques, biocides, conservateurs, additifs… Elles font alors l’objet d’une évaluation des risques potentiels pour le consommateur avant mise sur le marché. D’autres, présentes cette fois dans l’environnement, peuvent également avoir un impact : elles peuvent être d’origine naturelle (micro-organismes, champignons produisant des toxines, métaux présents dans les sols, etc.) ou résulter d’une pollution (polychlorobiphényles ou PCB, chlordécone, métaux…). On parle de « produit chimique » quand plusieurs substances sont mélangées en vue de donner des propriétés particulières au produit résultant : produit cosmétique, peinture, nettoyant ménager, etc. Une exposition croissante Nous sommes ainsi de plus en plus exposés à des substances chimiques à travers notre environnement : l’air que nous respirons, l’eau et les aliments que nous ingérons, les articles que nous manipulons, les produits que nous nous appliquons sur la peau… Tous contribuent, plus ou moins intensément, à augmenter notre niveau d’imprégnation interne. C’est ce niveau interne d’exposition qui conditionne les effets que les substances dangereuses peuvent avoir sur notre santé. D’où l’importance d’avoir les outils pour suivre leur présence autour de nous – outils qui manquaient à l’échelle européenne jusqu’à présent. L’Anses vient d’apporter son expertise à un vaste projet européen pour y remédier. Voici comment. La biosurveillance vise précisément à mesurer la charge en contaminants chimiques que notre organisme peut supporter. Mais quels niveaux de concentration (ou imprégnation) de substances chimiques, de leurs produits de dégradation ou de polluants présents dans l’environnement pouvons-nous tolérer ? Une évaluation via le dosage de biomarqueurs lors de prélèvements sanguins, d’urine, de cheveux ou encore de lait maternel permet d’estimer notre exposition interne aux substances chimiques et autres polluants (métaux, etc.) La biosurveillance permet également de prendre en compte les différences physiologiques entre individus (respiration, métabolisme, âge…) ainsi que les facteurs associés au comportement et aux activités (hygiène de vie, usage de produits de consommation…) Un réseau de laboratoires qualifiés L’ initiative européenne HBM4EU , qui vient de se terminer après cinq années et demie de recherche, avait pour ambition de faire de la biosurveillance un outil incontournable pour déterminer l’exposition de la population aux produits chimiques et évaluer les risques pour la santé dans l’Union européenne. L’un des enjeux de ce programme d’envergure était de constituer un réseau de laboratoires performants et d’harmoniser les méthodes analytiques comme la conception des enquêtes et en assurer la qualité. Un défi que nous exposons ici, et un atout pour demain. Au cours des dernières décennies, la biosurveillance humaine a été utilisée comme outil dans divers projets de recherche et programmes nationaux, générant ainsi une vaste quantité de données en Europe . Cependant, l’information obtenue était fragmentée et pas toujours comparable. [ Plus de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde . Abonnez-vous aujourd’hui ] En effet, les récents progrès techniques et méthodologiques ont permis de multiplier le nombre de substances chimiques analysables… Aucune méthode de référence standard n’avait toutefois été instaurée : contrairement à d’autres domaines, par exemple la sécurité chimique des aliments, il n’existe actuellement aucune structure de référence européenne pour la biosurveillance. Plusieurs pays européens ont bien mis en place des programmes nationaux dans ce domaine, mais isolément, ce qui limite la possibilité de comparaison des résultats. Le nouveau réseau européen de 166 laboratoires issu de 28 États membres mis en place dans le cadre de HBM4EU peut remplir ce manque. Parmi eux, 74 laboratoires sont déjà qualifiés en termes de qualité et de comparabilité et plus de 43 000 analyses ont ensuite été réalisées par 34 d’entre eux . Quelles substances sélectionner ? Pour des raisons liées à des contraintes d’échantillonnage et d’analyse, il était nécessaire d’identifier les substances à inclure dans ce programme. Au cours des 5 ans et demi de HBM4EU, trois cycles de priorisation ont eu lieu , qui ont permis d’identifier une liste de substances ou de familles de substances – et de préciser comment mieux gérer l’exposition humaine au niveau national et européen. Cette priorisation a été faite selon trois groupes de critères : Les dangers de la substance (ou du groupe) : préoccupations en termes de toxicité (cancérogène, perturbateur endocrinien…) ou le manque de connaissances associées à