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marianne anses

PestiRiv : une étude sur l’exposition aux pesticides des personnes vivant en zone viticole

A partir du mois d’octobre 2021, l’Anses et Santé publique France lancent PestiRiv : une étude pour mieux connaître et comprendre l’exposition aux pesticides des personnes vivant près de cultures viticoles. Menée en France métropolitaine, cette étude consiste en des mesures dans les urines et les cheveux chez 3 350 participants répartis dans 6 régions couplées à des mesures dans l’air, les poussières et les fruits et légumes du jardin. L’alimentation, l’activité professionnelle et les usages domestiques seront aussi documentés. Les résultats permettront d’identifier les sources qui contribuent le plus à l’exposition aux pesticides et de renforcer les mesures de prévention.

En France, la viticulture fait partie des cultures les plus traitées avec des produits phytopharmaceutiques et est particulièrement intriquée avec les habitations. Or, peu de données sont disponibles sur l’exposition réelle des personnes vivant près de cultures, en particulier viticoles. L’étude PestiRiv permettra pour la première fois de mesurer l’exposition aux pesticides en zones viticoles et non viticoles.

Quels sont les objectifs de PestiRiv ?

Le principal objectif est de savoir s’il existe une différence entre l’exposition aux pesticides des personnes vivant près de vignes et de celles vivant loin de toute culture.

L’étude répond également à d’autres objectifs complémentaires :

  • mieux connaître les sources d’exposition aux pesticides ;
  • étudier l’effet de la distance du domicile aux vignes sur l’exposition ;
  • étudier les liens entre les différentes voies d’exposition et leurs associations avec les niveaux d’imprégnation ;
  • décrire la variation de l’exposition au cours de l’année.

En quoi consiste PestiRiv ?

L’étude est réalisée auprès de 3 350 participants tirés au sort, des adultes de 18 à 79 ans et des enfants de plus de 3 ans vivant dans :

  • des zones viticoles : à moins de 500 mètres de vignes et à plus de 1 000 mètres d’autres cultures ;
  • des zones éloignées de toute culture : plus de 1 000 mètres de toute culture.

Les participants seront répartis dans plus de 250 zones d’études, représentant des situations locales contrastées, dans six régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur.

L’étude PestiRiv porte sur 2 périodes de l’année :

  • d’octobre 2021 à février 2022, lorsque les traitements des vignes avec des produits phytopharmaceutiques sont les moins fréquents ;
  • de mars à août 2022 lorsque les traitements sont les plus fréquents.  

Une étude testée au préalable

La première phase de l’étude PestiRiv a été menée par Santé publique France et l’Anses dans quatre communes des régions Grand Est et Nouvelle-Aquitaine. L’objectif était de s’assurer de l’implication des participants et d’ajuster le protocole si nécessaire en testant la méthodologie et l’adhésion des riverains et des parties prenantes, en identifiant les motifs de refus et les attentes des personnes sollicitées. Chez les 72 foyers qui y ont participé, du 28 octobre au 21 décembre 2019, ont été constatés :

  • Un suivi consciencieux du protocole par les participants, y compris les enfants ;
  • Une bonne compréhension des questionnaires, même si certains ont depuis été adaptés et simplifiés ;
  • Des participants en général fortement mobilisés car vivant très près des vignes, étant viticulteur ou famille de viticulteur ou ayant connaissance de problèmes de santé dans leur entourage.

Cette première phase de l’étude PestiRiv a permis de mieux comprendre les attentes des participants et d’ajuster le protocole de l’étude afin d’améliorer son déroulement à l’échelle nationale.

Quelles informations vont être recueillies ?

L’exposition aux pesticides sera mesurée à la fois chez l’Homme et dans l’environnement avec :

  • Des recueils d’échantillons d’urines et de cheveux pour mesurer les pesticides présents dans l’organisme des participants ;
  • Des recueils de poussières, d’air à l’intérieur du logement, ou encore de fruits et légumes du jardin de certains participants ;
  • Des mesures de pesticides dans l’air extérieur menées dans certaines zones viticoles et d’autres éloignées de toute culture.

Ces mesures seront accompagnées :

  • De questionnaires adressés aux participants permettant d’identifier les sources pouvant contribuer à leur exposition aux pesticides ;
  • D’une description des conditions météorologiques et topographiques pouvant influencer la dispersion des produits phytopharmaceutiques dans l’environnement ;
  • D’une analyse du contexte agricole des zones d’étude, par exemple la probabilité de traitements des vignes ;
  • D’une exploitation des données de surveillance nationale de l’eau pour connaître localement la contribution de cette source à l’exposition des consommateurs.

Ces mesures concerneront une cinquantaine de substances particulièrement utilisées en viticulture, vendues en quantités importantes et les plus toxiques et persistantes dans l’environnement.

Les mesures dans l’environnement seront réalisées en collaboration avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l’Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), Atmo France et les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA).

A quoi vont servir les résultats ?

PestiRiv permettra d’identifier les sources qui contribuent le plus à l’exposition aux pesticides et d’identifier l’influence que peuvent avoir la distance aux vignes, la saison ou encore les habitudes et les comportements des individus sur cette exposition. Mieux comprendre l’origine de ces expositions permettra d’identifier les moyens de les limiter et d’éviter en conséquence les effets potentiels de ces produits sur la santé. Cette étude s’inscrit dans une série de travaux scientifiques soutenus par l’Anses et par Santé publique France, qui visent à améliorer les connaissances sur les pesticides et leurs effets réels sur la santé.

L’étude PestiRiv est inscrite dans le plan Ecophyto 2+. Elle est financée majoritairement par la mobilisation des crédits Ecophyto et par Santé publique France et l’Anses.

L’Anses finance cette étude à travers des financements du dispositif de phytopharmacovigilance qu’elle pilote.