La brucellose, une maladie animale à surveiller

La brucellose est une maladie répandue à travers le monde affectant la plupart des espèces de mammifères, notamment les ruminants, domestiques et sauvages ainsi que l'Homme. Chez l’animal, la brucellose se traduit par des avortements, une réduction de fertilité et des pertes en lait, pouvant impliquer des pertes économiques importantes. De plus, tout animal ou troupeau non certifié indemne de brucellose ne peut circuler librement dans le monde. Du fait de cet enjeu économique majeur et du risque pour la santé humaine, l'Anses est impliquée au premier plan dans la surveillance et la lutte contre les brucelloses. 

Qu'est-ce que la brucellose?

La brucellose est une maladie animale transmissible à l’Homme (zoonose). Elle est due aux bactéries du genre Brucella. Cette zoonose bactérienne est répandue à travers le monde et peut affecter l'Homme ainsi que la plupart des espèces de mammifères, notamment les ruminants, domestiques et sauvages, ainsi que les suidés (porcs et sangliers).

Chez l’animal, la brucellose peut provoquer des avortements, une réduction de fertilité et des pertes en lait. De plus, tout animal ou troupeau non certifié indemne de brucellose ne peut circuler librement dans le monde. Cette maladie peut donc être responsable de pertes économiques importantes.

Chez l’Homme, qui se contamine au contact d’animaux infectés ou en consommant des produits laitiers crus, la maladie se traduit par des fièvres intermittentes (notamment suées nocturnes abondantes), douleurs, maux de tête et/ou faiblesse. Elle peut évoluer vers une forme chronique pouvant induire de sérieuses complications ostéo-articulaires notamment. Les formes graves sont exceptionnelles et les cas de décès sont très rares même en l'absence de traitement.

Où est répandue la brucellose ?

La brucellose est une maladie de répartition et d’importance mondiales. Seuls quelques pays du nord, du centre et de l’est de l’Europe (France, Grande-Bretagne, pays scandinaves, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Suisse), le Canada, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en sont indemnes chez les ruminants. En Europe, les pays méditerranéens et les Balkans sont encore affectés par cette maladie.

L’incidence de la brucellose humaine est estimée par l’OMS au niveau mondial à 500 000 nouveaux cas par an. En France, cette maladie est désormais rare, pour l’essentiel contractée dans les pays tiers où la maladie animale est insuffisamment ou pas contrôlée, ou à partir d’aliments importés de ces pays.

La France est déclarée officiellement indemne de brucellose bovine depuis 2005, au sens de la réglementation européenne et aucun foyer de brucellose bovine, ovine ou caprine n’a été identifié sur le territoire national de 2003 à 2012. Cependant, deux foyers de brucellose bovine ont été confirmés en 2012 sur le territoire français, appelant donc à une vigilance concernant cette zoonose (Mailles et al., 2012 ; Rautureau et al., 2013). Un premier foyer était dû à l’importation d’un bovin infecté et a pu être assaini rapidement. Le second foyer est à mettre en rapport avec un important réservoir sauvage mis à jour chez les bouquetins du massif concerné (Hars et al., 2013).

Chez les suidés (porcs, sangliers), l’infection brucellique a fait sa réapparition en 1993 en élevage de porcs en plein air. Plus de 70 foyers ont été recensés depuis et, dans la plupart des cas, l’infection trouve son origine dans les populations de sangliers sauvages qui entrent occasionnellement en contact avec les porcs élevés en plein air (Hars & Garin-Bastuji, 2013).

Comment prévenir et éviter l’infection ?

La transmission de l’animal à l’Homme peut se faire par voie alimentaire ou contact direct avec l’animal infecté et ses produits (sécrétions génitales, organes infectés, fumier ou laine contaminés). Les Brucella qui peuvent infecter l’Homme se retrouvent principalement chez les bovins, ovins, caprins et porcins domestiques.

Les personnes les plus exposées à l’infection sont celles travaillant au contact direct des animaux infectés : les éleveurs, les vétérinaires, les inséminateurs, les personnels d’abattoir ou d’équarrissage. De même, la brucellose est une des premières maladies infectieuses contractées par le personnel des laboratoires lors d’analyses vétérinaires ou médicales.

Ainsi, des règles d’hygiène et de sécurité doivent être respectées par tous ceux qui, par leur travail, entrent en contact avec des produits ou des animaux potentiellement infectés : le lavage des mains, le port de gants, de masques et de lunettes, etc.