certains types d’effets (à long terme par exemple). Lorsqu’il s’agissait de groupes complexes de substances, tels les pesticides, cette évaluation pouvait s’appuyer sur les données disponibles pour certains « chefs de file » de toute une famille de composés. L’exposition à la substance (ou au groupe) : niveau d’exposition au regard des tonnages produits ou des concentrations déjà mesurées chez l’Homme ou dans l’environnement. Des critères de persistance ou d’accumulation peuvent aider à les anticiper. Les préoccupations sociétales : problématiques soulevées par les parties prenantes. Différents scores ont été attribués à ces critères, de manière à pouvoir classer et afficher un ordre de priorité aux substances (ou groupes de substances), et voir en quoi les résultats générés dans le cadre du programme pourraient être utilisés pour améliorer la gestion et, le cas échéant, réduire l’exposition. En parallèle, les substances ont été catégorisées selon le niveau de connaissance déjà disponible de manière à pouvoir rapidement répondre aux questions qu’elles posent. Par exemple, les substances rangées dans la catégorie A (Hexabromocyclododecane) sont déjà largement connues, tant du point de vue exposition que toxicité ; les inclure dans un programme tel que HBM4EU permet de suivre leur évolution dans le temps et de voir si les mesures de gestions mises en œuvre sont efficaces. À l’inverse, les substances classées en catégorie D (2,3,5,6-tetrabromo-p-xylene, etc.) voire E (Melamine polyphosphate, etc.) ne bénéficient que de connaissances limitées, les méthodes pour les mesurer sont même parfois en cours de développement : avant de les inclure dans une enquête de biosurveillance, il convient donc d’y suppléer. Ces substances font donc l’objet d’une attention particulière. L’ ensemble de la démarche de priorisation a fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique et les substances prioritaires retenues ont fait l’objet d’un suivi régulier au sein du projet. Des documents de synthèse sur les principales familles (phtalates, pesticides, HAP, PFAS, mycotoxines…) ont été rédigés et publiés sur le site de HBM4EU. 24 pays ont déjà uni leurs forces pour collecter des données à l’échelle européenne, qui reflètent l’exposition interne de la population à certaines substances chimiques prioritaires. Ces analyses ont été menées au sein du réseau de laboratoires précédemment évoqué. Des questionnaires, des procédures opérationnelles normalisées et du matériel de communication ont été mis à disposition pour assurer l’harmonisation des capacités d’analyses : une première ! Les études menées se sont concentrées sur trois groupes d’âge : enfants, adolescents et adultes. Les participants ont été recrutés entre 2014 et 2021 dans onze à douze pays répartis dans quatre régions. Ces études ne sont pas représentatives de leur pays mais incluent un ratio femmes/hommes de 50:50 et des habitants des zones urbaines, semi-urbaines et rurales. Elles serviront de base pour suivre l’exposition interne aux produits chimiques et les progrès qui auront été faits pour les réduire. Les principaux composés mesurés sont les suivants : phtalates et DINCH, PFAS, bisphénols , cadmium, arsenic, filtres solaires, pesticides , acrylamide. Groupes d’âge suivis et produits chimiques recherchés lors des études au niveau européen. HBM4EU , Author provided Bien interpréter les résultats à venir Les valeurs qui définissent un seuil d’exposition en dessous duquel il n’y a a priori pas de risque pour la santé sont, à l’heure actuelle, presque toutes définies par des concentrations externes – dans l’alimentation ou l’air. Pour savoir si les concentrations mesurées dans le sang ou les urines les dépassent, il a fallu définir des valeurs guide adaptées . Leur élaboration s’est appuyée sur l’expérience acquise par la Commission allemande ( German HBM Commission HBM-I values) pour la population générale et l’Anses pour les milieux professionnels (Valeurs limites biologiques/VLB, ou Biological limit values /BLVs). Plusieurs étapes furent nécessaires : Savoir quoi mesurer. Parfois, le produit d’origine peut être difficile à doser dans un échantillon de sang ou d’urine et il vaut mieux rechercher les composés issus de sa dégradation dans l’organisme. C’est le cas du dimethylformamide (DMF), un solvant utilisé dans l’industrie, pour lequel les molécules issues de sa dégradation offrent une meilleure corrélation entre concentration urinaire et effet sur la santé. Choisir le mode de dérivation de la valeur. Il y a plusieurs options selon le niveau de connaissance
Vecteurs et ravageurs, contrôle et biodiversité
09/11/2022

