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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 28/06/2016

Ethers de Glycol

Participation à la mise en œuvre de certaines mesures du plan d’action interministériel « Ethers de Glycol (EG) » de la Direction générale de la santé et saisines complémentaires

Mots-clés : Ethers de glycol, Composés organiques volatils (COV), Air intérieur, Travail, Risques chimiques

Les éthers de glycol appartiennent à un groupe de substances chimiques très courantes dénommé « composés organiques volatils » (COV). L’Agence a été saisie en octobre 2003 par la Direction générale de la santé et la Direction de l’évaluation environnementale et des études économiques pour mettre en œuvre, sur plusieurs années, certaines dispositions prévues dans le plan d’action inter ministériel relatif aux éthers de glycol. Présentation des travaux conduits dans ce cadre. 

Les éthers de glycol appartiennent à un groupe de substances chimiques très courantes dénommé « composés organiques volatils » (COV). Ce sont des molécules, qui constituent une famille de plus de 80 dérivés utilisés dans de très nombreux produits d’usage courant et de solvants, du fait de leurs propriétés physicochimiques particulières (amphiphiles, c’est-à-dire composés d’une partie hydrophile et d’une partie hydrophobe). Parmi les COV on peut citer le benzène, le styrène, ou le toluène. On retrouve certains d’entre eux, par exemple dans les peintures aqueuses, les vernis à parquets, les produits ménagers, les teintures capillaires, les produits cosmétiques, etc. Une trentaine de ces molécules ont actuellement un intérêt industriel. L'exposition ponctuelle ou prolongée à certains COV peut présenter des risques pour la santé humaine.

Les éthers de glycol forment quant à eux deux familles chimiques : la série éthylénique (EGBE, DEGBE), la série propylénique (PGME). Parmi les éthers de glycol on peut citer l’Ethylene glycol butylether ou EGBE, le Diethylene glycol butylether ou DEGBE, ou encore le Propylene glycol methylether ou PGME….

 

Le travail de l’Agence

L’Agence a été saisie en octobre 2003 par la Direction générale de la santé et la Direction de l’évaluation environnementale et des études économiques pour mettre en œuvre, sur plusieurs années, certaines dispositions prévues dans le plan d’action inter ministériel relatif aux éthers de glycol.

Dans ce cadre, l’Agence était chargée de :

  • d’évaluer l’exposition du public aux éthers de glycol par la mesure :
    •  des éthers de glycol les plus utilisés dans l’air intérieur
    • ainsi que des émissions d’éthers de glycol lors de la pose de peinture en conditions réalistes;
  •  documenter la libération des vapeurs d’éthers de glycol à partir d’éléments mobiliers et immobiliers ;
  •  de réaliser un état de l’art des connaissances scientifiques liées à ces éthers de glycol (par une analyse des suites données aux recommandations de l’expertise collective Inserm de 1999 et des données toxicologiques nouvelles depuis cette expertise et par la réalisation d’une synthèse globale de l’exposition de la population aux éthers de glycol, par toutes les voies).

L’Agence a également été sollicitée en 2004 et 2005 pour répondre à d’autres points concernant les éthers de glycol, notamment par la Direction générale du travail pour :

  • élargir les travaux et les recherches en cours à la population professionnelle ; 
  • faire le point sur la substitution actuelle des éthers de glycol ; 
  • se prononcer sur la pertinence sanitaire du seuil de 0,5 % de l’impureté bêta du PGME dans les produits utilisés aujourd’hui. En effet, cette impureté est classée reprotoxique de catégorie 2 ; elle ne doit donc pas être présente dans les préparations à plus de 0,5 %.

 

Travaux de l’Agence

Implication dans le plan d’action gouvernemental et élargissement à la population professionnelle

  • Afin d’évaluer l’exposition du public aux éthers de glycol (mesure des éthers de glycol les plus utilisés dans l’air intérieur et émissions d’éthers de glycol lors de la pose de peinture) et d’acquérir des données la libération des vapeurs d’éthers de glycol à partir d’éléments mobiliers et immobiliers, l’Agence a confiés à certains de ses partenaires (CSTB, l’Ademe, l’Inserm ou des Universités) la réalisation de travaux et d’études.Sur la base des données générées, l’Agence a mobilisé ses comités d’experts spécialisé afin de faire la point sur les recommandations nouvelles à envisager au regard de la synthèse des expositions de la population générale et professionnelle aux éthers de glycol.Une synthèse des données a été réalisée à partir de la littérature et des résultats des études mises en place depuis 2004. Le rapport produit « Les éthers de glycol : synthèse des connaissances sur les expositions de la population générale et professionnelle en France », a été publié en septembre 2008 accompagné d’un avis de l’Agence. Dans cet avis, l’Agence préconisait de mettre en place des travaux spécifiques concernant la reprotoxicité du propylène glycol monoéthyl éther (PGEE)et de l’isomère bêtadu propylène glycol monoéthyl éther (PGEE), d’améliorer les connaissances sur l’exposition de la population aux différents éthers de glycols et de la limiter pour certains d’entres eux (notamment les éthers de glycol classés reprotoxiques), tant pour la ppopulation générale que professionnelle.
  • Air intérieur : Un projet de recherche du CSTB sur la mesure, dans l’air intérieur, de quatre éthers de glycol très utilisés (EGBE, EGBEA, 2PG1ME et 2PG1MEA) a été financé par l’Agence et l’Ademe et réalisé dans le cadre de la campagne de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) entre octobre 2003 et décembre 2005. Les résultats ont été publiés en décembre 2006. Par ailleurs, dans le cadre de l’action 14 du Plan National Santé Environnement (PNSE) 2004-2008, le renforcement et l’extension des activités menées par l’OQAI a permis de disposer de mesures dans des environnements intérieurs plus variés (habitat, lieux publics, écoles, bureaux). 
  • Peintures: L’Agence et le CSTB ont également collaboré pour la conduite d’études sur les émissions des éthers de glycol par les peintures et les matériaux de décoration. Dans ce cadre, l’Agence a demandé au CSTB de conduire une étude visant à caractériser les émissions d’éthers de glycol lors de la pose d’une peinture dans une pièce d’habitation. Le CSTB a adopté une démarche en trois phases :
  • un test en chambre d’émission, avec une caractérisation des COV majoritaires jusqu’à 28 jours (approche laboratoire) ;
  • une expérience dans une pièce témoin de la maison MARIA(voir encadré « Le saviez-vous ? »), avec un suivi des COV majoritaires jusqu’à 28 jours (approche in situ) ;
  • une modélisation simplifiée de l’évolution des concentrations des éthers de glycol, afin d’étudier l’influence du taux de renouvellement d’air.

