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marianne anses

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Mis à jour le 09/08/2021

Ambroisie et allergies

Mots-clés : Ambroisie, Pollens, Allergie, Lutte biologique

En France, entre 1 et 3,5 millions de personnes seraient allergiques à l’ambroisie. Le pollen d’ambroisie, plante envahissante originaire d’Amérique du Nord, impacte très fortement la qualité de vie des personnes allergiques en provoquant : éternuements, obstruction nasale, conjonctivite, rougeur ou gonflement des paupières. La prise en charge médicale associée à ces allergies coûterait entre 59 millions et 186 millions d’€ par an selon l’Anses.  L’Agence participe à la prévention et à la gestion de sa propagation. Elle émet des recommandations pour optimiser la surveillance de ces pollens et sensibiliser à ses effets sur la santé.

Des allergies particulièrement impactantes

Le nombre de personnes souffrant d’allergies a plus que doublé au cours des vingt dernières années. Aujourd’hui, près d’1 adulte sur 3 souffrirait d’allergie aux pollens en France.

Dans une expertise publiée en 2014, l’Anses mettait en évidence que les pollens d’ambroisie comptent parmi les plus problématiques en France. Le pollen de cette plante est en effet très allergisant (rend allergique) et allergène (induit un symptôme d’allergie). Il suffit de 5 grains de pollen par mètre cube d’air pour déclencher des symptômes !

Les allergies provoquées par le pollen d'ambroisie sont tardives : le pic de pollinisation a lieu entre mi-août et mi-septembre.  

Le saviez-vous ?

Il existe deux stades dans l’allergie :

  • Un premier stade au cours duquel le corps répond à la présence de l’allergène, sans pour autant provoquer de symptôme. On parle de sensibilisation allergique ;
  • Un deuxième stade caractérisé par l’apparition de symptômes lors du contact de l’allergène avec les muqueuses (bouche, nez, yeux).

Il existe plusieurs espèces d’ambroisie au sein du genre Ambrosia. La plus connue et la plus répandue est l’ambroisie à feuille d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.). Mais il existe également l'ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.), l'ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) et l’ambroisie à feuilles fines (Ambrosia tenuifolia Spreng.)

Une plante exotique dont la propagation s’accélère

Originaire d’Amérique du Nord, l’ambroisie à feuille d’armoise a été introduite accidentellement en France dans les années 1860 avec l’importation de semences de trèfle violet provenant des Etats-Unis. D’abord présente dans la vallée du Rhône, sa propagation s’est accélérée depuis les années 1960. La plante est aujourd’hui présente dans de nombreux territoires français avec des niveaux d’infestation variables. On distingue notamment trois types de zone d’infestation :

  • les zones à forte infestation/implantation dont le Rhône, l’Isère, la Drôme ou encore la Nièvre ou le Cher ;
  • les zones de « front » situées à la limite de zones fortement infestées, à l’image des Charentes, de la Côte-d’Or et du Gard ;
  • les zones encore très peu ou pas concernées telle que la Bretagne.

Sa propagation est favorisée par certaines activités humaines : le transport de sol ou de semences contaminés par l’ambroisie, les machines agricoles et/ou de fauchage, l’alimentation animale, etc.

L’ambroisie à feuilles d’armoise se développe préférentiellement :

  • dans certaines cultures agricoles comme par exemple celles de tournesol ou de maïs, avec pour conséquences des pertes importantes de rendement,
  • d’autres milieux tels que les bords des cours d’eau, les bords de route, etc.

Analyse des risques liés aux ambroisies A. trifida et A. psilostachya

A l'échelle européenne, les espèces exotiques peuvent être réglementées parce qu'elles impactent la biodiversité et les services écosystémiques (Règlement UE N°1143/2014) ou parce qu'elles présentent un risque phytosanitaire pour les cultures (Règlement UE N°2016/2031). Pour intégrer les espèces dans la liste des espèces envahissantes de ces règlements européens, la Commission européenne doit disposer d’une analyse des risques. C’est ce qui a été réalisé par l’Anses pour deux espèces d’ambroisies émergentes en France et en Europe : A. trifida et A. psilostachya.