Mercredi 9 et jeudi 10 novembre 2022

Vecteurs et ravageurs, contrôle et biodiversité

Agropolis International à Montpellier
Public : oui
Le lien entre perte de biodiversité et (ré)émergence de maladies a déjà fait l’objet de nombreux travaux, en particulier sur le sujet des maladies à transmission vectorielle (paludisme, fièvre du Nil Occidental, borréliose de Lyme…). En revanche, les impacts du retour d’une certaine biodiversité en ville sur les maladies à transmission vectorielles restent à ce jour assez peu connus et méritent d’être mieux appréhendés. De même, les impacts sur la biodiversité de la lutte contre les vecteurs (moustiques, tiques, pucerons…) susceptibles de transmettre des agents pathogènes aux humains, aux animaux ou aux plantes doivent eux aussi être davantage explorés.
Cet été, à quelles plantes faire attention pour éviter les intoxications ?
01/08/2022
Actualités

Cet été, à quelles plantes faire attention pour éviter les intoxications ?

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original . On l’oublie souvent, mais toutes les parties de plantes peuvent être toxiques : feuilles, bulbes, fruits ou baies, graines, fleurs, racines, tiges, sève ou latex… Si bien que, tout au long de l’année, les Centres antipoison reçoivent jusqu’à 10 000 appels du fait d’exposition à des plantes ornementales ou sauvages. Il s’agit dans trois quarts des cas de jeunes enfants ou de personnes ayant de troubles cognitifs, qui ont attrapé des feuilles, fleurs ou baies et les ont portées à la bouche par méconnaissance du risque ou goût de l’exploration. Dans 10 % d’autres cas, des adultes ont consommé des plantes cueillies ou ramassées dans la nature ou leur potager ; ils peuvent avoir partagé leur repas avec de jeunes enfants. Les appels restants concernent des expositions le plus souvent par contact oculaire ou cutané à la sève ou au latex de feuilles ou de la tige, pendant des le jardinage, l’entretien des plantes d’intérieur ou lors d’autres circonstances accidentelles. Un tiers des personnes exposées à des plantes rapportent des symptômes (voir la figure ci-dessous). 20 % des jeunes enfants (de moins de 6 ans) qui ont porté à la bouche une partie de la plante présentent des symptômes. Souvent le goût désagréable ou piquant de la plante en limite l’ingestion, comme la vigilance des adultes. Les adultes, eux, sont symptomatiques dans un cas sur deux que ce soit après consommation ou autre. 22-08-01-Article-TC-plantes-toxiques-Appels-par-annees.jpg Nombre d’appels par an associé à des expositions par des plantes, enregistré par les Centres antipoison entre 2012 et 2021. SICAP , Author provided Des expositions plus fréquentes l’été Les risques liés aux expositions aux plantes dépendent du cycle de développement et germination de chaque végétal. Si les confusions les plus fréquentes concernent les bulbes toxiques (narcisse, jonquille, iris, glaïeul, tulipe, jacinthe, amaryllis, crocus…) et comestibles (oignon, ail, échalote…), qui surviennent toute l’année, la période estivale est particulièrement propice aux confusions de baies, petits fruits et feuilles ou racines. Ainsi, la moitié des appels aux Centres antipoison pour ce type de raison sont enregistrés l’été, entre juin et septembre (voir la figure ci-dessous) – un tiers des confusions enregistrées se font à cette saison, et le mois d’août est le plus chargé (avec 15 % des appels annuels pour des expositions à des plantes). 