Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

L'article a été ajouté à votre bibliothèque

Mis à jour le 29/11/2017

Ambroisie et allergies

L’ambroisie : une plante exotique envahissante allergisante et allergène

Mots-clés : Ambroisie, Pollens, Allergie, Lutte biologique

Depuis plusieurs décennies, la fréquence des allergies augmente dans la population et ce dans un grand nombre de pays, particulièrement en France. Le pollen d’ambroisie, plante exotique envahissante, provoque des réactions allergiques chez de nombreuses personnes. L’Anses travaille sur plusieurs espèces d’ambroisie, dans l’objectif de participer à la prévention et à la gestion de leur introduction et de leur propagation. Elle évalue notamment le risque de propagation de différentes espèces, et a été sollicitée pour évaluer le risque lié à l’introduction d’un petit coléoptère, Ophraella communa, dans une perspective de lutte biologique contre l’ambroisie.

La fréquence des allergies augmente dans la population et ce dans un grand nombre de pays, dont la France. Le nombre de personnes souffrant d’allergies a ainsi plus que doublé au cours des vingt dernières années.

L’allergie aux pollens (pollinose) touche actuellement 15 à 20 % de la population française. Dans une expertise collective publiée en 2014, l’Anses mettait en évidence que les pollens d’ambroisie comptent parmi les plus problématiques en France. Le pollen de cette plante est en effet très allergisant (rend allergique) et allergène (induit un symptôme d’allergie). Il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube d’air pour déclencher des symptômes.

Les allergies provoquées par le pollen d'ambroisie sont tardives : elles commencent en général vers la mi-août, avec un maximum d'intensité en septembre, et se prolongent jusqu’en octobre.  

Il existe en France plusieurs espèces d’ambroisie au sein du genre Ambrosia. La plus connue et la plus répandue est l’ambroisie à feuille d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) mais il existe aussi l'ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.) et l'ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.).

Ces ambroisies sont des espèces exotiques envahissantes. En effet, elles ont été introduites en Europe depuis l’Amérique, leur aire de répartition naturelle, via des lots de semences de céréales contaminées.

 

Analyse des risques liés aux ambroisies A. trifida et A. psilostachya

Le Parlement et le Conseil européens ont publié en 2014 un règlement relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes qui contient une liste d’espèces devant faire l’objet d'actions de prévention et de lutte coordonnées entre les différents Etats membres de l'Union européenne. Ces actions visent à réduire les impacts négatifs de ces espèces notamment sur la biodiversité, la pollinisation, la régulation des cours d’eau, etc. mais aussi d'autres impacts négatifs éventuels tels que l’allergie.

Pour intégrer les espèces dans la liste des espèces envahissantes du règlement européen, la Commission européenne doit disposer d’une analyse des risques. Ainsi, l’Anses a effectué une analyse des risques pour les deux ambroisies, A. trifida et A. psilostachya.

Les risques liés aux deux ambroisies sont très contrastés. Les caractéristiques écologiques et biologiques d’A. psilostachya et sa présence ancienne et encore très localisée en Europe conduisent à conclure que le risque d’invasion d’A. psilostachya et le risque de nouvelles introductions dans le contexte actuel des échanges internationaux est relativement faible.

En revanche, les risques liés à A. trifida sont beaucoup plus élevés. Une introduction depuis la zone d’origine est difficile à maîtriser. Des zones écoclimatiques favorables sont largement réparties en Europe où sont développés des systèmes de culture propices à son développement. La grande difficulté à lutter dans les milieux non agricoles et le caractère allergène du pollen de cette espèce en font une menace avérée pour la santé humaine et pour l’environnement contre laquelle il faut lutter.

 

Ophraella communa : un coléoptère pour lutter contre l’ambroisie ?

Ophraella communa est un coléoptère de la famille des Chrysomelidae d’origine nord-américaine qui se nourrit de plantes de la famille des Astéracées (à laquelle appartiennent les ambroisies), mais aussi des plantes cultivées telles que le tournesol et le topinambour.

Cet insecte a été signalé pour la première fois en Europe durant l’été 2013 sur des plantes d’ambroisie à feuilles d’armoise sur un large territoire couvrant une partie de l’Italie du nord et du sud de la Suisse.

Dans le cadre de deux saisines visant à évaluer les risques liés à l’introduction naturelle d’O. communa et ceux liés à son utilisation en lutte biologique, l’Anses a conclu que le risque lié à O. communa pour les cultures de tournesol et de topinambour, et plus largement pour l’environnement, est jugé acceptable. Cependant, le caractère oligophage d’O. communa appelle à la prudence quant à son usage en tant qu’agent de lutte biologique dans le cadre de lâchers inondatifs. L’Anses préconise qu’une surveillance vis-à-vis de l’introduction d’O. communa soit mise en place et qu’un suivi des cultures de tournesol soit réalisé en cas d’introduction avérée d’O. communa.

 

Expertise de l’Anses sur les pollens de l’air ambiant

En 2014, l’Anses a publié un état des connaissances complet sur les pollens dans l’air ambiant en France hexagonale. Il ressort notamment de ces travaux d’expertise collective que :

  • Les pollens particulièrement problématiques sont les pollens de graminées, de bétulacées (comme le bouleau), d’ambroisie et de cupressacées (comme le cyprès, le thuya, le genévrier par exemple) ;
  • Il ne semble pas possible à l’heure actuelle de déterminer un seuil d’apparition d’effet pour les différents pollens, notamment parce qu’il existe de nombreux facteurs qui interviennent sur la relation dose-réponse comme par exemple le pouvoir allergisant du pollen, la sensibilité individuelle, etc. ;
  • Le changement climatique influencerait la date de début de pollinisation de nombreuses espèces végétales. Celle-ci deviendrait plus précoce ayant pour conséquence un allongement de la durée de pollinisation.