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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Les scientifiques et les doctorants de l’Anses à l’honneur

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Actualité du 12/10/2020

Pour améliorer les connaissances sur les risques sanitaires, l’Anses mène des recherches au sein de ses neuf laboratoires. Un évènement annuel rassemble tous ses scientifiques : les Journées scientifiques et doctorales de l’Anses. Un moment d’échanges, où scientifiques et doctorants peuvent présenter leurs travaux à leurs collègues. Les meilleures présentations des doctorants viennent d’être récompensées. 

 

La recherche à l’Anses

Plus de 370 scientifiques travaillent au sein des laboratoires de l’Anses. Ils œuvrent à la recherche sur la santé animale, la sécurité des aliments, l’hydrologie ou encore la santé des végétaux. Leurs problématiques sont avant tout appliquées : comprendre comment se propagent les maladies dans la faune sauvage et les élevages, développer de nouveaux vaccins en santé animale, éviter la transmission de maladies de l’animal à l’homme par les contacts ou via l’alimentation, développer des méthodes pour caractériser les polluants dans l’environnement, améliorer la connaissance des parasites infectant les végétaux cultivés… Les recherches sont menées au sein de neuf laboratoires répartis dans 16 sites sur tout le territoire national. L’Agence accueille également des doctorants, co-encadrés avec d’autres établissements (universités, écoles vétérinaires ou instituts de recherche) : ils sont environ 80 en cours de thèse, dont une dizaine avec une cotutelle étrangère.

 

Des journées pour échanger

Afin d’encourager les échanges entre scientifiques malgré la diversité des thématiques et des localisations, l’Anses organise depuis plusieurs années des journées consacrées à la recherche. Les Journées scientifiques et doctorales de l’Anses portent sur les six axes stratégiques de l’Agence : la santé animale ; la sécurité sanitaire des aliments ; la santé des végétaux ; l’antibiorésistance ; l’exposition-toxicologie des contaminants chimiques ; l’épidémiologie et la surveillance. Chaque thématique a été abordée lors de demi-journées spécifiques. Au cours de présentations d’une quinzaine de minutes en visioconférence, les scientifiques ont pu exposer à leurs collègues des recherches qui ont fait l’objet de publications notables ces deux dernières années. Les travaux menés dans le cadre d’un appel à projet lancé en interne en 2018 pour favoriser la collaboration entre les équipes ont aussi été mis en lumière. Pendant ces journées, les doctorants ont également présenté leurs sujets de thèse : ceux de seconde année ont réalisé des posters et ceux de troisième année ont fait une présentation orale de trois minutes en anglais.

 

Les présentations de deux doctorantes récompensées

Les agents de l’Anses ont été invités à voter pour les meilleures présentations orales et posters des doctorants. Les votes se sont clôturés le 2 octobre. Plus d’une centaine de votants ont départagé 13 posters et 14 présentations orales. Les lauréates sont Maureen Duflot, doctorante dans le laboratoire de Sécurité des aliments à Boulogne-sur-Mer, pour le poster (30 voix sur 104 votes) et Erika Ornelas-Eusebio, doctorante au sein du laboratoire de Santé animale, à Maisons-Alfort, pour la présentation en 180 secondes (48 voix sur 115). Les lauréates remportent la prise en charge des frais de participation à un colloque scientifique de leur choix, pour une valeur de 500 €.

 

enlightenedPrix du meilleur poster

Maureen Duflot, doctorante au sein du laboratoire de Sécurité des aliments (Boulogne-sur-Mer)

Quel est votre parcours ?

J’ai construit mon parcours autour de la recherche et de l’agroalimentaire. Issue d’un baccalauréat scientifique, j’ai obtenu un BTS Biotechnologies qui m’a permis de parfaire mes connaissances théoriques et appliquées en laboratoire. J’ai ensuite poursuivi par une licence Science de la Vie, spécialité agroalimentaire et halieutique, puis par un Master Qualité des Procédés Agroalimentaires et Halieutiques (ULCO, Boulogne sur Mer), afin de développer mes connaissances en agroalimentaire, en qualité et en recherche.

Sur quoi porte votre thèse?

