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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 16/10/2020

Les Néonicotinoïdes

Mots-clés : Abeilles, Néonicotinoïdes, Produits phytopharmaceutiques, Biocides

Les néonicotinoïdes sont une famille de substances insecticides. L’usage des produits à base de néonicotinoïdes en agriculture a suscité des inquiétudes dans de nombreux pays en raison notamment de leurs effets sur les insectes pollinisateurs. De nouveaux éléments scientifiques ont conduit l’Union européenne à restreindre progressivement les usages de ces substances. Aujourd’hui, deux substances actives de la famille des néonicotinoïdes sont approuvées pour des usages phytopharmaceutiques au niveau européen. En France, depuis 2018, l’utilisation des produits à base des néonicotinoïdes est interdite en agriculture. L’Anses a mené d’importants travaux pour évaluer les effets de ces substances sur les abeilles et s’est particulièrement investie pour renforcer les exigences dans le cadre des autorisations de mise sur le marché.

Pour commercialiser un produit phytopharmaceutique, la ou les substances actives qu’il contient doivent avoir été approuvées au niveau européen. Une substance est approuvée pour une durée moyenne de 10 ans et est réévaluée selon les évolutions des connaissances scientifiques et de la réglementation. Les produits sont ensuite soumis à une demande d’autorisation avant leur mise sur le marché dans chaque Etat-membre. Chaque produit fait l’objet d’une évaluation scientifique selon les critères fixés par la réglementation européenne.

Sommaire :

Que sont les néonicotinoïdes ?

Les néonicotinoïdes sont des substances insecticides qui peuvent être notamment utilisées dans des produits en agriculture. Ce sont des substances dites systémiques, c’est-à-dire qu’elles se diffusent dans toute la plante pour la protéger des ravageurs. Elles peuvent être utilisées en granulés, en traitements de semences ou en pulvérisation. En agriculture, 5 substances sont répertoriées dans la famille des néonicotinoides : la clothianidine, l’imidaclopride, le thiaméthoxame, l’acetamipride et le thiaclopride. Les effets de ces substances sur l’environnement et notamment les auxiliaires de cultures sont aujourd’hui connus ce qui a conduit l’Union européenne à restreindre fortement leurs usages.

 

Le saviez-vous ?

Les néonicotinoides sont également utilisés dans les médicaments vétérinaires comme les traitements contre les puces des animaux de compagnie et les produits biocides tels que les traitements des bâtiments d’élevage ou les appâts contre les nuisibles pour les usages domestiques.

Les néonicotinoïdes en dates

  • 2013 : Sur la base des conclusions de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), un moratoire de la Commission européenne impose des restrictions à l’usage de trois néonicotinoïdes jugés nocifs pour les abeilles dans les cultures prisées de ces insectes : la clothianidine, l’imidaclopride et la thiaméthoxame >> Interdiction du traitement des semences, des sols et des traitements des feuilles pour les cultures attractives pour les abeilles, sauf cultures sous serre, céréales d’hiver et après floraison.
  • 2016 : En France, la loi « Pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » prévoit l’interdiction des produits à base de néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018. Des dérogations pourront être accordées jusqu’au 1er juillet 2020 sur la base d’un bilan établi par l’Anses, qui compare les bénéfices et les risques liés aux usages de ces produits avec ceux de produits de substitution ou de méthodes alternatives.
  • 2017 : L’Anses publie son premier rapport sur les alternatives chimiques et non chimiques des néonicotinoïdes.
  • 2018 : La Commission européenne interdit l’usage des 3 substances clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame au niveau européen, sauf pour les usages sous serre.
  • 2019 : Suite à sa réévaluation, la substance thiaclopride est interdite dans l’Union européenne.

Les demandes de renouvellement des substances clothianidine et thiaméthoxame ne sont pas soutenues.

Actuellement, deux substances sont autorisées au niveau européen : l’imidaclopride uniquement pour les usages sous serre et l’acétamipride.

 

Le saviez-vous ?

La France a également interdit par décret l’usage de deux autres substances présentant un mode d’action identique à ceux de la famille des néonicotinoides : le sulfoxaflor et le flupyradifurone. 

Les travaux de l’Anses

Evaluation de l’impact des néonicotinoïdes sur la santé des abeilles et des Hommes

Depuis de nombreuses années, l’Anses étudie le rôle des co-expositions aux pesticides et aux agents infectieux sur le phénomène de mortalité des abeilles.

Chargée d’évaluer les autorisations de mise sur le marché, l’Agence s’est particulièrement investie pour engager une réévaluation des substances néonicotinoïdes au niveau européen. Elle a émis un certain nombre de recommandations pour faire évoluer la réglementation européenne afin de mieux prendre en compte les impacts de ces substances sur le comportement des abeilles.

Dans un avis de 2016, l’Agence préconisait le renforcement des conditions d’utilisation des produits contenant les substances actives clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride pour tous les usages pour lesquels subsiste une incertitude importante.

En 2016, l’Anses a également réalisé une expertise approfondie sur les effets sur la santé humaine de six substances néonicotinoïdes autorisées dans les produits phytopharmaceutiques, biocides et médicaments vétérinaires (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame et dinotéfurane). Ses travaux ne mettent pas en évidence d’effet nocif pour la santé humaine, dans le respect des conditions d’emploi fixées dans les autorisations de mise sur le marché.

Evaluation des alternatives aux néonicotinoïdes

Entre 2016 et 2018 l’Anses a réalisé une évaluation des alternatives chimiques et non chimiques des produits à base de néonicotinoïdes. Son expertise comporte 3 volets :

1/ Mise au point d’une méthodologie pour identifier ces alternatives et permettre la comparaison de leur efficacité et de leur opérationnalité avec celles des néonicotinoïdes. Cette méthodologie a été appliquée à l’ensemble des usages des néonicotinoïdes.

Dans 6 cas : aucune alternative, qu’elle soit chimique ou non chimique, répondant aux critères d’efficacité et d’opérationnalité fixés, n’a été identifiée.

Dans 89% des cas, les solutions de remplacement aux néonicotinoïdes se fondent sur l’emploi d’autres substances actives, notamment des pyréthrinoïdes.

Dans 39% des cas, les alternatives chimiques reposent sur une même famille de substances actives, ou une seule substance active voire sur un seul produit commercialisé.

Et dans 78% des cas analysés, au moins une solution alternative non chimique existe.

2/ Définition des indicateurs de risque pour l’Homme et l’environnement, y compris les pollinisateurs, concernant les alternatives chimiques. >> L’Anses conclut qu’elle ne peut pas déterminer les substances actives qui présenteraient le profil de risques le moins défavorable par rapport à celui des néonicotinoïdes.

3/ Etude de l’impact de l’interdiction d’utilisation des néonicotinoïdes et de la mise en œuvre des alternatives sur l’activité agricole. >> Cet impact est difficile à anticiper, du fait notamment de la diversité des usages des néonicotinoïdes, et du caractère en partie « assurantiel » de leur usage important en traitement de semences. L’Agence propose toutefois une liste indicative de critères d’évaluation d’impact sur l’activité des filières.

L’Anses a rappelé qu’en ce qui concerne la lutte contre les ravageurs, aucune méthode n’assure à elle seule une efficacité suffisante, une combinaison de méthodes chimiques et non chimiques devra donc être envisagée dans le cadre d’une approche de lutte intégrée. Par ailleurs, elle a recommandé d’accélérer la mise à disposition de méthodes alternatives, efficaces et respectueuses de l’Homme et de l’environnement, pour la protection et la conduite des cultures.