Concernant la contamination par voie alimentaire, les principaux aliments responsables de brucellose humaine sont le lait cru et les produits à base de lait cru (fromage peu affiné, beurre, crème glacée), les abats (foie, rate) contaminés et insuffisamment cuits, les fruits et légumes cultivés sur des sols traités par du fumier contaminé.

La maîtrise des contaminations d’origine alimentaire à Brucella passe soit par la pasteurisation ou la stérilisation du lait, soit par l’utilisation de lait cru provenant de troupeaux reconnus officiellement indemnes de brucellose.

L'Anses, laboratoire de référence 

Du fait de son importance économique et du risque pour la santé humaine, la brucellose est une préoccupation majeure des organismes sanitaires nationaux et internationaux en charge de la santé humaine ou animale.

Le laboratoire Anses de santé animale de Maisons-Alfort est laboratoire de référence national, européen, OMSA et FAO pour les brucelloses animales et centre national de référence pour la brucellose humaine. Il est impliqué dans la surveillance des animaux et des cas humains en France. Il coordonne les activités de référence d'un réseau de laboratoires nationaux et européens. Il contribue également à l'élaboration de stratégies de prévention, de surveillance et d’éradication, en lien avec les organismes sanitaires nationaux et internationaux.

Les recherches menées à l’Anses ont notamment pour objet d’améliorer :

  • les outils de diagnostic de cette infection chez l’animal et l’Homme ;
  • les connaissances épidémiologiques de la brucellose dans toutes les espèces sensibles, domestiques et sauvages, afin d’améliorer les analyses du risque et les stratégies de prévention et d’éradication chez l’Homme comme dans les populations animales.

Des expertises pour gérer l’infection des bouquetins sur le massif du Bargy

L’Anses a produit depuis 2013 plusieurs expertises sur des populations de bouquetins sur le massif du Bargy (Haute-Savoie) suite à la détection de la brucellose chez certains individus. L’objectif est double : limiter les risques de contamination des animaux domestiques et favoriser l’extinction naturelle de la maladie dans la population sauvage. 

La stratégie recommandée par l’Agence repose sur une combinaison de captures et de tirs, ciblés sur les animaux les plus à risque d’être infectés et de transmettre la maladie. Les captures permettent de surveiller le niveau d’infection des bouquetins et de lutter contre l’infection. Les animaux infectés sont euthanasiés et ceux non porteurs du pathogène sont marqués avant d’être relâchés. Pour l’Anses, cette stratégie est préférable à un abattage massif des bouquetins qui éliminerait un nombre important d’individus sains. Cela rendrait aussi difficile voire impossible la surveillance des quelques bouquetins survivants et la détection d’une reprise éventuelle ou d’une dispersion de l’infection dans d’autres territoires. 

Dans un avis publié en décembre 2021 (PDF) suite au dépistage d’une souche de brucellose locale dans un élevage de bovins, l’Anses remarque que, même si cette situation porte préjudice aux éleveurs, il s’agit d’un évènement ponctuel qui ne s’était pas produit depuis 2012. Depuis cette date, le taux d’infection des bouquetins a fortement diminué grâce aux mesures mises en œuvre (captures, tirs jusqu’en 2019). Après avoir étudié six scénarios de gestion de la situation, l’Agence renouvelle ses recommandations précédentes : privilégier une gestion de long terme du foyer d’infection local combinant captures et tirs ciblés, afin d’éviter son extension et d’en obtenir l’extinction.

Avis et rapports en lien avec l'article

Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
13/08/2019
Numéro de saisine
2018-SA-0017
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
02/10/2017
Numéro de saisine
2016-SA-0229
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
24/04/2017
Numéro de saisine
2015-SA-0182
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
16/02/2016
Numéro de saisine
2015-SA-0182
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
13/09/2013
Numéro de saisine
2013-SA-0129
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
13/09/2013
Numéro de saisine
2013-SA-0082
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
14/12/2007
Numéro de saisine
2007-SA-0246
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
17/10/2001
Numéro de saisine
2001-SA-0130
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
12/03/2001
Numéro de saisine
2001-SA-0049
Document PDF
Santé et bien-être des animaux
Date de mise en ligne
01/03/2000
Numéro de saisine
2000-SA-0047