Elle s’intitule « Fish&CrySp : Caractérisation et distribution de Cryptocotyle, parasites potentiellement zoonotiques dans les produits de la pêche et de l’aquaculture ». Peu de données sont disponibles sur la distribution et l’évaluation du caractère zoonotique (c’est-à-dire transmissible à l’homme) de nombreux parasites présents dans les produits de la pêche et de l’aquaculture. Ma thèse contribue à mieux appréhender le risque sanitaire lié à ces parasites, par le développement de méthodes et l’acquisition de données épidémiologiques. L’évaluation du risque parasitaire et la sécurité sanitaire des produits à destination du consommateur sont des enjeux majeurs universels et planétaires.

Cette thématique est récente dans notre laboratoire. Ainsi, un séjour dans le laboratoire dirigé par le professeur Kurt Buchmann de l’université de Copenhague m’a permis d’acquérir une expertise du genre Cryptocotyle, un trématode (vers plat) parasite de poissons. J’ai pu améliorer mes compétences sur l’identification morphologique et moléculaire de ces parasites. Les expérimentations réalisées au cours de cette expérience au Danemark ont été valorisées dans le poster que j’ai présenté. 

Les méthodes optimisées au cours de cet échange international sont actuellement mises en application sur les échantillons d’une étude épidémiologique menée en Manche et Mer du Nord, au sein du laboratoire de Sécurité sanitaire des aliments à Boulogne-sur-Mer. Des données sur la distribution et la diversité de ces parasites, ainsi que sur les facteurs biologiques et environnementaux les influençant seront acquises. 

Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile pour présenter votre thèse dans un poster ?

Le plus difficile est de synthétiser au strict minimum ses idées. L’exercice du poster n’est pas un simple, car il demande au doctorant de se détacher de son sujet pour en dessiner une synthèse claire et grand public.

Avez-vous des conseils pour les prochains doctorants qui se livreront à cet exercice ?

Petit conseil, réalisez un poster synthétique et clair de votre thèse : demandez-vous si l’idée ou les idées que vous souhaitez transposer sont visibles en un coup d’œil. Et surtout, si ce poster attirerait votre attention lors d’un congrès !

 

 

enlightenedPrix de la meilleure communication orale

Erika Ornelas-Eusebio, doctorante au sein du laboratoire de Santé animale (Maisons-Alfort).

 Quel est votre parcours ? 

Je suis vétérinaire, j’ai été formée à la faculté de médecine vétérinaire et zootechnie de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). J’ai fait un Master en diagnostic des maladies des volailles dans cette université, et c’est lors d’un stage de master que j’ai eu l’opportunité de travailler avec Karine Laroucau, de l’unité zoonoses bactériennes, qui m’a ouvert les portes du laboratoire de Santé animale à l’Anses. Cette rencontre a fini par déboucher sur ma thèse, en cotutelle.

Sur quoi porte votre thèse ? 

Ma thèse portait sur une bactérie, Chlamydia. L’infection des volailles par cette bactérie n’avait jusqu’à présent pas été étudiée au Mexique. Nous avons décrit des pratiques de biosécurité et d’utilisation des antibiotiques dans les élevages de volailles au Mexique. Cela nous a permis de faire des recommandations selon le type d’exploitation et sur la façon d’améliorer la biosécurité. Par exemple, la présence de pédiluves à l'entrée de chaque bâtiment, l’utilisation de vêtement portés uniquement au sein de l’élevage, et l’adoption d’un protocole d'hygiène avant et après l'entrée dans la ferme pourraient contribuer à empêcher la contamination des volailles. Ces travaux ont été publiés. Nous avons également identifié des moyens d’améliorer les réglementations nationales sur l’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire. 

L’autre aspect de ma thèse était également passionnant : il nous a permis d’identifier des pistes pour cultiver une espèce de Chlamydia difficile à cultiver in-vitro. Nous avons découvert que cette difficulté était liée à des aspects plus fondamentaux, telle que l’interaction avec d’autres microorganismes faisant partie du microbiote, que nous n’avions pas pensé à ajouter à la culture !

Qu’est-ce qui vous a paru le plus difficile pour présenter votre thèse en 180 secondes ? 

La nervosité !

Avez-vous des conseils pour les prochains doctorants qui se livreront à cet exercice ? 

Préparer la présentation à l’avance, être très clair sur le message que vous voulez communiquer. Surtout gardez à l’esprit que la façon dont vous présentez le message est tout aussi importante que le message lui-même : il faut aussi le faire passer par l’illustration, car on n’oublie pas une image !