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marianne anses

L’ambroisie en France : coûts des impacts sanitaires et pistes d’actions

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Actualité du 04/12/2020

Présente dans la vallée du Rhône depuis le milieu du XXème siècle, l’ambroisie à feuilles d’armoise n’a cessé depuis de se propager sur le territoire national, provoquant en particulier le développement d’allergies. L’Anses publie aujourd’hui une estimation des coûts associés aux conséquences sanitaires de la présence de l’ambroisie en France. Pour freiner sa propagation, l’Agence préconise la mise en place d’actions concertées de lutte à l’échelle locale, y compris dans les zones encore peu concernées. L’Agence souligne également l’importance d’optimiser la surveillance des pollens d’ambroisie et de sensibiliser les professionnels de santé et le grand public à l’importance de leurs effets sur la santé.

Qu'est-ce que l'ambroisie et quelles sont ses conséquences ?

Plante adventice (ou mauvaise herbe), l’ambroisie à feuilles d’armoise se développe préférentiellement dans :

  • certaines cultures agricoles comme par exemple celles de tournesol ou de maïs, avec pour conséquences des pertes importantes de rendement,
  • d’autres milieux tels que les bords des cours d’eau, les bords de route, etc.

L’ambroisie émet un pollen fortement allergisant qui entraîne les mêmes symptômes que d’autres pollens chez les personnes allergiques souffrant de rhinite (éternuements, obstruction nasale, conjonctivite, rougeur, gonflement des paupières…) et impacte fortement leur qualité de vie. En France, le pic de pollinisation a lieu entre mi-août et mi-septembre.

 

L’ambroisie en France : évolution et facteurs de propagation

Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie à feuille d’armoise a été introduite accidentellement en France dans les années 1860 avec l’importation de semences de trèfle violet provenant des Etats-Unis. D’abord présente dans la vallée du Rhône, sa propagation s’est accélérée depuis les années 1960. La plante est aujourd’hui présente dans de nombreux territoires français avec des niveaux d’infestation variables. On distingue notamment trois types de zone d’infestation :

  • les zones à forte infestation/implantation dont le Rhône, l’Isère, la Drôme ou encore la Nièvre ou le Cher ;
  • les zones de « front » situées à la limite de zones fortement infestées, à l’image des Charentes, de la Côte-d’Or et du Gard ;
  • les zones encore très peu ou pas concernées telle que la Bretagne.

                                        Cartes de répartition de l’ambroisie de 2005 à 2017 en France

Sa propagation est favorisée par certaines activités humaines : le transport de sol ou de semences contaminés par l’ambroisie, les machines agricoles et/ou de fauchage, l’alimentation animale, etc.

 

Contrôler la propagation de l’ambroisie grâce à une stratégie de gestion intégrée

L’Anses a élaboré à l’échelle nationale des fourchettes pour l’estimation de différents coûts annuels de l’impact sanitaire associé à l’ambroisie :

  • Coût de la prise en charge médicale (les médicaments et les consultations par exemple) entre 59 millions et 186 millions d’euros par an ;
  • Coûts des pertes de production, basés sur les arrêts de travail, entre 10 millions et 30 millions d’euros par an ;
  • Coûts de la perte de qualité de vie des personnes allergiques entre 346 millions et 438 millions d’euros par an.

Un accroissement de ces coûts est attendu à l’avenir, en raison de l’élargissement prévu des zones infestées par l’ambroisie, exposant de fait de nouvelles populations, et d’une augmentation des niveaux de pollens dans l’air ambiant, notamment en lien avec le changement climatique. Un contrôle strict de la propagation de la plante s’avère donc nécessaire pour limiter les conséquences négatives de l’ambroisie sur la santé.

 

Des actions coordonnées pour limiter la propagation de l’ambroisie

Suite à son expertise, l’Anses constate que la gestion de lutte contre l’ambroisie se heurte encore aujourd’hui à certains freins réglementaires comme par exemple le pouvoir de police limité du maire en particulier dans des parcelles privées. Elle émet les recommandations suivantes :

En matière de prévention et de lutte :

  • Mettre en place dès maintenant une réglementation spécifique et coordonnée localement dans les zones de front, ou encore peu concernées par la présence d’ambroisie. Celle-ci doit notamment passer par la nomination d’un référent ambroisie chargé de la mise en œuvre de la lutte sur le terrain.
  • Impliquer davantage le secteur des bâtiments et travaux publics, aux côtés du monde agricole, pour permettre la prise de conscience du risque existant et favoriser l’adoption de bonnes pratiques (nettoyage des machines, gestion des terres contaminées…) en vue de freiner la propagation de l’ambroisie et de protéger la santé de la population générale et des travailleurs exposés.

En matière de surveillance :

  • Etendre et intensifier la surveillance de la plante et de ses pollens à l’échelle nationale,
  • Moderniser le système de surveillance du pollen d’ambroisie en le couplant à des modèles permettant de prédire sa dispersion à l’échelle de la France métropolitaine.

En matière d’information :

  • Sensibiliser, dans les zones où l’ambroisie est présente ainsi que dans les zones où elle est amenée à se développer, les professionnels de santé et les personnes allergiques ou potentiellement allergiques.
  • Favoriser l’échange d’informations entre les territoires à travers le développement de réseaux de médecins et de patients sentinelles.

Le saviez-vous ?

En France, près d’un tiers des adultes souffrirait d’allergie aux pollens (ambroisie, graminées…).

Il existe deux stades dans l’allergie :

  • Un premier stade au cours duquel le corps répond à la présence de l’allergène, sans pour autant provoquer de symptôme. On parle de sensibilisation allergique.
  • Un deuxième stade caractérisé par l’apparition de symptômes lors du contact de l’allergène avec les muqueuses (bouche, nez, yeux).

 

Les travaux de l’Anses sur les contaminants biologiques de l’air

L’Anses étudie depuis plusieurs années les contaminants biologiques (pollens, moisissures…) présents dans l’air pour évaluer leurs impacts sanitaires sur les populations qui y sont exposées. Dans cette optique, elle a notamment conduit les travaux suivants :