Les risques liés aux deux ambroisies sont très contrastés. Les caractéristiques écologiques et biologiques d’Apsilostachya et sa présence ancienne et encore très localisée en Europe conduisent à conclure que le risque d’invasion et de nouvelles introductions d’Apsilostachya dans le contexte actuel est relativement faible.

En revanche, les risques liés à A. trifida sont beaucoup plus élevés. Une introduction depuis la zone d’origine est difficile à maîtriser. Des zones écoclimatiques favorables sont largement réparties en Europe où sont développés des systèmes de culture propices à son développement. La grande difficulté à lutter dans les milieux non agricoles et le caractère allergène du pollen de cette espèce en font une menace avérée pour la santé humaine et pour l’environnement contre laquelle il faut lutter.

Ophraella communa : un coléoptère pour lutter contre l’ambroisie ?

Ophraella communa est un coléoptère de la famille des Chrysomelidae d’origine nord-américaine qui se nourrit de plantes de la famille des Astéracées à laquelle appartiennent les ambroisies, mais aussi des plantes cultivées telles que le tournesol et le topinambour.

Cet insecte a été signalé pour la première fois en Europe en 2013 sur des plantes d’ambroisie à feuilles d’armoise en Italie du nord et dans le sud de la Suisse.

Dans le cadre de ses travaux, l’Anses a conclu que le risque lié à O. communa pour les cultures de tournesol et de topinambour, et plus largement pour l’environnement, est jugé acceptable. Cependant, O. communa étant susceptible de consommer également du tournesol et/ou du topinambour, l’Agence appelle à la prudence quant à son usage en tant qu’agent de lutte biologique dans le cadre de lâchers massif. Elle préconise de ne pas empêcher son introduction mais de la surveiller.

Chiffrer les impacts sur la santé de l’ambroisie

En 2020, l’Anses a estimé les coûts de l’impact sanitaire associé à l’ambroisie à l’échelle nationale :

  • la prise de charge médicale (les médicaments et les consultations par exemple) couterait entre 59 millions et 186 millions d’euros chaque année,
  • les pertes de production, basés sur les arrêts de travail, couteraient entre 10 millions et 30 millions d’euros par an.

Un accroissement de ces coûts est attendu à l’avenir, en raison de l’élargissement prévu des zones infestées par l’ambroisie et d’une augmentation des niveaux de pollens dans l’air ambiant, notamment en lien avec le changement climatique.

Des actions coordonnées pour limiter sa propagation

En matière de prévention et de lutte :

  • Mettre en place dès maintenant une réglementation spécifique et coordonnée localement dans les zones de front, ou encore peu concernées par la présence d’ambroisie. Celle-ci doit notamment passer par la nomination d’un référent ambroisie chargé de la mise en œuvre de la lutte sur le terrain.
  • Impliquer davantage le secteur des bâtiments et travaux publics, aux côtés du monde agricole, pour permettre la prise de conscience du risque existant et favoriser l’adoption de bonnes pratiques (nettoyage des machines, gestion des terres contaminées…) en vue de freiner la propagation de l’ambroisie.

En matière de surveillance :

  • Moderniser le système de surveillance du pollen d’ambroisie en le couplant à des modèles permettant de prédire sa dispersion à l’échelle de la France métropolitaine.

En matière d’information :

  • Sensibiliser, dans les zones où l’ambroisie est présente ainsi que dans les zones où elle est amenée à se développer, les professionnels de santé et les personnes allergiques ou potentiellement allergiques.
 

Les travaux de l’Anses sur les contaminants biologiques de l’air

L’Anses étudie depuis plusieurs années les contaminants biologiques (pollens, moisissures…) présents dans l’air pour évaluer leurs impacts sanitaires sur les populations qui y sont exposées. Dans cette optique, elle a notamment conduit les travaux suivants :