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marianne anses

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Mis à jour le 18/11/2021

Suivi des ventes d'antibiotiques vétérinaires

Mots-clés : Antibiotiques, Médicaments vétérinaires, Antibiorésistance

L’antibiorésistance est un problème majeur de santé publique concernant aussi bien la médecine humaine que vétérinaire. La surveillance des ventes d’antibiotiques à usage vétérinaire est l’une des sources d’informations centrales utilisées pour l’évaluation et la gestion des risques en matière d’antibiorésistance. Depuis 1999 l'Agence a mis en place un suivi annuel des ventes d'antibiotiques vétérinaires qui est basé sur les recommandations de l’Organisation Internationale de la lutte contre les Epizooties (OIE).

Par ailleurs, depuis 2010, la France, via l’Anses, participe au projet Surveillance Européenne de la consommation d’antibiotiques chez les animaux (ESVAC European Surveillance of Veterinary Antimicrobial Consumption) initié par l’Agence européenne du médicament (EMA) à la demande de la Commission européenne. L’objectif est de collecter des données de ventes d’antibiotiques harmonisées dans tous les pays de l’Union européenne.

Pourquoi suivre les ventes d'antibiotiques ?

Le suivi des ventes d’antibiotiques à usage vétérinaire permet d’évaluer leur utilisation et de suivre l’évolution des pratiques en matière d’antibiothérapie chez les différentes espèces animales.

Les informations recueillies sont un des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l'antibiorésistance.

Ces informations permettent également de proposer des mesures de gestion de ce risque et de suivre leurs effets.

Comment est réalisé ce suivi ?

Le suivi des ventes d'antibiotiques à usage vétérinaire est basé sur une déclaration annuelle des ventes d'antibiotiques par les laboratoires qui les commercialisent elles couvrent 100% des médicaments vétérinaires autorisés et incluent une répartition par espèces. Ces données peuvent être croisées avec d'autre sources d'informations (déclaration des chiffres d'affaires, enquêtes de prescription, etc.).

  • Les informations utilisées pour le calcul des indicateurs du suivi des ventes d’antibiotiques sont disponibles dans le fichier Excel.

Les informations recueillies auprès des laboratoires couvrent 100% des médicaments vétérinaires autorisés et permettent d’estimer à quelles espèces ils ont été prescrits.

Comment doit-on interpréter ces résultats ?

Les volumes de ventes d'antibiotiques seuls ne traduisent pas exactement leur utilisation. En effet, les antibiotiques récents sont plus actifs et nécessitent l'administration de quantités plus faibles de produit. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps. L’ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) estime le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques.

Le premier plan EcoAntibio 2012-2016 visait une réduction de 25 % de l’usage des antibiotiques en 5 ans, en portant une attention particulière à l'utilisation des antibiotiques d'importance critique en médecine vétérinaire et humaine. Ces antibiotiques sont utilisés lorsque ceux prescrits en premier lieu sont inefficaces. L’objectif global du premier plan a été atteint avec une diminution de l’exposition animale aux antibiotiques de 37 % en 5 ans. 

La loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (LAAAF2, loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014) a ajouté des objectifs particuliers pour les antibiotiques d’importance critique en médecine humaine.

Elle a ainsi fixé un objectif de réduction de 25 % en 3 ans de l’utilisation des antibiotiques appartenant aux familles des Fluoroquinolones et des Céphalosporines de 3e et 4e générations, l’année 2013 étant l’année de référence. Cet objectif a été atteint et largement dépassé en 2016.

Le plan EcoAntibio 2017-2021 vise à inscrire dans la durée la baisse de l'exposition des animaux aux antibiotiques. Il prévoit des actions de communication et de formation, l'accès à des alternatives aux antibiotiques et l'amélioration de la prévention des maladies animales. Un objectif spécifique à la colistine, un antibiotique utilisé fréquemment en médecine vétérinaire et réservé en médecine humaine aux cas sévères, vise une réduction de 50 % de l'exposition à cet antibiotique en 5 ans en filière bovine, porcine et avicole.

 

Quelle est la situation de la France par rapport aux autres pays européens ?

Une coordination au niveau européen du suivi des ventes d'antibiotiques en santé animale a été mise en place en 2010 à l'EMA (Agence européenne des médicaments).

En 2018, la France était au 14ème rang des pays les plus consommateurs sur 31 pays participants (source ESVAC), avec une consommation très inférieure à la moyenne européenne (64,2 mg/kg vs 103,2 mg/kg).