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Qualité de l’air ambiant : l’Anses préconise la surveillance du 1,3-butadiène et un suivi renforcé des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie

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Actualité du 28/06/2018

A l’échelle européenne, la stratégie de surveillance de la qualité de l’air s’appuie notamment sur des normes de qualité pour un certain nombre de polluants. L’évolution des connaissances sur la toxicité des substances et de leurs émissions dans l’atmosphère révèle que certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé humaine ne sont pas pris en compte à ce jour dans la surveillance réglementaire. L’Anses a donc été saisie par les ministères chargés de l’écologie et de la santé afin de proposer une liste de nouveaux polluants prioritaires pour cette surveillance de la qualité de l’air, en complément de ceux déjà surveillés. Dans ses conclusions, l’Agence recommande une surveillance nationale du 1,3-butadiène et un suivi renforcé des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie. Elle préconise également la création d’une banque nationale de données de mesures existantes pour les polluants actuellement non réglementés présents dans l’air ambiant. Les résultats de cette expertise alimenteront les réflexions engagées dans la perspective de la révision de la directive 2008/50/CE relative à la surveillance de la qualité de l’air initiée par la Commission européenne en juillet 2017.

La connaissance des effets sanitaires de la pollution de l’air ambiant est bien établie depuis de nombreuses années. En Europe, la stratégie de surveillance de la qualité de l’air se base sur les directives européennes 2008/50/CE du 21 mai 2008 et 2004/107/CE du 15 décembre 2004. En vue de prendre en compte l’évolution, tant des connaissances sur les polluants que de leurs sources d’émissions, l’Anses a été saisie par les ministères chargés de l’écologie et de la santé afin de proposer une liste de nouveaux polluants prioritaires pour la surveillance réglementaire de la qualité de l’air.

L’expertise a conduit au développement d’une méthode originale en trois étapes permettant de tenir compte de l’hétérogénéité des données associées aux polluants de l’air :

  • constitution d’une liste socle de polluants d’intérêt ;
  • tri des 557 polluants de la liste socle établie, selon des critères d’occurrence dans l’atmosphère et de dangerosité intrinsèque ;
  • hiérarchisation des polluants identifiés comme prioritaires.

Ce travail d’expertise a permis de pointer une liste de 13 polluants prioritaires. Parmi ces 13 polluants, l’Anses souligne l’intérêt d’une surveillance du 1,3-butadiène, un polluant émis notamment par des activités industrielles traitant du plastique et du caoutchouc mais aussi par l’échappement des moteurs automobiles et la fumée de cigarette. L’Agence recommande également la nécessité de compléter et de pérenniser l’acquisition de données pour les particules ultrafines (PUF) et le carbone suie.

 

Conclusions et recommandations de l’Agence

L’analyse des résultats pour les polluants identifiés comme prioritaires montre que le 1,3-butadiène, classé cancérogène de catégorie 1 par le CIRC, fait l’objet de différentes campagnes de mesures ponctuelles en France, conduisant fréquemment à des dépassements de VTR [1] quelle que soit la typologie des sites de mesures. L’Agence souligne donc la nécessité d’une surveillance nationale du 1,3-butadiène dans l’air ambiant.

Par ailleurs, l’Agence insiste sur la nécessité de compléter et de pérenniser l’acquisition de données dans l’air ambiant pour les particules ultrafines (PUF) et le carbone suie et d’assurer un suivi particulier sur le long terme sur ces deux substances, compte tenu de leurs enjeux potentiels en termes d’impact sanitaire.

Concernant les 10 autres polluants (le manganèse, le sulfure d’hydrogène, l’acrylonitrile, le 1,1-2-trichloréoéthane, le cuivre, le trichloréthylène, le vanadium, le cobalt, l’antimoine, le naphtalène), l’Agence souligne que des dépassements de VTR peuvent être observés dans des contextes particuliers (industriels notamment), et recommande l’acquisition de données complémentaires afin de s’assurer notamment de l’adéquation de la surveillance réglementaire concernant l’émission de ces polluants.

L’Agence soutient également la nécessité de développer à l’échelle nationale une banque de données de mesures existantes des polluants dans l’air ambiant actuellement non réglementés, à l’instar de ce qui existe pour les polluants réglementés, pour faciliter l’accès à ces données pour des travaux de recherche ou d’expertise.

Concernant d’autres polluants non réglementés dans l’air ambiant, l’Agence rappelle les conclusions de précédents avis et rapports d’expertise qui l’ont conduit à souligner :

  • la pertinence et la nécessité de surveiller les pesticides dans l’air ambiant (Anses, 2017 [2]),
  • la pertinence de pérenniser le système de surveillance actuel des pollens dont la finalité est d’informer la population et les professionnels de la santé sur les concentrations atmosphériques de pollen, permettant d’anticiper la prise de médicaments ou de différer une activité (Anses, 2014 [3]).

Enfin, l’Agence rappelle qu’elle a été saisie par la Direction générale de la santé afin de réaliser une expertise devant conduire à la proposition de recommandations en matière de surveillance nationale des moisissures dans l’air ambiant, au regard des enjeux de santé publique que celles-ci représentent. Ces travaux sont actuellement en cours.



[1] Valeur toxicologique de référence

[2] ANSES (2017). Rapport d’expertise collective. Proposition de modalités pour une surveillance des pesticides dans l’air ambiant. 306 p.

[3] ANSES (2014). Rapport d’expertise collective. État des connaissances sur l’impact sanitaire lié à l’exposition de la population générale aux pollens présents dans l’air ambiant. 236 p.