29/10/2021
Portrait

« Comment diminuer l’exposition au mercure via la consommation des poissons ? » - Portrait de la doctorante Mariana Mendes Ribeiro

Chaque année, l’Anses organise des journées d’échange sur des travaux de recherche en cours ou récemment terminés, afin d’encourager les interactions entre les équipes scientifiques. À cette occasion, les doctorants accueillis à l’Agence présentent leurs thèses. Mariana Mendes Ribeiro a obtenu le prix de la « meilleure communication orale 2021 des doctorants de l’Anses », pour la présentation de sa thèse en 180 secondes.

Découvrez son parcours et ses recherches.

Quel est votre parcours ?

Je suis portugaise, j’ai obtenu en 2016 mon diplôme de master en sciences pharmaceutiques à l’université Lusofona de Lisbonne. Avant de venir en France en 2019, j’ai travaillé en tant qu’ingénieur d’études au sein du département de sécurité alimentaire et de la nutrition de l'Institut national de santé Ricardo Jorge de Lisbonne. À l’Anses, j’ai intégré l’unité ET2M (Éléments traces métalliques et minéraux) du laboratoire de sécurité des aliments, dans le cadre de mon projet de thèse "Évaluation de l'interaction mercure-sélénium chez les poissons et de l'exposition alimentaire humaine associée" (MERSEL FISH) qui est réalisé en cotutelle avec l’INSA (Institut national des sciences appliquées). Je pense soutenir ma thèse d’ici fin 2022.

Sur quoi porte votre thèse ?

Mon projet de thèse porte sur un sujet d’intérêt de santé publique: comment diminuer l’exposition au mercure provenant de la consommation des poissons ? En effet, les poissons peuvent accumuler des niveaux importants de métaux toxiques, tels que le mercure par exemple. Les poissons représentent la principale voie d'exposition de l'Homme au methylmercure qui est la forme la plus toxique de cet élément. Plusieurs études ont montré que le sélénium pourrait réduire la bioaccumulation du methylmercure par les poissons et/ou favoriser son élimination. Néanmoins, les données scientifiques pertinentes à ce sujet sont trop rares pour confirmer pleinement cette hypothèse. Ma thèse œuvre donc à la l’acquisition de connaissances sur l'interaction mercure-sélénium chez les poissons, ainsi que l’évolution de l'exposition de l’Homme au mercure via l’alimentation en s’axent sur trois objectifs principaux :

  • développement et validation d'une nouvelle approche pour l'analyse simultanée des espèces mercure et du sélénium chez les poissons par des techniques de chromatographie et de spectrométrie en tandem (HPLC-ICP-MS) ;
  • évaluation des mécanismes et voies de contamination des poissons et de l'antagonisme mercure-sélénium ;
  • évaluation du devenir des espèces de mercure et de sélénium dans les poissons pendant la cuisson, en étudiant différents modes de cuisson.

Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile pour présenter votre thèse en 180 secondes ?

La partie la plus difficile pour présenter ma thèse en 180 secondes est justement le temps très court, en tenant compte de la complexité et de la beauté de mon projet de thèse. Il m’a fallu une grande capacité de synthèse pour pouvoir présenter les principaux résultats que j’ai obtenus pendant presque trois ans de travail, en gardant en même temps un fil conducteur et sans omettre les informations les plus importantes ni trahir le fond scientifique.

Avez-vous des conseils pour les prochains doctorants qui se livreront à cet exercice ?

Oui. Pensez à votre projet de thèse comme à une belle histoire de votre vie que vous avez envie de raconter aux autres. Une belle histoire se raconte avec l’âme ouverte, mais n’oubliez pas, cet exposé ne dure que 3 minutes. Donc, identifiez les points clés du projet et expliquez-les de façon simple et captivante, comme vous le feriez pour votre famille lors d’un dîner !

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Béatrice Grasland est cheffe d’unité « virologie, immunologie, parasitologie aviaires et cunicoles » au laboratoire Anses de Ploufragan. Docteur en microbiologie, elle a d’abord travaillé en virologie porcine puis en virologie aviaire, notamment sur les coronavirus en santé animale.