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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 23/06/2020

La technologie 5G

Évaluation des risques pour la santé par l’Anses

Mots-clés : Radiofréquences, Téléphonie mobile, Champs électromagnétiques, Ondes électromagnétiques

Prévu en France pour la fin de l’année, le déploiement de la technologie 5G pour « 5ème génération » va permettre la mise en œuvre de nouveaux services et infrastructures innovantes. Ces évolutions technologiques vont modifier les modalités d’exposition de la population, et nécessiteront d’adapter les méthodes de mesure.  Afin d’accompagner le déploiement de la 5G, l’Anses a lancé des travaux d’expertise visant à évaluer les risques sanitaires liés à l’exposition des populations. L’Agence a identifié les grands axes de travail sur lesquels vont se pencher les experts scientifiques d’ici la fin 2021.

Dans le cadre du déploiement de la 5G et de la feuille de route nationale lancée en 2018, l’Anses a été saisie afin de conduire une expertise sur l’exposition de la population aux champs électromagnétiques de la 5G et sur les éventuels effets sanitaires. L’Agence a publié un rapport préliminaire sur l’avancement de ses travaux qui présente un premier travail de recensement des études scientifiques disponibles. Elle dresse également son programme de travail scientifique en collaboration avec l’Agence nationale des fréquences (ANFR). 

5G pour 5ème génération 

La 5G - pour cinquième génération - succède à la quatrième génération, connue sous le terme de 4G. La différence majeure affichée entre la 5G et les réseaux mobiles de générations précédentes est la quantité beaucoup plus importante de données qui devrait pouvoir être échangée sans engorgement des réseaux.

Cette nouvelle technologie vise à favoriser le développement de services innovants, à la fois pour les particuliers et les entreprises dans de multiples domaines. Elle favorisera la numérisation de la société et le développement de nouveaux usages tels que : la réalité virtuelle, les transports et villes intelligentes, l’industrie du futur, la télémédecine, l’éducation en ligne.

Déploiement en France

En France, le déploiement de la 5G va être lancé en 2020. Certains opérateurs mobiles ont déjà commencé dans plusieurs villes des expérimentations pilotes, pour tester le fonctionnement des nouvelles infrastructures en cours de développement, en vue d’un déploiement commercial. Il est prévu d’exploiter pour ce déploiement les fréquences proches de celles déjà utilisées par les précédentes générations de téléphonie mobile. Cela nécessite également deux nouvelles bandes de fréquences : la bande 3,5 GHz et la bande 26 GHz.

Evaluer les effets liés aux technologies déployées en France

L’Agence a défini les grands axes de travail d’expertise, selon les différents paramètres technologiques et les phases du déploiement en France :

  • Description des différentes technologies en lien avec la 5G
  • Estimation des expositions des populations et évaluation des effets sanitaires.

Deux nouvelles bandes de fréquences aux enjeux sanitaires distincts

Les travaux d’expertise de l’Anses porteront sur les éventuels effets biologiques ou sanitaires, qui seraient spécifiquement attribués aux nouvelles bandes de fréquences 5G. L’Agence a identifié deux domaines d’études distincts :

  • Les risques liés aux fréquences utilisées dans le cadre des premiers déploiements de la technologie 5G en France, autour de 3,5 GHz.
  • Les fréquences qui seront utilisées ultérieurement autour de 26 GHz.  

En effet, les modalités d’exposition et les effets sanitaires potentiellement associés seraient a priori différents. Les risques sanitaires varient selon le degré d’absorption des fréquences par le corps. Plus la fréquence des ondes électromagnétiques augmente, plus les ondes sont absorbées par les couches superficielles de la peau. Ce qui fait diminuer la profondeur de pénétration de ces ondes dans l’organisme.

Un manque de données scientifiques 

Le travail d’identification des publications a mis en évidence un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels dans les bandes de fréquences considérées. De plus, les données de la recherche sur les fréquences les plus élevées entre 20 et 60 GHz, sont encore peu nombreuses. L’expertise consistera ainsi à étudier la possibilité d’extrapoler les résultats des travaux antérieurs sur les risques des diverses technologies (3G, 4G, wifi, scanner corporel) et les données de la littérature scientifique disponibles, pour les appliquer aux innovations de la 5G.

Etant donné qu’il s’agit d’une nouvelle technologie en cours de développement, l’évaluation des risques est conditionnée par l’acquisition des données techniques sur les différentes technologies déployées. Ainsi, l’Anses souligne la nécessité d’obtenir le maximum d’informations de la part des industriels impliqués afin d’estimer au mieux les scénarios d’exposition et d’anticiper les éventuels risques pour les populations.