22-08-01-Article-TC-plantes-toxiques-Appels-par-mois.jpg Nombre d’appels cumulés par mois associés à des expositions par des plantes, enregistré par les Centres antipoison entre 2012 et 2021. SICAP , Author provided Dans une étude sur les confusions de plantes toxiques et comestibles enregistrées par les Centres antipoison entre 2012 et 2018 , l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et les Centres antipoison avaient établi les confusions les plus fréquentes et/ou les plus graves en fonction des saisons. À la suite, l’Anses avait diffusé un aide-mémoire sur les risques de confusions alimentaires de plantes toxiques et comestibles en fonction des saisons . Ces travaux permettent de pointer les plantes auxquelles nous devons faire particulièrement attention cet été. Attention aux ingestions de baies toxiques ! Les baies sont de petits fruits charnus (contenant une ou plusieurs graines, les pépins) qui arrivent à maturité l’été, ce qui les rend attractives. Souvent à la portée des enfants qui explorent leur environnement, elles sont aussi cueillies pour être consommées, préparées en confiture, en gelée ou en sirop. En général de couleur rouge ou noire lorsqu’elles arrivent à maturité, les baies toxiques et comestibles peuvent se ressembler. Les fruits non mûrs, non comestibles, sont de couleur verte. Les baies noires peuvent être vertes puis rouges avant d’arriver à maturité, ce qui peut favoriser les erreurs. Selon les substances qu’elles renferment, les baies toxiques peuvent provoquer (le plus souvent) des troubles digestifs, mais aussi des troubles cardiaques, respiratoires et neurologiques. Les effets peuvent être graves dès l’ingestion de quelques baies. Voici celles dont ils se faut se méfier en priorité. La belladone ( Atropa belladona ) Il faut être particulièrement vigilant face aux baies de ces plantes de la famille des Solanacées comme la belladone, qui pousse facilement dans les clairières ou sur des décombres. Ses baies, noires et luisantes, ressemblent à des petites cerises et présentent une saveur douce et sucrée trompeuse car loin d’être inoffensives. Elles contiennent en effet des alcaloïdes tropaniques (atropine, hyoscyamine, scopolamine), véritable paralysants du système nerveux, qui provoque entre autres une dilatation de la pupille, une accélération du rythme cardiaque, des maux de tête, des bourdonnements d’oreilles, des hallucinations… Si toutes les parties de la plante sont toxiques, l’ingestion de quelques baies suffit à provoquer des troubles de la conscience, voire des convulsions et un coma pouvant conduire au décès. Les morelles D’autres baies toxiques, renfermant des alcaloïdes, peuvent porter à confusion avec des baies comestibles comme la morelle noire ( Solanum nigrum ), modérément toxique, ou la morelle douce-amère ( Solanum dulcamara ), à baies rouges, parfois surnommée « tue chien ». Toutes sont toxiques chez les humains comme chez les animaux domestiques. Les chèvrefeuilles La famille des caprifoliacées comprend des membres inoffensifs, comme le Chèvrefeuille bleu ( Lonicera caerulea kamtschatica ), et d’autres dangereux, dont le chèvrefeuille à baies noires ( L. nigra ). Les baies noires de L. nigra sont soudées par deux. Elles contiennent des saponosides (ou saponines), également présentes dans les autres parties de la plante, qui ont des propriétés irritantes pour les muqueuses. Leur consommation peut être responsable de troubles digestifs sévères : vomissements, douleurs abdominales mais aussi diarrhées sanglantes, etc. Ses baies peuvent éventuellement aussi être confondues avec des myrtilles sauvages ( Vaccinium myrtillus ), qui partagent le même environnement mais dont les baies sont bleuâtres et isolées. Son « cousin », le Chèvrefeuille bleu, ou Baie de mai ou Camérisier bleu, est, lui, arbustif et produit dès le printemps des baies comestibles au goût acidulé caractéristique, allongées et