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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 05/04/2019

Les compléments alimentaires

Définition et rôle de l’Agence

Mots-clés : Nutrition, Compléments alimentaires, Minéraux, Vitamines, Nutrivigilance

Les compléments alimentaires, concentrés de nutriments ou d’autres substances, sont de plus en plus consommés en France. A visée amincissante, anti-stress, revitalisante ou destinés aux sportifs, ces produits sont souvent perçus comme anodins mais peuvent, dans certains cas, exposer le consommateur à des risques sanitaires. Que fait l’Anses sur le sujet et quelles sont les recommandations de l’Agence ?

Qu’est-ce que les compléments alimentaires ?

On entend par compléments alimentaires, « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés… » (Directive 2002/46/CE du Parlement européen, transposée par le décret n°2006-352 du 20 mars 2006).

Il existe de nombreux compléments alimentaires, à base de plantes, de vitamines et minéraux, ou d'autres substances. Ces compléments sont censés contribuer à améliorer les apports nutritionnels des consommateurs pour les aider à mincir, affronter l’hiver, mieux digérer, avoir de beaux cheveux, réduire les désagréments de la grossesse ou de la ménopause, etc.

Les compléments alimentaires sont commercialisés sous forme de doses telles que les gélules, pastilles, comprimés, pilules, sachets de poudre ou encore en préparations liquides (ampoules, flacons munis de compte-gouttes). Ils font l'objet de déclarations auprès de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui examine leur composition et réalise des contrôles à l'instar des autres catégories de denrées alimentaires.

Plusieurs dispositions réglementaires au niveau européen et national établissent la liste des ingrédients autorisés dans compléments alimentaires :  vitamines, minéraux et plantes ainsi que les doses journalières maximales à ne pas dépasser pour les vitamines et minéraux.

Cependant, contrairement aux médicaments, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d'autorisation individuelle de mise sur le marché, fondée sur l'évaluation préalable, par une instance d'expertise, d'un dossier soumis par l’industriel. L'industriel est responsable de la conformité des compléments alimentaires mis sur le marché avec les dispositions réglementaires en vigueur, tant en matière de sécurité que d’information du consommateur (non-tromperie du consommateur).

Compléments alimentaires :  nécessité d'une consommation éclairée

Depuis quelques années, les Français consomment de plus en plus de de compléments alimentaires et d’aliments enrichis. Les déficits d’apport et a fortiori les carences en nutriments sont très rares dans la population générale et ne concernent que la Vitamine D. En revanche, des déficits d’apport touchent davantage des groupes particuliers de la population tels que les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées...

De manière générale, en l’absence de pathologie, la couverture des besoins nutritionnels est possible par une alimentation variée et équilibrée associée à une activité physique adaptée. La consommation de compléments alimentaires n’est alors pas nécessaire.

Cependant, certains comportements alimentaires peuvent conduire à réduire, voire supprimer, la consommation d’aliments sources de nutriments indispensables. Ainsi, le régime végétalien est totalement dépourvu de vitamine B12, présente uniquement dans les denrées d’origine animale. De même, un régime alimentaire écartant la consommation de poissons et de fruits de mer ne permettra pas de couvrir les besoins en EPA et DHA (acides gras polyinsaturés à longue chaîne). Plus généralement, un régime insuffisamment varié expose à un risque de couverture insuffisante des besoins nutritionnels. Dans ces cas particuliers, le recours aux compléments alimentaires peut présenter un intérêt. Il est alors fortement recommandé de solliciter l’avis d’un professionnel de santé. 

Dans le cas de la consommation des compléments alimentaires contenant des vitamines et minéraux, il peut exister un risque de dépassement des limites de sécurité, particulièrement lorsqu’ils sont pris en association avec des aliments enrichis.

Par ailleurs, les allégations nutritionnelles et de santé, susceptibles d’être indiquées sur les produits, sont strictement encadrées par la réglementation européenne. A ce jour, un nombre limité d’allégations santé est autorisé, la liste peut être consultée sur le site de la Commission européenne. Il convient de rappeler que le complément alimentaire n’est pas un médicament, il ne peut donc, par définition, revendiquer aucun effet thérapeutique.

