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marianne anses

La présence d’un champignon destructeur de bananiers surveillée de près à Mayotte

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Actualité du 22/01/2021

Détecté pour la première fois à Mayotte fin 2019, le champignon phytopathogène Fusarium oxysporum f. sp. cubense Tropical Race 4 (Foc TR4) représente une menace importante pour les cultures de bananiers. En décembre dernier, onze nouveaux cas suspects ont fait craindre l’apparition de nouveaux foyers de l’agent pathogène dans l’île. Les analyses effectuées par l’Anses pour ces nouveaux cas se sont révélées cette fois-ci négatives, mais cette fausse alerte démontre la nécessité de rester vigilant pour empêcher sa propagation.

Fusarium oxysporum f. sp. cubense est responsable de la fusariose du bananier, aussi appelée maladie de Panama. Le champignon ne contamine pas les fruits, mais provoque un flétrissement de la plante et le jaunissement des feuilles, conduisant à la mort du plant infecté. Il n’existe à l’heure actuelle pas de traitement contre ce champignon qui se propage facilement par la plantation de plants infectés asymptomatiques ou par des objets en contact avec du sol contaminé, comme des engins agricoles ou des bottes. Le seul moyen de lutte efficace est la destruction des plants infectés et l’interdiction de l’accès aux zones contaminées. On distingue plusieurs races de ce champignon, qui peuvent attaquer différentes variétés de bananiers. La race tropicale 4 (TR4) est la seule capable d’infecter la variété de bananier Cavendish, la plus cultivée dans le monde. Apparue au début des années 2000 en Australie et en Asie du Sud-Est, elle s’est depuis étendue dans plusieurs pays aux climats tropical ou subtropical.

Identification des premiers cas à Mayotte

L’unité de Mycologie du Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses a été sollicitée une première fois en septembre 2019, après la découverte d’un bananier à Mayotte présentant les symptômes d’une infection par Fusarium oxysporum. Il s’agissait de la première contamination par la race tropicale 4 dans l’île. Celle-ci a été confirmée officiellement par trois tests successifs : un test moléculaire par PCR, selon une méthode développée par l’équipe de l’Anses, un test de compatibilité végétative, qui a permis de vérifier que le champignon prélevé était spécifiquement compatible avec des souches de la race tropicale 4, et un test de pathogénicité, qui a confirmé qu’il était capable de s’attaquer au bananier Cavendish. Ces travaux ont été menés en collaboration avec l’université de Stellenbosch, en Afrique du Sud. Ils ont fait l’objet d’une publication dans la revue Plant Disease en novembre dernier. Une recherche intensive d’autres bananiers contaminés a été menée sur l’île. Trois autres cas d’infections par la TR4 ont ainsi été détectés et les plantes concernées ont été détruites. 

Une menace à l’échelle mondiale

Après une période pendant laquelle aucun autre cas n’a été reporté, onze nouveaux prélèvements ont été envoyés à l’Anses en décembre dernier. D’après les analyses PCR réalisées, il ne s’agirait cette fois pas de la TR4. Les tests réalisés ne permettent pas de connaître les causes des symptômes observés. Pour le moment, aucun cas d’infection par Foc TR4 n’a été rapporté dans les autres départements français d’outre-mer, mais le champignon progresse à l’échelle du globe, et a atteint l’Amérique du Sud, avec une première identification en Colombie en 2019. Sa propagation constitue une menace pour la production de bananes destinée à l’exportation mais aussi pour les populations locales d’Asie et d’Afrique, pour lesquelles ce fruit, ainsi que la banane plantain, également touchée par la TR4, constituent l’alimentation de base.