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Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 14/04/2016

PCB : le rôle de l’Anses

Les missions de l’Agence

Mots-clés : PCB (Polychlorobiphényles), Contaminants de l'alimentation, Poissons

Depuis plusieurs années, la question d'une pollution des cours d'eaux français par les PCB et de son impact sur la population est posée. Depuis 2003, l'Agence et ses experts sont mobilisés sur ce dossier difficile et ont notamment produit une vingtaine d’avis évaluant précisément les risques sanitaires liés à la consommation de poissons contaminés par les PCB et permettant d'apporter à l'Etat l'éclairage indispensable à la gestion du risque lié à ces contaminants au niveau national et en particulier dans la révision de la réglementation européenne sur les PCB.

Evaluation du risque

Depuis 2003, l'Agence en lien avec ses collectifs d'experts a produit plusieurs avis d'évaluation des risques sanitaires. Ces travaux ont notamment permis de faire le point sur la toxicité de ces substances et d’établir des seuils toxicologiques en dessous desquels la probabilité d'effets sur la santé est considérée comme négligeable. Ces seuils ont été définis, pour la voie alimentaire, en 2005 vis-à-vis des PCB-DL et en 2007 vis-à-vis des PCB-NDL et pour l'imprégnation en 2010. 

L’Agence a également conduit plusieurs études de surveillance des expositions sur la population générale (étude de l’alimentation totale en 2011) ou sur des groupes particuliers de consommateurs plus exposés, comme les forts consommateurs de produits de la mer (étude CALIPSO., 2004).

Cet état des lieux a permis d'apporter les bases scientifiques indispensables pour progresser dans l'évaluation du risque lié à ces substances. Grâce à ces avis, l’Anses a pu éclairer les décisions des autorités publiques pour les aider à encore mieux protéger l'ensemble de la population et plus particulièrement les populations à risque (femmes en âge de procréer, allaitantes, enfants de moins de 3 ans et consommateurs réguliers d'aliments fortement contaminés par exemple en lien avec une source locale d'émission) au regard du risque PCB aux niveaux national et européen.

Appui à la gestion du risque PCB dans les poissons d'eau douce

En février 2008, le Ministère chargé de l'Ecologie, en partenariat avec les Ministères chargés de la Santé et de l'Agriculture, ont lancé un plan national d'actions sur les PCB. Ce plan fait suite à la mise en évidence, dans plusieurs cours d'eau en France, de niveaux de contamination élevés dans les sédiments et les poissons. A cette occasion, l'Anses a encore renforcé sa contribution à l'évaluation de l'exposition et des risques liés aux PCB en s'impliquant dans deux actions du plan :

  • la mise en œuvre d'un plan national d'échantillonnage des milieux aquatiques et l'interprétation des niveaux de contamination des poissons,
  • la coordination d'une étude sur l'imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons d'eau douce.

 

Dans ce cadre, l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) était chargé de réaliser un plan d'échantillonnage des poissons de rivière afin de fournir une cartographie de la contamination des poissons. L'Anses a travaillé en lien avec l’Onema pour lui proposer une méthodologie de mise en œuvre du plan d'échantillonnage. 

A partir des données générées dans ce cadre, l’Agence a émis, depuis 2009, une vingtaine d’avis fournissant à l’Etat l'interprétation sanitaire des analyses effectuées, des informations indispensables pour la gestion du risque lié aux PCBs sur l'ensemble des bassins hydrographiques au niveau national.

Grâce à ces avis, il a ainsi été possible pour les autorités sanitaires de définir les zones où la consommation de poissons pêchés doit être interdite (zones où toutes les espèces de poissons sont contaminées avec un dépassement des limites maximales réglementaires) ou au contraire celles où la pêche peut être autorisée car il n'y a pas de risque sanitaire (zones où aucune espèce de poissons ne dépasse les limites réglementaires).

Dans les zones intermédiaires pour lesquelles une partie seulement des espèces de poissons est contaminée, des restrictions temporaires de consommation ont été mises en place pour permettre des analyses complémentaires et l'identification des espèces de poissons qui demeurent propres à la consommation.

Finalement, et toujours dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB, l'Agence a été chargée de réaliser une étude sur l'exposition et l'imprégnation aux PCB des consommateurs adultes de poissons de rivière, principalement les pêcheurs et les membres de leurs familles. Cette étude, menée en collaboration avec l'Institut de veille sanitaire (InVS), visait à étudier l'imprégnation, c'est-à-dire les teneurs sanguines en PCB, des consommateurs et des non consommateurs de poissons de rivière dans des secteurs plus ou moins contaminés par les PCB. Son objectif était également de décrire la consommation des poissons d'eau douce, d'identifier les principaux déterminants de l'imprégnation aux PCB et d'aider à définir des fréquences de consommation de poissons fortement bio-accumulateurs de PCB sans risque pour l'homme sur le long terme.