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Naegleria fowleri dans les eaux de baignade : des infections graves mais rares

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Actualité du 12/03/2014

Les amibes libres pathogènes de l’espèce Naegleria fowleri (N. fowleri) sont responsables de la méningo-encéphalite amibienne primitive. Un faible nombre de cas de cette infection est rapporté au niveau international. Il s’agit d’une pathologie sévère, qui se solde le plus souvent par un décès (dans 95% des cas).  En 2008, un garçon de 9 ans est décédé des suites d’une méningite foudroyante après baignade et plongeons dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude en Guadeloupe, où la présence de N. fowleri a été détectée. Les recherches microbiologiques sur un prélèvement de liquide céphalo-rachidien de l’enfant ont mis en évidence la présence de N. fowleri. Dans ce contexte, l’Anses a été saisie par  le ministère chargé de la santé afin d’évaluer les risques sanitaires liés à la présence d’amibes N. fowleri dans des eaux de baignade. L’Agence publie aujourd’hui l’avis et le rapport d’expertise relatifs à cette saisine, indiquant que le risque sanitaire lié à la présence d’amibes N. fowleri dans les eaux de baignade est faible car les cas d’infection sont rares, et émet des recommandations afin de limiter les risques éventuels d’exposition.

Les amibes libres pathogènes de l’espèce Naegleria fowleri sontresponsables de la méningo-encéphalite amibienne primitive (MEAP), une maladie peu fréquente mais mortelle dans 95% des cas. En effet, depuis 50 ans, 310 cas ont été recensés dans le monde, et seulement 11 personnes ont survécu.

Ces amibes vivent dans les eaux douces dont la température dépasse 25°C. C’est notamment le cas des sites de baignade situés en aval des rejets des circuits de refroidissement des centrales thermiques, qui font l’objet d’un contrôle sanitaire renforcé, comprenant des recherches des amibes libres dans l’eau. Conformément aux recommandations du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF), la baignade est interdite lorsque le seuil de 100 N. fowleri par litre d’eau est dépassé.

A ce jour, un cas de MEAP a été déclaré en France en 2008. Un garçon de 9 ans est décédé d’une méningite foudroyante suite à une baignade et des plongeons dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude, en Guadeloupe, où la présence de N. fowleri a été détectée. Des analyses ont mis en évidence la présence de N. fowleri dans le liquide céphalo-rachidien de la victime et confirmé le diagnostic de MEAP.

 

Le travail de l’Anses

Dans ce contexte, l’Agence a été saisie par le ministère chargé de la santé afin d’évaluer les risques liés à la présence d’une espèce d’amibes libres N. fowleri dans les eaux de baignade. Une revue de la littérature a donc été réalisée dans le but de :

  • Déterminer les facteurs susceptibles de favoriser le développement de N. fowleri dans les eaux et particulièrement dans les eaux de baignade ;
  • D’analyser les méthodes de prélèvements et d’identification de N. fowleri ;
  • De proposer des mesures de maîtrise du risque sanitaire pour l’Homme en fonction des types de baignade.

 

Un risque d’infection rare

N. fowleria été détectée dans les eaux douces principalement en été et en automne dans les différentes régions du globe et dans l’ensemble des types de baignade :

  • Baignade aménagée en eau libre ;
  • Piscines, bains à remous ;
  • Sites naturels de baignade alimentés par des eaux d’origine géothermale.

Aucun cas de MEAP n’a, à ce jour, été recensé à la suite d’une baignade en France dans une baignade artificielle.

Au vu du très faible nombre de cas recensés de MEAP dus à N. fowleri en France et dans le monde (310 cas depuis 50 ans, dont un seul en France) et des modalités très spécifiques d’exposition (eau chaude,  inondation de la fosse nasale à l’occasion de plongeons, par exemple), l’Anses estime que l’infection par cette bactérie reste un événement rare.

Ainsi, le risque pour la santé publique est faible par rapport à celui d’autres maladies infectieuses liées à la baignade.

 

Recommandations

Au vu de la complexité de la recherche de N. fowleri dans le milieu aquatique, l’Anses rappelle la nécessité d’optimiser les méthodes de détection et souligne l’importance d’harmoniser les méthodes de prélèvements, d’identification et de quantification de cette amibe.

L’Agence recommande de limiter l’exposition des baigneurs en fonction du type de baignade. Les experts reprennent les recommandations du CDC[1] qui indiquent que, pour l’ensemble des baignades, la seule mesure efficace de prévention d’une infection à N. fowleri est d’éviter d’y être exposé et donc de s'abstenir de pratiquer les activités de baignade dans des eaux chaudes ou réchauffées notamment lorsque la température de l’air est élevée et le niveau de l’eau bas.

L’Anses rappelle également que le respect des conditions de mise en œuvre des traitements de désinfection actuellement autorisés en France pour l’eau alimentant les piscines publiques est suffisant pour empêcher le risque de contamination de l’eau par cette espèce d’amibe libre.

Dans son avis du 17 juillet 2009 relatif à l'évaluation des risques sanitaires liés aux baignades artificielles, l'Agence a recommandé des prescriptions techniques minimales à respecter pour l'exploitation d'une baignade artificielle. Le respect de ces recommandations apparait suffisant pour la gestion du risque sanitaire lié à N. fowleri.

Par ailleurs, l’Agence a porté, dans son rapport d’expertise, une attention particulière aux sites de baignades alimentés par des eaux chaudes d’origine géothermale en site naturel qui ne font pas l’objet d’un encadrement réglementaire.

Enfin, l’Anses propose également des mesures d’amélioration des connaissances, notamment de cette espèce d’amibe libre et du niveau de contamination des eaux à l’échelle nationale, qui permettront de poursuivre l’évaluation des risques sanitaires.



[1]Centers for disease control and prevention (USA)