L’étude a permis de préciser la nature des éthers de glycol émis lors de la pose de peinture et de caractériser l’évolution de leurs concentrations au cours du temps. Ces connaissances supplémentaires sur le pouvoir d’émission des peintures ont été mises à disposition de l’Agence et figurent dans le rapport d’expertise.

  • Matériaux de construction : Par ailleurs, la conduite d’études permettant de mieux connaître la libération des vapeurs d’éthers de glycol à partir de matériaux de construction et de décoration entre dans le cadre d’autres travaux coordonnés par l’Agence sur les COV. Des résultats de concentrations de DEGBE, EGBE, 2PG1ME émis à partir de différents matériaux  tels que revêtement en PVC, colle à carrelage ou colle murale, panneau de particules… ont été mis à disposition de l’Agence pour permettre d’évaluer les expositions de la population aux éthers de glycol. Dans ce contexte, l’Agence a publié en juin 2009 une procédure de qualification des émissions de COV par les matériaux de construction et produits de décoration dans laquelle figurent des concentrations limites d’intérêt associées à l’émission de plusieurs éthers de glycol en environnement intérieur.

 

  • Données toxicologiques et expertise collective : L’actualisation de l’expertise collective publiée en 1999 par l’Inserm a débuté à la demande de l’Afsset en automne 2004. Le groupe de scientifiques mandaté par l’Inserm pour réaliser l’actualisation de cette expertise collective a procédé à l’analyse des informations nouvellement disponibles jusqu’en 2005 sur la toxicité des éthers de glycol anciens ou nouveaux. Sur cette base, une nouvelle expertise a été publiée par l’Inserm en juin 2006. Ces travaux ont été soumis au CES « Evaluation des risques liés aux substances chimiques » qui a été consulté les 6 juillet et 29 septembre 2006 sur des recommandations de recherches à engager. Le CES a adopté ses conclusions le 1er en décembre 2006 et l’Agence a rendu un avis relatif aux recommandations de recherche à formuler sur la toxicité des éthers de glycol en juillet 2007. Par ailleurs l’Agence a proposé en 2010 des valeurs de référence pour certains éthers de glycol :
  • une Valeur toxicologique de référence (VTR) fondée sur les effets reprotoxiques. pour l’éther éthylique de l’éthylène glycol (EGEE)
  • des Valeurs Limites d’Exposition Professionnelle (VLEP) dans l’atmosphère des lieux de travail pour le 2-Butoxyéthanol (EGBE) et son acétate (EGBEA)

 

Substitution des Ethers de glycol

L’Agence a sollicité la société RPA pour réaliser une revue des différents moyens de substitution des éthers de glycol en milieu professionnel. Les résultats ont été rendus à l’Agence en mai 2007 et sont pris en compte dans l’avis final de l’Agence sur les éthers de glycol.

Pertinence sanitaire du seuil de l’impureté bêta du PGME dans les produits

L’Agence a fait appel à son CES « Evaluation des risques liés aux substances chimiques » pour répondre à cette question. Un rapporteur a été nommé en mai 2006 pour effectuer une évaluation des risques sanitaires spécifiques à l’impureté bêta (1PG2ME et 1PG2MEA) selon la démarche alors en vigueur au niveau européen dans le cadre du Règlement 793/93/CEE. Les résultats de cette expertise ont été publiés en août 2007. L’évaluation des risques proposée a été réalisée sur la base des concentrations maximales réglementaires en PGME dans les produits et non pas sur la base de données d’exposition représentatives du marché français. Les limites méthodologiques rencontrées ont conduit l’Agence à préconiser des études complémentaires, en particulier pour mieux estimer les expositions du consommateur au 1PG2ME et au 1PG2MEA.

 

Synthèse globale des expositions de la population aux éthers de glycol

La réalisation de la synthèse globale de l’exposition de la population aux éthers de glycol a été confiée à un groupe de travail rattaché au CES « Evaluation des risques liés aux substances chimiques » et constitué d’experts des CES « Evaluation des risques liés aux substances chimiques » et « Evaluation des risques liés aux milieux aériens ». Le groupe de travail a bénéficié des travaux et des études réalisés par les partenaires de l’Agence de 2004 à 2007 (Ineris, CAP-TV, CSTB, Afssaps, INRS…).

A partir de l’ensemble des données publiées sur les éthers de glycol entre 2004 et 2007, et de l’état des lieux des recommandations déjà émises, l’Agence a rendu un avis sur les éthers de glycol en septembre 2008.