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Qualité de l’air intérieur : l’Anses propose deux valeurs guides pour l’acétaldéhyde

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Actualité du 02/07/2014

La qualité de l’air intérieur des bâtiments peut être altérée par divers contaminants chimiques ou microbiologiques. Par ailleurs, des effets sur la santé tels que des pathologies respiratoires peuvent résulter d’expositions à des polluants de l’air intérieur. Leur survenue dépend de la nature des polluants, de l’intensité et de la durée des expositions. Elle dépend aussi de déterminants génétiques, de facteurs socio-économiques et d’autres facteurs environnementaux qui influent sur la qualité de l’air. Pour répondre à l’enjeu sanitaire que représente la qualité de l’air intérieur, l’Anses s’est autosaisie en 2004 afin d’élaborer des valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI), fondées sur des critères sanitaires. L’avis qu’elle publie aujourd’hui propose ainsi deux VGAI pour l’acétaldéhyde, correspondant aux expositions à court et à long termes.

 

La qualité de l’air intérieur des bâtiments constitue une préoccupation de santé publique en France et dans de nombreux pays. En effet, l’environnement intérieur offre une grande diversité de situations d’expositions à des contaminants chimiques ou microbiologiques, pouvant aller de la simple gêne (gêne olfactive, irritation des yeux, etc.) à l’apparition ou à l’aggravation de pathologies notamment respiratoires. En outre, chaque individu passe en moyenne, en climat tempéré, 85 % de son temps dans des environnements clos dont une majorité dans l’habitat.

Pour répondre à l’enjeu sanitaire que représente la qualité de l’air intérieur, l’Anses s’est autosaisie en 2004 afin d’élaborer des valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI). Celles-ci ont été définies comme des concentrations dans l’air d’une substance chimique en dessous desquelles, en l’état actuel des connaissances, aucun effet sanitaire ou aucune nuisance ayant un retentissement sur la santé de la population générale n’est attendu. Elles visent à préserver la population générale de tout effet néfaste lié à l’exposition aérienne à cette substance. Les VGAI que propose l’Anses servent de base aux pouvoirs publics pour fixer des  valeurs réglementaires de surveillance de la qualité de l’air intérieur.

C’est dans ce contexte que l’Anses publie aujourd’hui son avis relatif à l’élaboration de deux VGAI, à court et à long termes, pour l’acétaldéhyde.

 

Sources d’exposition à l’acétaldéhyde et effets sanitaires

Les sources d’acétaldéhyde dans l’environnement intérieur sont multiples : processus de combustion de matières organiques (tabagisme, cuisson des aliments et chauffage domestique au bois), les matériaux de construction, de décoration, d’ameublement et les produits de consommation courante (nettoyants de sols, parquets, stratifiés, colles, lasures, décapants, dalles et flocages, etc.).

La concentration dans l’environnement intérieur en acétaldéhyde est supérieure ou égale à la concentration mesurée dans l’air extérieur dans plus de 98 % des logements français.

Les principaux effets observés chez l’Homme après une exposition à des vapeurs d’acétaldéhyde sont l’irritation oculaire, cutanée, et des voies respiratoires supérieures et inférieures allant jusqu’à une bronchoconstriction chez les personnes asthmatiques. En outre, l’acétaldéhyde est classé comme possiblement cancérogène chez l'Homme (Classe 2B) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 1999.

 

Conclusions et recommandations de l’Anses

Deux VGAI ont été proposées par l’Agence. Une première valeur a été établie pour protéger des effets survenant après une exposition de courte durée : 3000 µg.m-3 pour une durée d’exposition de 1 heure. Il s’agit de protéger la population d’une exposition ponctuelle ou intermittente à des niveaux élevés liés à une activité particulière. L’acétaldéhyde est une substance fortement irritante des voies respiratoires. Après une exposition de courte durée, les personnes asthmatiques peuvent présenter une bronchoconstriction.

Une seconde valeur a été établie pour protéger des effets à long terme : 160 µg.m-3 pour une durée d’exposition supérieure ou égale à un an. Il s’agit de protéger la population au quotidien exposée à des niveaux plus faibles mais permanents (niveaux de fond). En effet, les effets irritants de l’acétaldéhyde sur l’appareil respiratoire supérieur peuvent conduire à des lésions de l’épithélium pour des expositions répétées. Concernant cette VGAI, aucune méthode de mesure n’est actuellement recommandée pour la comparaison de mesures avec la valeur proposée à 160 µg.m-3. C’est pourquoi l’Agence recommande le développement et la validation de méthodes de mesures adaptées.

Par ailleurs, l’Agence recommande de mener des études visant à évaluer les expositions à plusieurs aldéhydes présents dans l’air intérieur, notamment lorsque le formaldéhyde, l’acroléine et l’acétaldéhyde sont mesurés simultanément, ainsi que leurs conséquences sanitaires, en vue d’élaborer une valeur guide pour un mélange d’aldéhydes.

Enfin, l’Anses souligne l’importance de sensibiliser le public sur les mesures simples qui peuvent permettre de réduire efficacement la contamination de l’air intérieur telles que par exemple l’aération par l’ouverture des fenêtres et l’utilisation de hottes aspirantes en lien avec les principales sources d’acétaldéhyde dans l’air intérieur (cuisson des aliments, chauffage domestique au bois, fumée de tabac).