Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

L'article a été ajouté à votre bibliothèque

Mis à jour le 11/05/2016

Iode

Fonctions, sources alimentaires, et besoins nutritionnels

Mots-clés : Nutrition, Minéraux, Iode, Sel, Poissons, Coquillages

L'iode est un oligo-élément impliqué dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. Découvrez son importance pour l’organisme, les besoins de la population et les aliments en contenant.

Définition, fonctions et rôles 

L'iode est un oligo-élément impliqué dans la synthèse des hormones thyroïdiennes. La sécrétion de ces hormones commence dès le début de la vie du fœtus et participe aux fonctions vitales de l'organisme, notamment au développement et à la croissance du cerveau chez le fœtus et le nouveau-né. 

Les besoins en iode sont variables selon l'âge, le sexe, les situations physiologiques. L'apport en iode est particulièrement déterminant chez la femme enceinte et pour son enfant à naître, ainsi qu'en période d'allaitement.

Composition des aliments en iode

Dans le cadre d'une mesure de santé publique, le sel de table est utilisé en France comme vecteur d'enrichissement en iode (1860 µg/100g contre 1,8 µg/100g pour du sel non iodé). 

Outre le sel enrichi, les aliments les plus riches en iode sont principalement les produits d'origine marine : poissons, crustacés, mollusques qui en contiennent jusqu’à 400 µg/100 g.

Les algues sont également riches en iode mais sont peu consommées en Europe.

Ensuite, les œufs, produits laitiers et céréaliers contiennent également de l’iode. 

 

Apports Nutritionnels Conseillés (ANC)

Les apports nutritionnels conseillés (ANC) pour l'iode évoluent en fonction de l'âge et ne font pas état de besoins spécifiques pour les femmes. La grossesse s'accompagne d'un besoin supplémentaire en iode qui perdure lorsque l'allaitement maternel est pratiqué (L’ANC est de 200 µg/j). 

Les ANC chez les enfants de 1-3 ans sont de 80 µg/j, chez les enfants de 4-6 ans de 90 µg/j, chez les enfants de 7-9 ans et 120 µg/j et à partir de 10 ans les ANC sont de 150 µg/j. 

Niveaux et sources d’apport

D’après l’étude INCA2, les apports moyens en iode se situent à 126 µg/j chez les adultes et 106 µg/j chez les enfants.

Le lait et les produits laitiers sont les aliments qui contribuent le plus à l'apport total en iode de la population en raison de leur consommation élevée (26% chez les adultes et 34% chez les enfants). Les poissons et crustacés contribuent également de façon importante aux apports en iode : 13,3% des apports pour les  adultes  et 9,8% des apports pour les enfants. 

Risque de déficience et d’excès d’apport

La carence en iode peut être à l'origine d'anomalies mentales et de troubles psychomoteurs, mais elle est rare dans nos pays industrialisés.

Les études effectuées en France depuis 1985 montrent que les besoins en iode des enfants sont couverts, voire dépassés chez les plus jeunes, forts consommateurs de lait. De nombreuses enquêtes européennes soulignent néanmoins une insuffisance d'apport dans une large partie de la population âgée de plus de 10 ans. La population adulte, notamment les femmes, est ainsi exposée à un léger risque de déficit. 

Afin d'augmenter l'apport quotidien, un enrichissement universel en iode des sels de table et de cuisson a été recommandé par les autorités internationales et sanitaires (OMS, UNICEF). L'iodation du sel contribue à améliorer le statut en iode de la population, mais doit également être cohérente avec les recommandations nutritionnelles visant à diminuer les apports en sel ajoutés par le consommateur via la salière domestique et provenant des produits agroalimentaires.

En France, l’iodation du sel est actuellement volontaire et non obligatoire et seuls le sel de table et le sel de cuisine peuvent être iodés. Les industries alimentaires ne sont pas autorisées à en utiliser contrairement aux établissements de restauration collective. 

Dans son rapport publié en 2005, l’Agence émet des réserves à une utilisation systématique de sel iodé dans les produits alimentaires transformés car elle exposerait la population à des risques de dépassement des limites de sécurité établies pour l'iode (en particulier chez les jeunes enfants).

Dans les conclusions de ce rapport, elle identifie les moyens les plus adéquats pour pallier la déficience en iode d'une partie de la population, notamment l'enrichissement de quelques aliments, consommés par les personnes âgées de 10 ans et plus.

Afin de s'assurer que les forts consommateurs, notamment les jeunes enfants, ne dépassent pas les limites de sécurité en iode, l'Agence a précisé que toute proposition d'un nouvel aliment vecteur d'iode en vue d'améliorer les apports en iode de la population générale ne pourra s'appliquer qu'après une réduction préalable de 15 à 20 % des concentrations en iode dans les produits laitiers. Cette recommandation est liée au fait que les laits produits en hiver ont une teneur en iode environ 20% supérieure à celle des laits produits en été. 

Considérant cette condition préalable, l'Agence a recommandé que, les aliments retenus pour être enrichis en iode soient les produits de panification (pains, biscottes, viennoiseries) à raison de 20 µg d'iode/100 g. Ces produits de consommation courante sont des vecteurs d'enrichissement adéquats que ce soit en termes organoleptiques (acceptabilité par les consommateurs) ou technologiques (faisabilité pour les acteurs économiques). Un tel enrichissement permettrait une diminution moyenne de 50% de la proportion des adultes ayant des apports très faibles.

En savoir plus