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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 07/08/2018

Iode

Fonctions, sources alimentaires, et besoins nutritionnels

Mots-clés : Nutrition, Minéraux, Iode, Sel, Poissons, Coquillages

L'iode est un oligo-élément impliqué dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. Découvrez son importance pour l’organisme, les besoins de la population et les aliments en contenant.

Définition, fonctions et rôles 

L'iode est un oligo-élément impliqué dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. La sécrétion de ces hormones commence dès le début de la vie du fœtus et participe aux fonctions vitales de l'organisme, notamment au développement neurologique du fœtus et du nouveau-né. 

Les besoins en iode sont variables selon l'âge, le sexe, les situations physiologiques. L'apport en iode est particulièrement déterminant chez la femme enceinte et pour son enfant à naître, ainsi qu'en période d'allaitement.

 

Composition des aliments en iode

Dans le cadre d'une mesure de santé publique, le sel de table est utilisé en France comme vecteur d'enrichissement en iode (1860 µg/100g contre 1,8 µg/100g pour du sel non iodé). 

Outre le sel enrichi, les aliments les plus riches en iode sont principalement les produits d'origine marine : poissons, crustacés, mollusques qui en contiennent jusqu’à 400 µg/100 g.

Les algues sont également des sources d’iode mais elles présentent des concentrations en iode très variables.

Les œufs, produits laitiers et céréaliers représentent aussi des aliments vecteurs d’iode.

 

 

Références nutritionnelles pour la population

Les références nutritionnelles pour la population (RNP) pour l'iode évoluent en fonction de l'âge et ne font pas état de besoins spécifiques pour les femmes. La grossesse s'accompagne d'un besoin supplémentaire en iode qui perdure lorsque l'allaitement maternel est pratiqué (passant de 150 à 200µg/j). 

La référence nutritionnelle chez les enfants de 1-3 ans est de 80 µg/j, chez les enfants de 4-6 ans de 90 µg/j, chez les enfants de 7-9 ans de 120 µg/j et de 150 µg/j à partir de 10 ans.

D’autre part, une valeur limite supérieure de sécurité pour l’iode de 600 µg par jour pour l’adulte a été établie par l’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) et adaptée pour chaque tranche d’âge des populations.  

Par ailleurs, la réglementation française (arrêté du 9 mai 2006) a fixé la dose journalière maximale d’iode à 150 µg dans les compléments alimentaires. 

 

Niveaux et sources d’apport

D’après l’étude INCA 2 (étude individuelle nationale des consommations alimentaires) menée par l’Anses, les apports moyens en iode se situent à 126 µg/j chez les adultes et 106 µg/j chez les enfants.

Selon les résultats de l’étude INCA 3, les produits à base de viandes, de poissons ou d’œufs contribuent à 22 % des apports en iode chez les adultes (dont 9,2 % pour les poissons). Les produits laitiers contribuent également de façon importante aux apports en iode à hauteur de 20 %. Les autres aliments qui contribuent aux apports en iode de la population sont les fruits et légumes (12 % dont 6,9 % pour les soupes et les bouillons), les produits céréaliers (12 % dont 6,4 % pour les pains et les produits de panification sèche), les boissons chaudes (7,7 %) et les condiments, herbes, épices et sauces (6,8 %).

 

Risques liés à l’insuffisance ou l’excès d’apport

Un apport excessif et régulier en iode peut entraîner des dysfonctionnements de la thyroïde mais également certains effets indésirables, notamment au niveau cardiaque ou rénal.

A l’inverse, la carence en iode peut être à l'origine d'anomalies mentales et de troubles psychomoteurs. En effet, l’insuffisance d’apport en iode peut conduire au développement d’un goitre (augmentation du volume de la glande thyroïde) mais aussi à des altérations sévères ou retardées du développement psycho-neuro-intellectuel de l’enfant. Même une carence légère en iode avant la grossesse (iodurie < 100 µg/L) peut induire des effets délétères sur le développement de la thyroïde du fœtus et affecter de façon irréversible son développement neurologique.

Les études effectuées en France depuis 1985 montrent que les besoins en iode des enfants sont couverts, voire dépassés chez les plus jeunes, forts consommateurs de lait. De nombreuses enquêtes européennes soulignent néanmoins une insuffisance d'apport dans une large partie de la population âgée de plus de 10 ans. Selon l’étude INCA 2, 43% des femmes en âge de procréer ont un apport en iode insuffisant.

 

Impact nutritionnel de l’introduction de composés iodés dans les produits agroalimentaires

Afin d'augmenter l'apport quotidien, un enrichissement universel en iode des sels de table a été recommandé par les autorités internationales et sanitaires (OMS, UNICEF). L'iodation du sel contribue à améliorer le statut en iode de la population, mais doit également être cohérente avec les recommandations nutritionnelles visant à diminuer les apports en sel ajoutés par le consommateur via la salière domestique et provenant des produits agroalimentaires.

En France, l’iodation du sel est actuellement volontaire et non obligatoire et seul le sel de table peut être iodé. Dans son rapport publié en 2005, l’Agence émet des réserves à une utilisation systématique de sel iodé dans les produits alimentaires transformés car elle exposerait la population à des risques de dépassement des limites de sécurité établies pour l'iode (en particulier chez les jeunes enfants). A ce jour, cet enrichissement n’est pas autorisé.

Dans les conclusions de son rapport, l’Anses identifie les moyens les plus adéquats pour pallier l’insuffisance d’apport en iode d'une partie de la population, notamment l'enrichissement de quelques aliments consommés par les personnes âgées de 10 ans et plus. Afin de s'assurer que les forts consommateurs, notamment les jeunes enfants, ne dépassent pas les limites de sécurité en iode, l'Agence a précisé que toute proposition d'un nouvel aliment vecteur d'iode en vue d'améliorer les apports en iode de la population générale ne pourra s'appliquer qu'après une réduction préalable de 15 à 20 % des concentrations en iode dans les produits laitiers. Cette recommandation est liée au fait que les laits produits en hiver ont une teneur en iode environ 20% supérieure à celle des laits produits en été. 

Considérant cette condition préalable, l'Agence a recommandé que, les aliments retenus pour être enrichis en iode soient les produits de panification (pains, biscottes, viennoiseries) à raison de 20 µg d'iode/100 g. Ces produits de consommation courante sont des vecteurs d'enrichissement adéquats que ce soit en termes technologiques ou d’acceptabilité par les consommateurs. Un tel enrichissement permettrait une diminution moyenne de 50% de la proportion des adultes ayant des apports très faibles.

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