L’influenza porcin, une problématique pour les élevages et la santé humaine

La grippe du porc ou influenza porcin est une maladie respiratoire virale fréquente chez les porcs. Si elle est généralement bénigne pour les animaux, elle peut entraîner des problèmes sanitaires et des pertes économiques importantes si elle est exacerbée ou se répète au sein d’un élevage. Elle représente également un enjeu de santé publique, en raison de son potentiel de transmission à l’être humain. L’Anses mène des travaux pour mieux comprendre cette maladie, mieux la surveiller et prévenir les risques de transmission à l’être humain.

Qu’est-ce que l’influenza porcin ? 

La grippe du porc ou influenza porcin est une maladie respiratoire virale hautement contagieuse. Très fréquente, elle touche des porcs de tous âges dans tous types d’élevages.  

Elle est causée par des virus influenza de type A. Comme tous les virus grippaux, ceux responsables de la grippe chez le porc sont en constante évolution. Globalement, les virus circulant dans la population porcine appartiennent à trois sous-types, H1N1, H3N2 et H1N2. Mais de nombreuses lignées génétiques (ou génotypes) se distinguent au sein de chacun de ces sous-types.

Le virus de l’influenza porcin peut avoir un impact économique et sanitaire important pour la filière porcine et toucher l’être humain. 

Quels sont les signes cliniques chez le porc ? 

Une grippe d’intensité normale se manifeste par des signes cliniques modérés, associant de l’hyperthermie, de l’apathie et des signes respiratoires peu intenses. La mortalité est faible et les animaux se rétablissent d’ordinaire en cinq à sept jours. Certaines infections peuvent passer inaperçues, n’entraînant pas de syndrome grippal aisément identifiable.

Cependant, la sévérité de la maladie peut varier en fonction de la souche virale impliquée, de l’âge des animaux et de leur statut immunitaire. Une grippe d’intensité élevée est caractérisée par des manifestations cliniques marquées, affectant une large proportion d’animaux et pouvant conduire à la mort. Des infections concomitantes par d’autres pathogènes affectant le système respiratoire peuvent entraîner des complications. 

Par ailleurs, une forme récurrente de la maladie est régulièrement décrite dans certains élevages. Ces épisodes grippaux répétés conduisent à une déstabilisation des élevages infectés et pourraient favoriser les co-infections par plusieurs souches de virus influenza.

Pourquoi la circulation de virus influenza chez le porc représente un risque pour l’être humain ? 

Les virus de l’influenza porcin sont zoonotiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent infecter l’être humain. Les symptômes sont le plus souvent similaires à ceux de la grippe saisonnière humaine. Dans la plupart des cas, le virus n’a pas la capacité de se transmettre entre humains.

Le porc peut être infecté par des virus influenza porcins mais également par des virus influenza humains ou aviaires. Il peut donc devenir un hôte intermédiaire dans la transmission de virus influenza aviaires à l’être humain. De plus, lorsqu’un porc est infecté par plusieurs virus grippaux en même temps, leurs gènes peuvent se combiner, ce qui peut aboutir à des virus « réassortants », qui possèdent des gènes issus de virus d’origines différentes. Certains de ces virus peuvent ensuite être capables d’infecter l’être humain. 

Ainsi, le virus H1N1pdm09, qui a provoqué une pandémie chez l’être humain en 2009, était issu d’un réassortiment de plusieurs virus de l’influenza porcin. Ce virus s’est ensuite répandu dans de nombreuses populations porcines à travers le monde et a été à l’origine de l’émergence d’autres virus réassortants. Certains ont été responsables de cas d’infection humaine.

Comment se transmet le virus chez les porcs ? 

Les virus sont excrétés dans les sécrétions oro-nasales. La transmission au sein d’un troupeau se fait principalement par l’air. La maladie est souvent transmise entre élevages via le déplacement de porcs issus de troupeaux infectés, mais des transmissions inter-élevages par la voie aérienne, notamment dans les zones de forte densité d’élevages, ne peuvent être exclues.

