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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
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Mis à jour le 24/08/2016

PCB, quelles valeurs critiques d'imprégnation dans le sang ?

Définition d’un seuil toxicologique de PCB dans le sang

Mots-clés : PCB (Polychlorobiphényles)

La toxicité des PCB n'est pas directement liée à la quantité consommée à un instant donné mais essentiellement à leur accumulation dans l’organisme. L’Anses a examiné les données scientifiques existantes pour déterminer des seuils en dessous desquels les risques sanitaires sont considérés comme négligeables. Ces seuils sont appelés « valeurs critiques d’imprégnation ».

Pourquoi s'intéresser aux niveaux d'imprégnation corporelle en PCB ?

Chez l'homme, l'exposition aux PCB s'effectue principalement au travers de la consommation alimentaire. En 2007, l'évaluation de l'exposition alimentaire de la population française aux PCB réalisée par l'Agence a montré un dépassement de la Dose Journalière Tolérable (DJT) – quantité de PCB à laquelle un individu peut être exposé chaque jour de sa vie, sans risque pour la santé- chez les enfants et les adultes les plus fortement exposés, notamment les forts consommateurs de poissons.

Cependant, le niveau de toxicité des PCB n'est pas directement lié à la quantité consommée à un instant donné (une exposition ponctuelle aux PCB au travers d'un aliment très contaminé aura peu d'impact sur la santé) mais essentiellement à la quantité accumulée dans le sang et dans les graisses au cours du temps (cf. niveau d'imprégnation corporelle). Les PCB s'accumulent en effet dans l'organisme au niveau des tissus adipeux et peuvent être retrouvés à des teneurs significatives dans le lait maternel et la fraction lipidique du sang. Evaluer la quantité de PCB à laquelle la population est exposée quotidiennement n’est donc pas suffisant pour l’évaluation du risque, il est nécessaire de connaitre la quantité de PCB emmagasinée dans l’organisme –la charge corporelle-. Pour ce faire, on mesure la présence de PCB dans le sang car elle reflète la charge corporelle.

Quel est l'impact sur la santé d'une exposition chronique aux PCB ?

L'impact sur la santé des PCB chez l'homme a été recherché dans différentes études épidémiologiques menées respectivement aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. 

En 2007, l'Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) a procédé à une revue critique de l'ensemble des études publiées depuis 1997 afin d'analyser les relations entre l'exposition aux PCB et la survenue d'altérations de la santé chez les sujets exposés. 

En Europe, l'impact sanitaire de l'exposition chronique à de faibles doses de PCB a également pu être appréhendé au travers des résultats de l'étude épidémiologique PCBRISK. Cette étude, menée dans une région historiquement polluée de l'Est de la Slovaquie, constitue l'étude épidémiologique européenne la plus exhaustive en termes de niveaux d'exposition et de niveaux d'imprégnation aux PCB.

A ce jour, les effets sanitaires les plus souvent rapportés chez l'homme en lien avec une exposition aux PCB sont :

  • des effets sur le développement mental et moteur et la perturbation des paramètres immunitaires de l'enfant exposé in utero ou au cours de la période périnatale par l'allaitement et jusqu' à trois ans,
  • des effets sur le système endocrinien (en particulier sur la thyroïde) pour le reste de la population. 

 

D'autres effets ont parfois été rapportés sans qu'un lien de causalité avec une exposition chronique aux PCB n'ait pu être clairement établi. Il s'agit en particulier de troubles de la fertilité notamment chez l'homme, de perturbations métaboliques (métabolisme du glucose notamment), ou de troubles neurologiques de l'adulte.

A quoi correspond une valeur d'imprégnation critique ?

Les valeurs d'imprégnation critiques sont des valeurs correspondant à des niveaux de charge corporelle en PCB en dessous desquels la probabilité d'effets sur la santé est considérée comme négligeable 

Elles servent de repères :

  • pour positionner les niveaux d'imprégnation observés au niveau des populations 
  • pour orienter les politiques publiques dans l'objectif de protéger l'ensemble de la population et plus particulièrement les populations à risque (femmes en âge de procréer, allaitantes, enfants de moins de 3 ans et consommateurs réguliers d'aliments fortement contaminés par exemple en lien avec une source locale d'émission). 

A ce jour les valeurs d'imprégnations critiques rapportées dans la littérature internationale pour les femmes en âge de procréer, allaitantes et les enfants de moins de 3 ans oscillent entre 700 et 1000 ng de PCB totaux /g de lipides plasmatiques maternels. Elles sont établies sur la base des effets observés chez l'enfant exposé pendant la période périnatale.

Quelle est la position de l'Agence ?

En l'état actuel des connaissances, l'Agence considère que l’effet des PCB sur le développement mental et moteur de l'enfant exposé in utero représente « l'effet critique » le mieux documenté pour fixer une valeur critique d'imprégnation chez l'Homme et propose de retenir la valeur de 700 ng de PCB totaux /g de lipides plasmatiques comme seuil d'imprégnation critique pour les femmes enceintes ou en âge de procréer, les femmes allaitantes et les enfants de moins de trois ans. 

En raison du caractère persistant des PCB dans l'organisme et donc de l'augmentation progressive des niveaux d'imprégnation avec l'âge, l'Agence recommande que cette valeur seuil s'applique également aux fillettes et adolescentes.

Chez le garçon de plus de trois ans, l'homme adulte et la femme ayant dépassé l'âge habituel de la procréation, l'Agence estime que les données disponibles sont fragmentaires voire contradictoires et difficiles à interpréter au niveau clinique. 

L'Agence propose néanmoins de retenir à titre indicatif la valeur de 1800 ng de PCB totaux /g de lipides plasmatiques comme valeur d'imprégnation critique pour le reste de la population.

 

La concentration moyenne des PCB totaux au sein de la population générale française est de 480 ng / g lipide (étude nationale nutrition santé (ENNS) réalisée par l’InVS, 2011).