Substances chimiques dans les textiles et articles chaussants : pour une réglementation plus protectrice

Les vêtements et les chaussures contiennent de nombreuses substances chimiques. Si certaines de ces substances sont déjà encadrées, d’autres restent encore à identifier ou à réglementer. Sur la base des résultats de l’étude qu’elle a menée, l’Agence a proposé au niveau européen une restriction pour plus de 1000 substances en vue de renforcer la sécurité des consommateurs.

On retrouve des dizaines voire des centaines de substances chimiques dans les vêtements et chaussures que nous portons. Certaines substances chimiques, comme les colorants, sont utilisées volontairement au moment de la fabrication. D’autres sont des résidus ou des impuretés, présents en plus ou moins grande concentration. La réglementation européenne actuelle encadre 12 substances chimiques ou familles de substances connues pour être des allergisants cutanés, à l’image du chrome VI ou du nickel.

Entre 2016 et 2018, l’Anses a conduit une recherche biomédicale dont l’objectif était d’identifier les substances chimiques responsables d’allergies cutanées chez 50 patients, suite à une suspicion par un dermato-allergologue. Deux laboratoires confirmaient ensuite la présence de ces substances par des analyses des vêtements ou des chaussures que les patients avaient portés.

Sur la base des résultats de cette étude et dans le cadre du règlement « Reach », l’Agence a proposé, en partenariat avec la Suède, une restriction pour plus de 1000 substances sensibilisantes cutanées. Si elle est adoptée, cette avancée réglementaire, plus large et plus protectrice pour les consommateurs permettra de :

  • Limiter la présence de substances dont le potentiel allergisant était connu mais pour lesquelles aucune réglementation ne s’appliquait ;
  • Interdire la présence de tous les colorants dits « dispersés » qui servent notamment à la coloration des fibres synthétiques. Ces colorants sont en effet souvent en cause dans la survenue d’allergies cutanées ;
  • Abaisser les seuils réglementaires du nickel et du chrome VI qui n’étaient pas suffisamment protecteurs puisqu’ils continuaient à causer des allergies.

Enfin, l’Agence rappelle aux consommateurs l’importance de laver, avant de le porter pour la première fois, tout vêtement susceptible d’entrer en contact avec la peau, en suivant les recommandations de lavage préconisées par le fabricant.

Le saviez-vous ?

Une recherche biomédicale implique une intervention sur l’être humain tels que des traitements, ou des examens qui ne sont pas réalisés habituellement. Pour être menée, elle nécessite de ce fait l’accord préalable des autorités sanitaires et d’un comité d’éthique.