bleutées, couvertes de pruine (couche cireuse et légèrement poudreuse qui recouvre la surface comme chez les myrtilles). Les sureaux ( Sambucus sp. ) Certains sureaux, arbustes et plantes herbacées de la famille des caprifoliacées, peuvent également être toxiques ou comestibles. Leurs baies apparaissent, encore vertes, à partir de fin juin et parviennent à maturité entre août et septembre. Les fruits mûrs sont laxatifs consommés crus. Contrairement aux baies de sureau noir ( Sambucus nigra ), comestibles et cuites en confiture ou gelée, les baies de sureau hièble ou yèble ( Sambucus ebulus ) sont toxiques et peuvent être responsables de troubles digestifs sévères (douleurs abdominales, diarrhées vomissements…). Comment les distinguer ? S’ils ont les mêmes fruits noirs, les dangereux fruits du sureau hièble sont dressés vers le haut, tandis que ceux du sureau noir sont pendants. De plus, contrairement au sureau noir, le sureau hièble est une plante herbacée et ne fait donc pas de bois. Les autres risques d’intoxications estivales graves Par les feuilles L’été, certaines plantes, notamment de montagne, fleurissent tardivement (entre juin et septembre), et des plantes comestibles et toxiques peuvent être confondues lors de la recherche de leurs feuilles – consommées en salade, tisane ou décoction. La confusion s’explique par leur morphologie voisine avant la floraison et le partage du même habitat. La digitale pourpre ( Digitalis purpurea ), toxique voire mortelle, peut ainsi être confondue avec de la consoude officinale ( Symphytum officinalis ), qui est un comestible occasionnel (une consommation quotidienne prolongée peut être toxique pour le foie). Toutes les parties de la digitale sont toxiques. En cas d’ingestion, des nausées, des vomissements, une diarrhée, une somnolence ou une agitation, des maux de tête, des troubles visuels peuvent être observés. Dans les cas les plus graves, un ralentissement du rythme cardiaque, allant jusqu’à l’arrêt cardiaque, peut survenir. Attention, des confusions entre feuilles de laurier toxiques et comestibles, consommées en décoction, préparation culinaire ou infusion, sont décrites tout au long de l’année. Si le laurier sauce ( Laurus nobilis ) est comestible, le laurier rose ( Nerium oleander ) est, lui, hautement toxique. Dans une moindre mesure, les feuilles de laurier cerise ( Prunus laurocerasus ) sont également toxiques. Par les racines La gentiane jaune ( Gentiana lutea ) est recherchée l’été pour ses racines afin de préparer des apéritifs, vins ou liqueurs. Cette plante, comestible, peut être confondue avec le vératre blanc ( Veratrum album ), hautement toxique du fait des alcaloïdes contenus essentiellement dans ses racines. Le cas des plantes phytophototoxiques Enfin, il est à noter qu’au cours des activités de loisirs des beaux jours (pique-nique, jardinage, promenade en forêt ou dans les parcs…), un risque particulier concerne l’exposition aux plantes dites « photosensibilisantes » : celles-ci renferment des substances ( furocoumarines ) qui deviennent toxiques sous l’effet des rayons ultraviolets. C’est le cas par exemple de plantes aromatiques comme le persil ( Petroselinium crispum ), du fenouil commun ( Foeniculum officinale ), de l’aneth ( Anethum graveolens ), de l’angélique ( Angelica archangelica ) mais aussi d’arbres fruitiers comme le figuier ( Ficus carica ) ou le citronnier ( Citrus limon ) et d’autres agrumes. Une brûlure cutanée, parfois intense avec une rougeur, une douleur, voire des
Mieux encadrer la présence de substances dangereuses dans les fournitures scolaires
Mieux encadrer la présence de substances dangereuses dans les fournitures scolaires
07/07/2022