Quelles sont les mesures pour limiter les transmissions ? 

La connaissance des souches du virus en circulation est un préalable indispensable pour la prévention et le contrôle de la maladie chez les porcs, ainsi que pour l'évaluation des risques zoonotiques. Les mesures de biosécurité sont destinées à limiter, d’une part l’introduction des virus influenza dans les élevages (dont les virus humains) et d’autre part, la transmission de l’influenza porcin à l’être humain et à d’autres espèces animales. 

Ces mesures comprennent par exemple :

  • la gestion des flux d’air entrants et sortants dans les élevages,
  • la mise en place de systèmes de filtration d’air efficaces vis-à-vis des virus,
  • le port d’équipements de protection individuelle appropriés pour les personnes travaillant dans les élevages. 

La prévention inclut également la vaccination contre la grippe, à la fois chez l’animal et chez l’être humain. La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée pour les personnes travaillant au contact des animaux, afin de réduire les risques d’émergence de virus réassortants.

Que fait l’Anses sur l’influenza porcin ?

Laboratoire national de référence 

Le laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort de l’Anses est laboratoire national de référence (LNR) pour l’influenza porcin depuis août 2009. Il développe et contrôle des outils de diagnostic pour détecter et identifier les virus influenza de type A qui circulent chez le porc. Le LNR anime le réseau de laboratoires vétérinaires agréés pour le diagnostic moléculaire de ces infections. 

Surveillance du virus de l’influenza porcin

Le laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort joue un rôle central dans la surveillance des virus influenza porcins dans les élevages. Il fait partie du réseau national Résavip, qui depuis 2011 suit la diversité génétique et la répartition des virus influenza A chez le porc en France métropolitaine. Des travaux spécifiques peuvent par ailleurs concerner les infections à virus influenza de type D, moins fréquentes chez le porc. Des enquêtes ponctuelles sont également menées sur les sangliers sauvages.

Activités de recherche

Les recherches menées par l’Anses sur l’influenza porcin visent plusieurs objectifs :

  • Suivre l’évolution des virus influenza porcins

L’Agence analyse les caractéristiques liées au pouvoir pathogène des virus et celles qui pourraient faciliter leur transmission à d’autres espèces, notamment l’être humain. Ces connaissances permettent d’informer les autorités françaises de toute nouvelle émergence à risque.

  • Étudier la transmission et la pathogénicité des virus influenza chez les porcs

L’Agence étudie les facteurs associés aux différentes formes épidémiologiques de l’influenza chez les porcs, ainsi que les modalités de transmission dans les élevages. 

  • Étudier le rôle des virus influenza dans les syndromes respiratoires chez le porc

L’influenza porcin est parfois associé à des infections par d’autres agents pathogènes du système respiratoire, qui peuvent entraîner des complications. Des études sont menées sur les mécanismes sous-jacents aux synergies ou au contraire aux interférences entre ces pathogènes. 

Participation à des réseaux nationaux, européens et internationaux

Les travaux de recherche sur les virus influenza porcins de l’Anses sont partagés au sein du groupement de recherche RésaFLU, qui fédère les équipes françaises travaillant sur les grippes humaines et animales. 

Au niveau européen, l’Anses participe au réseau ESFLU  (European Swine Influenza Network), qui soutient la surveillance et propose des actions pour le contrôle des virus influenza porcins. 

L’Anses est également impliquée dans le réseau d’expertise international OFFLU, dédié aux virus influenza animaux. Ce réseau permet d’échanger sur la circulation des virus à l’échelle mondiale. Les données échangées fournissent des informations à l’OMS pour détecter d’éventuels virus à risque pandémique et sélectionner des souches pour le développement de nouveaux vaccins pour l’être humain.

Aller plus loin 

https://www.anses.fr/fr/content/dossier/zoonoses-comprendre-les-maladies-transmissibles-de-l-animal-a-l-homme 

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Voir la fiche "Influenza porcin" (grippe du porc)

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