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Mis à jour le 22/09/2020

Contamination de l’air par les pesticides

Contamination de l’air par les pesticides

Mots-clés : Pesticides, Air intérieur, Air extérieur (ambiant)

La contamination de l’air par les pesticides est une des composantes de la pollution atmosphérique. Elle reste toutefois moins documentée que la contamination de l’eau ou de l’alimentation par ces mêmes substances. A ce jour, il n’existe ni plan de surveillance national, ni valeur réglementaire sur la contamination par les pesticides dans les différents milieux aériens (air extérieur et air intérieur). L’amélioration de la qualité de l’air constituant un enjeu majeur de santé publique, un plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) constitue la feuille de route pour l’améliorer grâce à une cinquantaine d’actions. Parmi celles-ci, l’Anses a mené, aux côtés de l’Ineris et du réseau des AASQA, la campagne nationale exploratoire des pesticides (CNEP) dans l’air extérieur en vue d’établir une surveillance pérenne et ciblée au niveau national.

Définir une surveillance nationale des pesticides dans l’air constitue une nécessité

La contamination de l’air par les pesticides, composante de la pollution atmosphérique, demeure moins documentée que la contamination par les pesticides d’autres milieux (eau, alimentation…). Ainsi, il n’existe pas à ce jour ni plan de surveillance national, ni valeur réglementaire sur la contamination de l’air extérieur et intérieur par les pesticides.

Concernant l’air intérieur des habitations ou des bâtiments publics, seules quelques initiatives, notamment dans le cadre de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI), ont permis de mettre en évidence la présence de quelques substances dans ce milieu.

Pour l’air extérieur, depuis le début des années 2000, les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) réalisent des mesures régionales de pesticides. Elles ont ainsi recueilli plus de 450 000 données disponibles dans la base PhytAtmo. En tant que partenaires du dispositif phytopharmacovigilance (PPV), elles transmettent également l’ensemble de ces données à l’Anses depuis 2015.

La mise en place d’une surveillance à l’échelle nationale des pesticides dans l’air extérieur constitue donc une priorité définie dans le cadre du plan d’action gouvernemental sur les produits phytopharmaceutiques et du plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) 2017-2021. Ce dernier fixe des objectifs de caractérisation de la présence de pesticides dans l’air.

Dans un rapport d’expertise publié en 2017, l’Anses a formulé des recommandations sur la conduite et les modalités de mise en œuvre d’une campagne exploratoire en vue d’établir une surveillance pérenne des pesticides dans l’air au niveau national.

La CNEP : un préalable indispensable à la définition d’une surveillance nationale

Cette campagne nationale exploratoire des pesticides (CNEP) dans l’air extérieur a été menée conjointement par l’Anses, l’Ineris et le réseau des AASQA. Elle a permis de mesurer, sur 12 mois et selon un protocole pour la première fois harmonisé, 75 substances sur 50 sites visant à représenter tant le milieu rural qu’urbain. En un an, ce sont plus de 112 000 données qui ont été collectées et 1 300 échantillons qui ont été analysés pour chaque substance. Par son étendue et sa durée, elle constitue une première à l’échelle nationale comme à l’échelle européenne.

La CNEP a permis d’obtenir une photographie des substances présentes dans l’air extérieur et de leurs niveaux de concentration. En complément des données collectées par les AASQA, cet état des lieux pourrait venir alimenter les données recueillies dans le cadre d’études spécifiques visant à évaluer l’exposition des populations vivant à proximité des zones d’émissions notamment (PestiRiv par exemple lancée fin 2019 conjointement par l’Anses et Santé publique France et dont les résultats sont attendus fin 2023).

Parmi les 75 substances ciblées, des données ont pu être collectées pour 12 substances non renseignées dans la base PhytAtmo, dont le glyphosate, le fluopyram et le pentachlorophénol. Sur les 75 substances recherchées, 70 substances ont été détectées au moins une fois au cours de la campagne. 5 substances n’ont jamais été détectées : il s’agit du carbétamide, de la chlordécone, de la dieldrine, de l’oryzalin et du tébuthiuron.

Parmi les 57 substances quantifiées au cours de la CNEP, certaines substances sont pourtant interdites, à l’image du lindane. Un nombre plus important de substances a été quantifié en Métropole (56 substances) que dans les DROM (19 substances), traduisant les différences de variétés d’usages entre ces territoires. Les substances fréquemment quantifiées sont globalement similaires en Métropole et dans les DROM et correspondent aux 9 substances suivantes : le chlorothalonil, le chlorpyriphos-méthyl, le folpel, le glyphosate, le lindane, la pendiméthaline, le prosulfocarbe, le S-métolachlore et le triallate.

En Métropole, 8 substances – parmi lesquelles le chlorothalonil, le chlorpyriphos-méthyl, la fenpropidine, le folpel, la pendiméthaline, le prosulfocarbe, le pyriméthanil et le triallate – présentent des concentrations moyennes annuelles supérieures à 0,1 nanogramme par mètrecube d’air. De toutes les substances mesurées en Métropole, le folpel et le prosulfocarbe se distinguent des autres substances avec des niveaux de concentration nettement supérieurs, et une moyenne annuelle respectivement d’environ 1 et 2,6 nanogrammes par mètrecube d’air.

Des variations temporelles de concentrations, cohérentes avec les périodes de traitements connues, ont pu être observées et selon les différents profils agricoles (grandes cultures, viticulture, arboriculture). En revanche, la campagne de mesure ne met pas en évidence de différences significatives dans les niveaux de concentration des substances d’une zone d’habitation à l’autre (« rural », « péri-urbain » et « urbain »).

Sur la base des résultats de la CNEP, l’Agence a effectué un premier travail d’interprétation sanitaire sur les 70 substances effectivement retrouvées dans l’air extérieur. Cette analyse a permis de cibler 32 substances nécessitant un examen approfondi, ce dernier devant permettre, à terme, de contribuer à la définition d’une surveillance nationale des pesticides dans l’air.

Le saviez-vous ?

Le terme « pesticides » recouvre une large variété de produits, pour des usages en protection des plantes (produits phytopharmaceutiques), pour des usages à fin d’élimination de nuisibles (certains produits biocides), ou de parasites (des médicaments antiparasitaires vétérinaires et humains).