Mieux encadrer la présence de substances dangereuses dans les fournitures scolaires

Stylos, colles, crayons, correcteurs, cahiers… : dans une expertise publiée ce jour, l’Anses révèle la présence de plusieurs familles de substances chimiques dangereuses dans les fournitures utilisées à l’école, à la maison ou au bureau. Afin de protéger la santé des consommateurs, et plus particulièrement celle des enfants, l’Agence appelle à revoir la réglementation et à renforcer la surveillance des produits.
Toxicovigilance: les centres antipoison et l'Anses contre les intoxications du quotidien
05/07/2022
Actualités

Toxicovigilance: les centres antipoison et l'Anses contre les intoxications du quotidien

Interview croisée de Juliette Bloch, directrice des alertes et des vigilances sanitaires à l’Anses, et de Jérôme Langrand, responsable du centre antipoison de Paris.
PARC : refonder l'évaluation des risques en Europe
05/07/2022
Actualités

PARC : refonder l'évaluation des risques en Europe

Interview croisée de Sofie Norager, Chef d’unité adjointe de l’unité transformation industrielle à la direction générale recherche et innovation de la Commission européenne, et Pascal Sanders, coordinateur de PARC à l’Anses.
Micro-capteurs : quelle utilité pour connaître l’exposition à la pollution de l’air ?
01/07/2022

Micro-capteurs : quelle utilité pour connaître l’exposition à la pollution de l’air ?

L’utilisation de micro-capteurs pour le suivi de la qualité de l’air intérieur et extérieur connaît un fort engouement ces dernières années. L’Anses s’est penchée sur ces dispositifs pour étudier l’intérêt de leur utilisation pour la protection de la santé des populations.
Améliorer la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines
08/06/2022

Améliorer la qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines

Des millions de personnes empruntent des métros et d’autres transports souterrains pour se déplacer dans 7 agglomérations françaises. L’amélioration de la qualité de l’air à l’intérieur des enceintes ferroviaires souterraines constitue un des enjeux du plan national santé environnement. Saisie par les pouvoirs publics, l’Anses confirme la nécessité de poursuivre les actions pour limiter les expositions des usagers, en réduisant les concentrations des particules en suspension dans l’air. L’Agence propose en ce sens des indicateurs de suivi pour renforcer la surveillance de la qualité de l’air dans ces environnements.
Vers des cartes météo des tiques en France métropolitaine
01/06/2022

Vers des cartes météo des tiques en France métropolitaine

Dans le cadre du plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques, INRAE et VetAgro Sup, ainsi que le Cirad, l’Anses et l’entreprise Boehringer Ingelheim, ont analysé le risque lié à la tique Ixodes ricinus , principale vectrice d’agents pathogènes en France et en Europe. L’équipe de recherche s’est basée sur les données récoltées dans 7 observatoires caractérisés par différents climats de France métropolitaine ainsi que sur les données météorologiques et des données de l’environnement (végétation, sol…). Des campagnes d’observations complémentaires de terrain ont aussi été réalisées. Leurs résultats, publiés dans Geospatial Health et Scientific Reports, ont permis de développer à la fois une carte indiquant les zones les plus favorables à la présence et l’activité des tiques Ixodes ricinus et un modèle pour prédire les moments les plus à risque en fonction des saisons et de la météo en France métropolitaine.
Partenariat PARC : appel à manifestation d’intérêt pour participer au hub français
19/05/2022
Actualités

Partenariat PARC : appel à manifestation d’intérêt pour participer au hub français

Santé publique France, en collaboration avec l’Anses, a lancé un appel à manifestation d’intérêt en vue de la participation des parties prenantes au hub français de PARC, le Partenariat européen pour l’évaluation des risques chimiques. Tout organisme intéressé peut répondre jusqu’au 15 juin 2022.
Les pièges à moustiques sont-ils vraiment efficaces ?
19/05/2022

Les pièges à moustiques sont-ils vraiment efficaces ?

