Complément alimentaire minceur à base de p-synéphrine | Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

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Mis à jour le 01/12/2017

Complément alimentaire minceur à base de p-synéphrine

Les recommandations de l’Agence

Mots-clés : Compléments alimentaires, Nutrivigilance, Régimes amaigrissants, Effets indésirables

La p-synéphrine est une substance présente dans l’écorce d’orange amère. Elle est une composante de nombreux compléments alimentaires dits « minceur ». Depuis la mise en place de son dispositif de nutrivigilance, l’Anses a reçu 18 signalements d’effets indésirables possiblement liés à l’absorption de compléments alimentaires contenant de la p-synéphrine. Après évaluation, l’Agence estime que les apports en p-synéphrine par le biais des compléments alimentaires doivent être inférieurs à 20mg/jour. En outre, elle recommande de ne pas associer ces apports supplémentaires en p-synéphrine à de la caféine. Par ailleurs, elle déconseille particulièrement l’ingestion de ces compléments « minceur » lors d’une activité physique, mais aussi aux populations sensibles que sont les individus sous traitement, les femmes enceintes ou allaitantes et enfin les enfants et les adolescents. 

Composant présent dans l’écorce d’orange amère (Citrus aurantium ssp. Aurantium), la p-synéphrine est aussi présente dans d’autres espèces de Citrus. Au même titre que d’autres ingrédients obtenus à partir de fruits de Citrus spp, la p-synéphrine est utilisée dans de nombreux compléments alimentaires revendiquant la réduction de la masse grasse ou une correction de la composition corporelle.

Les problèmes de surpoids, réels ou ressentis, forment un terrain favorable à l’utilisation de ce type de produits chez les individus concernés. Ces derniers les consomment seuls, en association avec un régime et/ou à la pratique d’une activité physique.

L’Agence et la nutrivigilance : 18 signalements d’effets indésirables reçus

Dans le cadre de ses missions, l’Anses a créé en 2009 un dispositif de nutrivigilance. Depuis sa création, elle a ainsi reçu 18 signalements bien documentés d’effets indésirables susceptibles de découler de la consommation de compléments alimentaires dits « minceurs » à base de fruits de citrus spp., sources de p-synéphrine.

Parmi ces 18 signalements, 13 cas d’imputabilité très vraisemblable, vraisemblable ou possible on trouve notamment des effets cardiovasculaires, des atteintes hépatiques, une hyperphosphorémie et une atteinte neurologique.

En outre, des cas isolés d’effets indésirables graves, principalement de nature cardiovasculaire, sont également rapportés dans la littérature. Il est nécessaire de préciser néanmoins que pour ces cas graves, l’attribution des effets indésirables rapportés aux citrus spp. est rarement possible de façon univoque. En effet, l’existence d’autres étiologies, voire de co-morbidités, ainsi que des associations complexes rendent la corrélation délicate. 

Par ailleurs, il faut distinguer les apports en p-synéphrine par les compléments alimentaires des apports alimentaires en p-synéphrine courants, via l’absorption de jus d’agrumes notamment. Les apports alimentaires en p-synéphrine courants ne semblent pas exposer la population générale à un risque quelconque dans le cadre d’une alimentation équilibrée et à raison d’une dose maximale de 20mg par jour de p-synéphrine. Les compléments alimentaires à base d’extraits de Citrus spp. ayant fait l’objet de déclarations d’effets cardiovasculaires en nutrivigilance, apportent entre 1 et 72 mg de p-synéphrine par jour aux doses préconisées par le fabricant et contiennent tous de la caféine. 

Conclusions et recommandations de l’Agence 

A l’issue de son évaluation, l’Anses :

  • considère que la dose de 20 mg/jour, correspondant à la dose ingérée par les forts consommateurs d’agrumes, peut constituer un repère d’apport de p-synéphrine à ne pas dépasser pour les compléments alimentaires (sans constituer une limite de sécurité au sens propre du terme) ;  
  • note que de nombreux compléments alimentaires commercialisés conduisent à un apport quotidien supérieur à cette valeur-repère ; de tels compléments alimentaires n’ont donc pas vocation à être disponibles pour le consommateur ;
  • recommande, en raison de leurs effets cumulés, voire synergiques, de ne pas associer la p-synéphrine avec la caféine, les préparations en contenant ou toute substance possédant des effets cardiovasculaires similaires à ceux de la caféine. Pour ces raisons, synéphrine et caféine ne doivent pas être associées dans un même complément alimentaire ;
  • déconseille fortement la consommation de p-synéphrine par les populations à risque accru d’effets indésirables (personnes sous traitement en particulier pour hypertension, cardiopathie ou dépression), par les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les adolescents. Une telle information devrait être explicitement portée à la connaissance du consommateur ;
  • déconseille la consommation de compléments alimentaires à base de p-synéphrine lors d’une activité physique en raison d’effets éventuels sur le profil tensionnel. Ces effets sont de nature à majorer le risque cardio-vasculaire chez les sujets en surpoids ou obèses, et à réduire les effets bénéfiques de l’activité physique de longue durée sur le profil tensionel de repos. 

Par ailleurs, compte tenu du contexte d’utilisation des compléments alimentaires contenant de la p-synéphrine, l’Anses rappelle les principales recommandations émises en 2010 à l’issue de l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement (Anses 2010). La pratique de régimes à visée amaigrissante présente des risques pour la santé avec des conséquences notamment osseuses, rénales, cardiaques, comportementales, psychologiques et un risque de reprise de poids. Enfin, sans prise en charge spécialisée et en dehors de situations où la perte de poids est justifiée médicalement, il est déconseillé d'entreprendre un régime amaigrissant.