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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 01/12/2017

Compléments alimentaires à base de levure de riz rouge

Avant consommation, les conseils d’un professionnel de santé sont indispensables

Mots-clés : Compléments alimentaires, Nutrivigilance, Cholestérol, Effets indésirables

La levure de riz rouge est une moisissure de couleur rouge cultivée sur du riz et utilisée dans de nombreux compléments alimentaires revendiquant le « maintien d’une cholestérolémie à un niveau normal ». L’Anses a reçu 25 signalements d’effets indésirables (majoritairement des atteintes musculaires et hépatiques) susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge. L’Agence considère que l’usage de ce type de compléments alimentaires contenant des monacolines peut exposer les consommateurs à des risques pour la santé, notamment ceux particulièrement sensibles du fait de prédispositions génétiques, de pathologies ou de traitements en cours, etc. Ainsi, l’Agence recommande de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé avant de consommer ces produits. Elle précise que ceux-ci ne doivent pas être utilisés par les patients traités avec des médicaments à base de statines ni ceux ayant dû interrompre ces traitements suite à l’apparition d’effets indésirables (patients dits « intolérants aux statines »). Ils ne doivent pas non plus être consommés par les personnes sensibles, notamment les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les sujets de plus de 70 ans ou atteints de certaines pathologies, ou encore les forts consommateurs de pamplemousse. 

La « levure de riz rouge » est une moisissure de couleur rouge cultivée sur du riz. Elle est présente dans de nombreux compléments alimentaires revendiquant le « maintien d’une cholestérolémie à un niveau normal ». 

Les consommateurs, avec ou sans avis médical, utilisent ces compléments alimentaires en supplément, en remplacement ou comme alternative à un traitement hypocholestérolémiant. La levure de riz rouge contient en effet plusieurs molécules appelées monacolines dans des teneurs souvent très variables d’un produit à l’autre. 

L’une de ces substances, la monacoline K, présente les caractéristiques pharmacologiques des statines, c'est-à-dire qu’elle est capable d’inhiber une enzyme (HMG-CoA réductase) intervenant dans la voie de synthèse du cholestérol. La monacoline K est ainsi commercialisée en tant que médicament sous la dénomination commune internationale « lovastatine » aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, au Portugal et en Grèce, mais pas en France. 

 

Des effets indésirables rapportés à l’Anses

Depuis la création de son dispositif de nutrivigilance, l’Anses a reçu 25 signalements bien documentés d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge. 

Parmi les 12 cas d’imputabilité très vraisemblable et vraisemblable figurent notamment : 

  • une majorité d’atteintes musculaires (myalgies souvent violentes), 

  • trois atteintes hépatiques associées ou non à une atteinte musculaire. 

Les cas de nutrivigilance répertoriés en France ou d’autres pays ayant communiqué des cas sont très similaires aux cas cliniques bien documentés dans la littérature scientifique pour la lovastatine. 

Il apparaît après évaluation que, dans les conditions actuelles, l’usage de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge contenant des monacolines peut exposer les consommateurs à des risques pour la santé, notamment ceux particulièrement sensibles du fait de prédispositions génétiques, de pathologies ou de traitements en cours, etc., d’autant plus si cette consommation n’est pas assortie d’un conseil et d’un suivi médical intégrant un bilan hépatique, des avertissements sur les précautions d’emploi et les potentiels effets indésirables à surveiller. 

 

Un suivi médical, des informations disponibles et un statut clarifié sont nécessaires

Il est donc recommandé d’accompagner la prise de ces compléments alimentaires à base de levure de riz rouge :

  • d’un suivi médical incluant un bilan hépatique préalable à la consommation et d’une surveillance de la toxicité hépatique et musculaire liée aux statines,
  • d’informations facilement disponibles sur les précautions d’emploi et les contre-indications des statines relatives aux populations à risque (notamment les femmes enceintes et les insuffisants hépatiques) et aux situations à risque (interactions médicamenteuses et alimentaires).

L’Agence considère également que le statut de ces produits doit être clarifié au niveau européen et que leur circuit de commercialisation doit permettre de garantir le respect de ces recommandations.

L’Anses rappelle que l’hypercholestérolémie n’est pas une maladie mais un facteur augmentant le risque de survenue de maladies cardio-vasculaires dont la prévention passe avant tout par une hygiène de vie intégrant une alimentation diversifiée, la limitation de la sédentarité et la pratique d’une activité physique régulière.

 

Les recommandations de l’Anses

Les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et adolescents, les sujets âgés de plus de 70 ans, les personnes atteintes de pathologies prédisposantes (telles qu’une insuffisance rénale, une pathologie musculaire, une hypothyroïdie non traitée ou une atteinte hépatique évolutive), mais aussi les forts consommateurs de pamplemousse (jus ou fruit) ou d’alcool ne doivent pas consommer de compléments alimentaires à base de levure de riz rouge.

L’Anses recommande aux consommateurs

  • de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé avant de consommer des compléments alimentaires à base de levure de riz rouge.
  • de s’abstenir de consommer ces compléments alimentaires s’ils sont traités avec des médicaments hypocholestérolémiants à base de statines ou s’ils ont dû arrêter ces médicaments suite à l’apparition d’effets indésirables (patients dits « intolérants aux statines »), sauf avis médical spécifique.

 

Quant aux professionnels de santé, l’Anses leur rappelle que :

  • les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge ne sont pas une alternative à un traitement médicamenteux hypocholestérolémiant ; 
  • les personnes traitées par des médicaments pouvant interférer avec le métabolisme des lipides et des statines ne doivent pas consommer de compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge ;
  • tout effet indésirable survenant après consommation de compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge doit être signalé à l’Agence.