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original. Avec le retour des beaux jours, la nuisance liée aux moustiques constitue une préoccupation grandissante pour de nombreuses personnes et collectivités à la recherche de moyens de lutte efficaces pour se protéger des piqûres et des maladies susceptibles d’être transmises par ces insectes. Rappelons qu’en métropole, le moustique tigre (Aedes albopictus) est le seul capable de transmettre les virus responsables de la dengue, du chikungunya et du Zika. Arrivé en métropole en 2004 dans les Alpes Maritimes, il est remonté vers le nord et a colonisé 67 départements. Depuis le décret du 29 mars 2019 , les maires ont des responsabilités nouvelles en matière de vecteurs, puisqu'il entre désormais dans leurs compétences «d'agir aux fins de prévenir l'implantation et le développement d'insectes vecteurs sur (leur) commune». À ce titre, ils peuvent notamment informer la population sur les mesures préventives nécessaires et mettre en place des actions de sensibilisation du public, voire un programme de repérage, de traitement et de contrôle des sites publics susceptibles de faciliter le développement des insectes vecteurs. Dans ce cadre, certaines collectivités, à l'exemple de Libourne ou de la commune de Sambuc, en Camargue , ont décidé de déployer des «pièges à moustiques» ou «bornes à moustiques» électriques placés en extérieur afin de réduire la présence des moustiques et diminuer la nuisance due aux piqûres. Cependant, ces dispositifs sont chers (quelques centaines à plus de 2 000 € l'unité), exigeants en termes d'entretien (remplacement des consommables : bouteille de CO 2 , leurre olfactif, filet de capture…) et leur efficacité est relative . L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié un avis et un rapport d'expertise sur l'efficacité des pièges utilisés contre les moustiques Aedes vecteurs d'arboviroses en septembre 2021 auquel nous avons contribué. Elle a également émis des recommandations pour que des études destinées à évaluer les méthodes de piégeage en termes de coût-efficacité et de faisabilité suivant un protocole scientifique d'évaluation rigoureux soient menées. Plusieurs types de pièges existent Il existe deux principaux types de pièges utilisés pour lutter contre les moustiques femelles, qui sont les seules à piquer : les pièges pondoirs létaux ciblant les femelles en recherche d'un gîte pour pondre leurs œufs et les pièges ciblant les femelles à jeun en recherche d'hôte (car elles ont besoin d'un repas sanguin pour porter leurs œufs à maturité). Les premiers, imitant un lieu de ponte, sont constitués d'un récipient rempli d'eau stagnante et permettent de piéger par divers moyens (support de ponte imprégné ou traité avec un insecticide ou bandes collantes à l'intérieur du piège) les femelles cherchant à pondre. Ces pièges visent à réduire le nombre de moustiques femelles adultes et celui de leur future progéniture (les larves pouvant également être tuées dans le piège par les résidus d'insecticides ou à l'aide d'un grillage qui empêche l'émergence des adultes). Cependant, si ces pièges ne sont pas entretenus (changement d'eau régulier), ils peuvent eux-mêmes devenir des gîtes productifs en moustiques adultes. Le second type de pièges attire les moustiques femelles en recherche d'hôte en simulant la respiration d'un être vivant par la diffusion de gaz carbonique (CO 2 ) et/ou à l'aide de lumière et/ou d'un leurre olfactif (par exemple en simulant l'odeur corporelle humaine avec de l'acide lactique). Les moustiques attirés dans le piège sont alors aspirés par une ventilation électrique et précipités dans un filet de capture. Contrairement aux pièges pondoirs dits «passifs», ceux-là sont dits «actifs» car ils ont besoin d'électricité pour fonctionner et utilisent un leurre. Les pièges commercialisés doivent apporter la preuve de leur efficacité D'après les données disponibles dans la littérature scientifique (qui concernent les modèles de pièges BG GAT, CDC AGO, BG sentinelle, MosquiTRAP, et BioBelt Anti-Moustiques), les pièges passifs et actifs peuvent contribuer à diminuer significativement les populations de moustiques du genre Aedes à moyen et long termes (sur plusieurs semaines, mois, voire années), à condition qu'ils soient bien entretenus et qu'il y ait un nombre de pièges suffisant dans la zone à protéger. L'efficacité des autres pièges commercialisés en France pour réduire la densité