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marianne anses

Brévétoxines dans les coquillages : proposition d’une valeur guide pour la protection des consommateurs

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Actualité du 13/04/2021

Pour la première fois en 2018, des brévétoxines, une famille de biotoxines marines, ont été détectées dans des moules en Corse. En cas d’ingestion, ces toxines peuvent provoquer chez l’Homme des symptômes neurologiques, gastro-intestinaux et/ou cardiovasculaires. A partir des cas d’intoxication alimentaire survenus dans d’autres pays, l’Anses a proposé une valeur guide pour assurer la protection des consommateurs de coquillages tels que les huîtres et les moules. Ces travaux constituent une avancée scientifique importante dans le domaine des toxines émergentes. L’Anses souligne que la microalgue productrice de brévétoxines en Corse n’est pas identifiée à ce jour et doit faire l’objet de recherches spécifiques.

 

Des biotoxines marines émergentes détectées dans des coquillages en France

Les brévétoxines (BTX) sont des toxines marines qui augmentent la propagation de l’influx nerveux et peuvent être responsables d'une intoxication nommée NSP pour Neurotoxic Shellfish Poisoning en cas d'ingestion de coquillages contaminés. Cette intoxication provoque des symptômes neurologiques, gastro-intestinaux et/ou cardiovasculaires. Les symptômes les plus fréquemment observés dans les cas bénins sont des picotements et des engourdissements au niveau du visage et des extrémités des membres. Chez l’Homme, aucun décès lié à ces toxines n’a été rapporté à ce jour dans le monde.  En revanche, leur toxicité pour la faune marine est connue et peut conduire à des épisodes de mortalités massives de poissons, d'oiseaux marins, de tortues et de mammifères marins, essentiellement dans le Golfe du Mexique.

Les BTX ne sont actuellement pas réglementées en France ou en Europe où elles sont considérées comme des toxines émergentes. En revanche, elles constituent un risque avéré en Floride particulièrement, mais également en Australie, Nouvelle-Zélande et au Mexique, où elles sont réglementées depuis de nombreuses années.

Après avoir été ajoutées au programme de travail du réseau français de suivi de l'émergence de biotoxines marines dans les coquillages (EMERGTOX) en 2018, les BTX ont été détectés pour la première fois en France la même année dans des moules d'une lagune de Corse. L'Anses a alors été saisie par la direction générale de l’alimentation (DGAL) et la direction générale de la santé (DGS) pour proposer une valeur guide assurant la protection de la santé du consommateur de coquillages (moules, huîtres…).

A partir des données issues de cas d’intoxication alimentaire survenus dans d’autres pays, l’Anses a identifié des doses minimales de brévétoxines associées à des symptômes. Ces travaux conduisent l’Agence à proposer une valeur guide de 180 µg/kg de chair de coquillage, exprimée en équivalent BTX-3, la forme de brévétoxines retenue comme référence.

 

L’espèce de microalgue productrice de BTX en Corse n’est pas connue à ce jour

L’origine de cette émergence en France n’est pas connue à ce jour et doit faire l’objet de recherches spécifiques.

Les BTX sont produites par des microalgues marines. Le principal producteur est le dinoflagellé Karenia brevis, qui n’a pas été détecté par le réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (REPHY) dans les eaux métropolitaines.

D’autres microalgues sont suspectées d’être productrices de BTX, comme K. papilionacea, K. mikimotoi, K. bicuneiformis, ou encore Chattonella marina, Heterosigma akashiwo et Fibrocapsa japonica. Si plusieurs d’entre elles ont été trouvées dans les eaux métropolitaines, pour certaines depuis 1987, leur production de BTX n’est toutefois pas avérée.

 

Des travaux complémentaires pour connaître l’exposition aux BTX par contact avec la peau et par inhalation

L’Anses poursuit ses travaux d’expertise concernant l’exposition aux BTX par un contact direct avec de l’eau contaminée, notamment en cas de baignade, de pratique d’activités nautiques ou en cas d’exposition par inhalation à des embruns. Les résultats seront disponibles fin 2021.

Une fiche de signalement a également été élaborée pour les Centres antipoison du réseau de toxicovigilance afin de recenser les cas d’intoxication liés à la consommation de coquillages contaminés par des biotoxines marines, comme les brévétoxines. Cette fiche permettra de faciliter le recueil des cas d’intoxication afin d’estimer plus précisément le niveau de préoccupation sanitaire lié aux brévétoxines en France.