De manière générale, il est important :

  • d’éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année sans demander conseil à un professionnel de santé ;
  • de respecter scrupuleusement les conditions d’emploi fixées par le fabricant, responsable de la sécurité des produits qu’il commercialise ;
  • de signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable survenant suite à la consommation d’un  complément alimentaire. 
  • de privilégier les circuits d’approvisionnement contrôlés par les pouvoirs publics

 

Que fait l'Agence sur les compléments alimentaires ?

Evaluation de l’innocuité de substances présentes dans les compléments alimentaires

L'Agence est régulièrement amenée à évaluer les risques liés à la présence de certains ingrédients dans les compléments alimentaires. Ces travaux permettent le cas échéant de fixer une teneur limite dans les compléments alimentaires (ex. 20 mg/j de p-synéphrine).

Etude de la consommation des compléments alimentaires

Dans le cadre des études individuelles nationales des consommations alimentaires (Inca), l'Agence recueille des informations et des données utiles sur les habitudes et modes de consommation des compléments alimentaires en France. La deuxième étude individuelle nationale des consommations alimentaires (Inca 2) menée par l’Anses en 2006-2007 avait permis de recueillir, pour la première fois en France métropolitaine, des informations sur la prise de compléments alimentaires par les adultes et les enfants de 3 ans et plus. Les résultats d’Inca 3, menée en 2014-2015 et intégrant pour la première fois les enfants de moins de 3 ans, mettent en évidence que le taux de consommateurs de compléments alimentaires a nettement progressé entre les deux études.

D’après l’étude Inca 3, le taux de consommateurs de compléments alimentaires, au sens réglementaire, est de 22 % en 2014-2015 chez les adultes (18 à 79 ans) et de 14 % chez les enfants (3 à 17 ans) sur la période 2014-2015. Sur la base d’une définition plus large incluant les médicaments sources de nutriments, ces taux sont respectivement de 29 % et 19 %. Dans Inca 2, en 2006-2007, c’était près d’un adulte sur cinq et plus d’un enfant sur dix qui avait consommé des compléments alimentaires ou des vitamines et minéraux sous forme médicamenteuse. Ainsi, le taux de consommateurs de compléments alimentaires (incluant les médicaments sources de nutriments) a progressé d’environ 50 % entre 2006-2007 et 2014-2015, aussi bien chez les enfants de 3 à 17 ans que chez les adultes.

La durée annuelle de la prise d'un complément alimentaire est en moyenne de 4 mois et demi chez les adultes et de 2 mois et demi chez les enfants, mais se révèle très variable d'une personne à l'autre. Ceci témoigne d'une grande disparité des comportements vis-à-vis de ces produits.

Chez les adultes, le taux de consommateurs de compléments alimentaires est plus élevé chez les femmes, les individus âgés de 18 à 44 ans et ceux ayant un niveau d’étude élevé. Une saisonnalité de consommation est également observée, avec une consommation plus élevée en hiver.

A noter que les compléments alimentaires sont principalement achetés en pharmacie (78 % pour les enfants et 45 % pour les adultes) mais l’achat sur Internet s’est fortement développé chez les adultes (passant de 1 % à 11 %) depuis l’étude Inca 2 (2006-2007).

Un dispositif de nutrivigilance

L’Anses a mis en place en 2009 un dispositif de nutrivigilance dans le cadre de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires. L’objectif est de surveiller les effets indésirables liés à la consommation des compléments alimentaires ainsi que d’autres produits alimentaires tels que les aliments enrichis ou de nouveaux aliments destinés à une alimentation particulière (nourrissons, sportifs, patients souffrant d’intolérance alimentaire...).

Ce dispositif permet d’identifier et de collecter les effets indésirables déclarés par les professionnels de santé, notamment des médecins et des pharmaciens et contribue ainsi à renforcer la sécurité du consommateur. Grâce à ces données, l’Anses réalise des expertises afin d’évaluer les risques liés à la consommation de ces produits et émet des recommandations. Ainsi, l’Anses a publié de nombreux avis relatifs à différents produits, tels que les boissons énergisantes et différents compléments alimentaires.