de moustiques n'est, quant à elle, pas encore documentée. En attendant d'avoir ces données, les allégations publicitaires employées par certains fabricants, du type «zéro nuisance» ou «maison sans moustique» paraissent abusives. De telles allégations ne devraient pas être avancées sans que la preuve de ce qu'elles revendiquent soit établie et seulement pour des produits répondant par ailleurs pleinement aux exigences réglementaires applicables. Dans le cadre de notre revue de la littérature scientifique, aucune donnée probante n'a par ailleurs été trouvée concernant l'efficacité des pièges à moustiques pour limiter rapidement la propagation des maladies vectorielles lorsque des virus sont déjà en circulation. La transmission de virus par les moustiques est un phénomène multifactoriel, et la densité de moustiques n'est que l'un des facteurs qui permettent d'expliquer la circulation de virus parmi d'autres (tels que des facteurs socio-économiques, comportementaux, environnementaux et de gestion des cas). Si certains pièges peuvent avoir une efficacité pour réduire les populations de moustique, leur efficacité pour diminuer la propagation des maladies vectorielles n’est pas démontrée Nous recommandons donc de mener des recherches pour collecter de telles données et déterminer les conditions de déploiement optimales de ces pièges. En attendant ces données complémentaires, les pièges à moustiques ne devraient être utilisés que lorsqu'il n'est pas possible de recourir aux traitements insecticides actuellement recommandés autour des cas, par exemple lorsque la zone à traiter est proche d'un cours d'eau ou inaccessible ou, en complément d'autres mesures préventives. Certains pièges commercialisés sont soumis à une autorisation de mise sur le marché Le CO 2 , l'acide lactique et les autres substances utilisées pour attirer les moustiques femelles sont des substances «biocides». Les pièges les utilisant doivent donc être conformes à la réglementation européenne sur les biocides et bénéficier d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). L'instruction du dossier de demande d'AMM d'un produit permet d'évaluer l'efficacité du produit, ainsi que les risques pour l'être humain et l'environnement. À ce jour, aucun des pièges à moustiques utilisant du CO 2 commercialisés en France ne dispose d'AMM. La commercialisation des pièges à base de CO 2 produit par combustion de butane/propane est autorisée selon un régime transitoire jusqu'au 1 er juillet 2022. Après cette date, les pièges n'ayant pas d'AMM ne pourront plus être commercialisés en France. Les pièges doivent être utilisés en complément d'autres mesures préventives Les pièges ne constituent pas une solution miracle. Pour être plus efficaces, ils doivent être utilisés en complément d'autres moyens de lutte, à commencer par le traitement du problème à la source et l'élimination des gîtes larvaires. En effet, l'élimination efficace des dépôts d'eau stagnante est le principal moyen de lutter contre la propagation des moustiques. Pour cela, chaque geste compte (vider les coupelles sous les pots de fleurs, veiller au bon écoulement des gouttières, ramasser les déchets pour qu'ils ne se transforment en réceptacle d'eau de pluie…) et il est indispensable que chaque citoyen s'implique dans la lutte contre les gîtes larvaires. Pour en savoir plus sur les mesures que peuvent prendre les maires dans ce domaine, il existe un Guide à l'attention des collectivités souhaitant mettre en œuvre une lutte contre les moustiques urbains vecteurs de dengue, de chikungunya et de Zika publié en 2016 par le Centre national d'expertise sur les vecteurs. Même si ce guide n'est plus à jour sur les questions réglementaires, il est riche de conseils et de recommandations pour mener une lutte intégrée combinant des mesures biologiques, physiques, chimiques et de mobilisation sociale, dans un double objectif d'efficacité pour lutter contre la population de moustique ciblée et de respect de l'environnement. Thierry Baldet , Chercheur, Cirad

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Date de mise en ligne
05/08/2022
Numéro de saisine
2021-AST-0076
Document PDF
Évaluation des risques liés aux milieux aériens
Date de mise en ligne
14/06/2022
Numéro de saisine
2021-SA-0153
Document PDF
Évaluation des risques liés aux milieux aériens
Date de mise en ligne
01/07/2022
Numéro de saisine
2018-SA-0271

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