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Mis à jour le 15/02/2018

Suivi des ventes d'antibiotiques vétérinaires

Mots-clés : Antibiotiques, Médicaments vétérinaires, Antibiorésistance

L'Agence a mis en place, depuis 1999, un suivi annuel des ventes d'antibiotiques vétérinaires. Ce suivi est basé sur les recommandations du chapitre 6.8 du code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE 2016 « Suivi des quantités d’agents antimicrobiens utilisées chez les animaux servant à la production de denrées alimentaires et détermination des profils d’utilisation ».

Pourquoi suivre les ventes d'antibiotiques 

Le suivi des ventes d’antibiotiques en médecine vétérinaire (voir le rapport des ventes 2016) permet d’évaluer leur utilisation et de suivre l’évolution des pratiques en matière d’antibiothérapie chez les différentes espèces animales.

Les informations recueillies sont un des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l'antibiorésistance.

Ces informations permettent également de proposer des mesures de gestion de ce risque et de suivre leurs effets.

 

Comment est réalisé ce suivi ?

Ce suivi des ventes d'antibiotiques est basé sur une déclaration annuelle des ventes d'antibiotiques par les laboratoires qui les commercialisent. Ces données peuvent être croisées avec d'autre sources d'informations (déclaration des chiffres d'affaires, enquêtes de prescription,…).

  • Les informations utilisées pour le calcul des indicateurs du suivi des ventes d’antibiotiques sont disponibles dans le fichier Excel accessible ici.

Les informations recueillies auprès des laboratoires couvrent 100% des médicaments autorisés. L'utilisation hors autorisation de mise sur le marché (AMM) de spécialités humaines ou de préparations extemporanées dans le cadre des dispositions de la cascade (article L. 5143-4 du Code de la Santé Publique) n'est pas prise en compte. Depuis 2009, les laboratoires ont déclaré la répartition pour la majorité des médicaments par espèces de destination. Pour certaines espèces, il a été possible de confirmer ces déclarations par des enquêtes sur la prescription vétérinaire et l'utilisation en élevage.

 

Comment doit-on interpréter ces résultats ?

Les volumes de ventes d'antibiotiques ne traduisent pas précisément leur utilisation. En effet, les antibiotiques récents sont plus actifs et nécessitent l'administration d'une quantité d'antibiotique plus faible. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte, en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps. L’ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) estime le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques. Ainsi une diminution du volume des ventes ne traduit pas forcément une diminution de l'utilisation.

Le plan national EcoAntibio mis en place en médecine vétérinaire en 2012 vise une réduction de 25 % de l’usage des antibiotiques (toutes familles confondues) en 5 ans en maintenant durablement l’arsenal thérapeutique.

 

Quels sont les principales évolutions observées ?

Volumes de ventes

En 2016, le volume total moyen des ventes est proche de 530 tonnes d'antibiotiques  et en diminution de 18,5 % par rapport à la moyenne des années 2014 et 2015.

Alors que le tonnage d’antibiotiques vendus en France était de 1311 tonnes en 1999, il se situait à 910 tonnes en 2011 année de référence pour le plan Ecoantibio. Les 530 tonnes enregistrées en 2016 correspondent à une réduction de 41,8 % par rapport à 2011.

 

Exposition des animaux aux antibiotiques

Depuis le début du suivi en 1999, l’indicateur d’exposition des animaux aux antibiotiques (ALEA) a diminué de 31,4 % en France.

En 2016, l’ALEA s’inscrit en baisse de 20,5 % par rapport à la moyenne des années 2014 et 2015.

Toutes espèces animales confondues, l’exposition globale a diminué de 36,6 % en France sur les cinq dernières années.

La baisse de l’exposition aux antibiotiques a été observée pour toutes les espèces par rapport à l’année 2011 (bovins : -24,3 %, porcs : -41,5 %, volailles : -42,8 %, lapins : -37,6 %, chats et chiens : -19,4 %). 

 

Y a-t-il des évolutions justifiant la mise en œuvre de mesures particulières ?

Les Céphalosporines de 3ème et 4ème générations et les Fluoroquinolones sont considérées comme des antibiotiques particulièrement importants en médecine humaine car elles constituent l'alternative ou une des seules alternatives pour le traitement de certaines maladies infectieuses chez l'homme. Selon les recommandations européennes, ces antibiotiques doivent ainsi être réservés au traitement curatif en deuxième intention. Depuis le début du suivi en 1999, la diminution globale du volume des ventes d'antibiotiques observée s'explique en partie par une augmentation de l'utilisation de ces molécules plus récentes et plus actives.

La loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt fixe un objectif de réduction de 25 % en 3 ans de l’utilisation de ces familles d’antibiotiques en prenant l’année 2013 comme année de référence. Cet objectif est largement atteint et même dépassé, en effet en 2016, l’exposition aux Fluoroquinolones et aux Céphalosporines de dernières générations a respectivement diminué de 74,9 %  et  81,3 % par rapport à 2013.

Par ailleurs, la publication en novembre 2015 décrivant le premier mécanisme de résistance à la colistine transférable par plasmide a conduit à la mise en place d’une surveillance renforcée pour cet antibiotique. Après une augmentation jusqu’en 2007, l’exposition à la colistine a peu évolué entre 2008 et 2011, puis a diminué sur les cinq dernières années. Cette exposition a diminué de 55,1 % par rapport à l’année 2011 (toutes espèces et voies d’administration confondues).


Quelle est la situation de la France par rapport aux autres pays européens ?

Une coordination au niveau européen du suivi des ventes d'antibiotiques en santé animale a été mise en place en 2010 à l'EMA (Agence européenne des médicaments).

En 2015, la France était au 12ème rang des pays les plus consommateurs sur 30 pays participants (source ESVAC), avec une consommation très inférieure à la moyenne de celle des pays européens (70,2 mg/kg vs 135,5 mg/kg).