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Tuberculose bovine : l’Anses fait le point des mesures de lutte dans la faune sauvage

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Actualité du 01/10/2019

Depuis près de 20 ans, la France est officiellement indemne de tuberculose bovine, une maladie affectant principalement les élevages bovins. Afin de conserver ce statut, des actions de surveillance et de lutte visant à maîtriser l’infection sont menées dans certains territoires à risque, incluant des mesures au niveau des élevages infectés ainsi que des animaux sauvages et de l’environnement à proximité. Saisie par quatre associations, l’Anses a réalisé une évaluation des mesures de lutte menées au niveau de la faune sauvage et en particulier des blaireaux. L’Anses confirme l’importance des actions coordonnées pour lutter efficacement contre la tuberculose bovine et rappelle que l’élimination préventive des blaireaux et des autres espèces sauvages n’est en aucun cas justifiée dans les zones indemnes.

 

Une maladie complexe qui implique une approche intégrée  

La tuberculose bovine est une maladie infectieuse transmissible à l’Homme, causée par la bactérie Mycobacterium bovis. La France dispose du statut indemne [1] de la maladie depuis 2001 grâce aux mesures de lutte mises en place dans les élevages bovins affectés. Toutefois, quelques foyers d’infection persistent dans certains départements et font l’objet aujourd’hui de mesures de surveillance et de gestion spécifiques permettant de conserver ce statut. Au-delà des élevages bovins, de nombreuses espèces animales sauvages sont susceptibles d’être infectées telles que le cerf, le sanglier et le blaireau. Ainsi, les possibilités d’échanges de la bactérie entre la faune domestique et la faune sauvage peuvent en partie expliquer la persistance de certains foyers résiduels et ont conduit à appliquer des mesures à la fois en élevage et sur les animaux sauvages. De plus, des recherches récentes ont mis en évidence que la bactérie était résistante dans l’environnement (terriers, pâtures) et des contaminations indirectes de bovins sont également possibles. La situation épidémiologique de la tuberculose bovine est le résultat d’interactions complexes entre plusieurs espèces hôtes : les bovins, les animaux sauvages et l’environnement, ce qui implique d’adopter une approche globale One Health-Une seule santé pour surveiller et lutter contre cette maladie.

 

Le blaireau et la tuberculose bovine

Le blaireau fait partie des espèces sauvages sensibles à la tuberculose bovine. C’est une espèce difficile à étudier du fait de son mode de vie en terriers et de son comportement nocturne. La transmission de la bactérie entre blaireaux, et entre les blaireaux et d’autres espèces animales, dépend notamment du nombre de contacts directs ou indirects entre animaux et des densités de leurs populations. En raison des comportements très variables des populations de blaireaux, les comparaisons entre régions et pays sont à analyser avec précaution. Il est à chaque fois nécessaire de mener des enquêtes localement, au cas par cas. Les études menées en France permettent d’affirmer que le blaireau joue un rôle dans le cycle épidémiologique de la tuberculose en Côte-d’Or. Ailleurs sur notre territoire, ce rôle reste à préciser, même si les données historiques tendent à conforter cette même hypothèse.

 

Des mesures adaptées au terrain

Suite aux recommandations de l’Anses en 2011, un dispositif de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage, Sylvatub, a été mis en place en France. Aujourd’hui intégré à la Plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale (ESA), ce dispositif consiste à suivre l’évolution de la maladie et à localiser avec précision les zones à risque autour des foyers d’élevages de bovins infectés où les contacts sont possibles avec la faune sauvage. Grâce à la récolte de ces données, il est possible d’adapter en permanence les mesures de lutte dans la faune sauvage afin d’éradiquer la maladie au sein des élevages bovins.

La réglementation actuelle encadre précisément les mesures de surveillance et de lutte conduisant à l’élimination d’animaux sauvages, selon les niveaux d’infection et les zones. A ce titre, les mesures chez les blaireaux ne peuvent être mises en œuvre que dans une zone délimitée, déterminée et régulièrement réévaluée en fonction des données de la surveillance. De plus, les opérations sont précédées d’un recensement des terriers de blaireaux dans cette zone. Ces mesures de lutte concernent uniquement les zones à risque dans quelques départements en France, ce qui représentait en 2018, moins de 4 % du territoire métropolitain. Concernant d’autres types de mesures, la solution vaccinale est aujourd’hui au stade expérimental et l’Anses est associée à des travaux de recherche sur la mise au point d’un vaccin oral.

Suite à l’analyse des mesures de lutte actuelles, l’Anses confirme que seules des actions coordonnées permettent de lutter efficacement contre la tuberculose bovine, en visant à la fois les bovins de l’élevage infecté et les animaux sauvages ainsi que l’environnement à proximité. A l’heure actuelle, ces mesures ne menacent pas l’espèce blaireau à l’échelle nationale. Les experts ont toutefois rappelé leurs recommandations de 2011 selon lesquelles dans les zones indemnes, l’élimination préventive des blaireaux et des autres espèces sauvages ne peut en aucun cas être justifiée au motif de la lutte contre la tuberculose.


[1] Critères de statut indemne pour la tuberculose bovine :

  • La prévalence annuelle des troupeaux infectés est inférieure à 0,1% pendant six ans,
  • Le taux de troupeaux officiellement indemnes est supérieur à 99,9% pendant six ans au 31 décembre de chaque année,
  • La réglementation européenne relative à la tuberculose (Directive 64/432) est respectée.