Manger du poisson : pourquoi ? comment ?

Le poisson et les produits de la pêche possèdent des qualités nutritionnelles précieuses qui en font des aliments particulièrement intéressants, notamment pour couvrir nos besoins en acides gras oméga-3. Pour autant, ils peuvent accumuler des contaminants chimiques en filtrant l’eau de mer ou en se nourrissant d’autres poissons. Voici nos conseils pour profiter au mieux de ses bienfaits nutritionnels sans prendre de risque.

Pourquoi consommer du poisson est-il important pour la santé ?

Le poisson est une source privilégiée en acides gras oméga-3 dont certains sont indispensables au développement et fonctionnement du système nerveux et contribuent à la prévention des maladies cardio-vasculaires.

C’est le cas en particulier des poissons gras dont certains contiennent davantage d'acides gras oméga-3 dits « à longue chaîne » (EPA, acide eicosapentaénoïque et DHA, acide docosahexaénoique).

Le poisson est également source de protéines, de minéraux comme le phosphore, l'iode, le zinc, le cuivre, le sélénium et le fluor, mais aussi des vitamines A, D, E indispensables à la santé.

Pourquoi une trop grande consommation de poisson peut-elle être néfaste ?

Les poissons peuvent être contaminés par des polluants présents dans l'environnement dont les dioxines, les PCB ou le méthylmercure, qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé en cas de surexposition. Les PCB et les dioxines se retrouvent préférentiellement dans les poissons les plus gras comme les anguilles, ainsi que dans certains poissons bioaccumulateurs comme le barbeau, la brème, la carpe ou le silure. Le méthylmercure se retrouve dans les poissons prédateurs sauvages comme le thon, la lotte ou la dorade. 

Comment profiter des bienfaits du poisson en limitant les risques ?

Afin d'assurer tous les bienfaits de la consommation de poissons et de couvrir en particulier les besoins de la population en acides gras oméga-3 « à longue chaîne », tout en minimisant les risques de surexposition à certains contaminants, l'Anses a défini plusieurs recommandations pour la population générale et les populations sensibles.

 Pour la population générale :

  • consommer du poisson 2 fois par semaine en associant un poisson gras à forte teneur en acides gras oméga-3 (saumon, sardine, maquereau, hareng) et un autre poisson (colin, merlu, cabillaud, sole…) ; 
  • varier les espèces et les lieux d’approvisionnement ;
  • ne consommer l’anguille qu’à titre exceptionnel ;
  • pour la pêche de loisir, respecter les recommandations de non-consommation émises dans certaines zones.

Pour les populations sensibles :

Au cours de la grossesse et jusqu'à 3 ans, le cerveau de l'enfant est particulièrement vulnérable à l'action toxique des contaminants chimiques et notamment du méthylmercure et des PCB. C’est la raison pour laquelle des recommandations spécifiques destinées aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu'aux enfants de moins de 3 ans ont été définies. 

Pour les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 3 ans :

  • Limiter la consommation de poissons prédateurs sauvages (lotte-baudroie, loup-bar, bonite, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…) ;
  • Eviter la consommation d’espadon, marlin, siki, requin et lamproie.

Pour les poissons d’eau douce, il est recommandé de limiter la consommation d’anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures :

  • à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes,
  • à 2 fois par mois pour le reste de la population.

Retrouvez tous nos conseils en une infographie