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Capricorne asiatique des agrumes : recommandations pour l’éradication d’un foyer

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Actualité du 24/02/2020

Un foyer du capricorne asiatique des agrumes a été découvert à Royan en 2018 sur des érables. Cet insecte ravageur dangereux pour de nombreuses espèces d’arbres d’ornement, forestiers ou fruitiers, est l’objet depuis 2012 de mesures de lutte obligatoire au niveau européen. L’Anses publie ce jour son expertise sur les risques de dissémination en France et les mesures de gestion à appliquer pour éradiquer ce nouveau ravageur. L’Agence confirme la nécessité de l’abattage préventif et la destruction de tous les arbres susceptibles d’être affectés par l’insecte dans un rayon de 100 mètres autour des végétaux infestés, conformément à la réglementation européenne. Il est également recommandé d’inspecter les végétaux sur une zone de 2 km autour du foyer avec l’appui d’une brigade cynophile, afin de surveiller la présence de l’insecte dans les arbres. Enfin, il est essentiel de sensibiliser l’ensemble de la population au voisinage des foyers afin de détecter et signaler rapidement une infestation.

Le capricorne des agrumes Anoplophora chinensis est originaire d'Asie où il est largement présent. Actuellement établi en Italie, en Croatie et en Turquie, cet insecte s’est introduit dans de nouvelles zones principalement au travers du commerce de plantes ornementales, et notamment des bonsaïs. En 2018, un foyer a été détecté sur la commune de Royan où des mesures d’éradication sont en cours. L’Anses a mené une expertise pour évaluer le risque de dissémination et les mesures qui peuvent être envisagées pour l’éradication du foyer.

 

Un insecte dangereux pour de nombreux arbres

L’insecte est de grande taille : il mesure de 25 à 35 mm, avec des antennes au moins aussi longues que son corps. Il est capable d’attaquer plus de 20 familles botaniques différentes de plantes, comprenant notamment les érables, les noisetiers, les bouleaux, les charmes, les platanes, les laurier-cerises, les marronniers, etc.

Les dégâts qu’il cause sont essentiellement dus au développement dans les arbres de ses larves qui sont difficilement détectables. En se nourrissant, elles creusent des galeries dans les branches et le tronc juste sous l’écorce, puis pénètrent dans les tissus ligneux de la partie basse du tronc et des racines. En l’absence de lutte, l’insecte entraine la mort des arbres infestés en quelques années.

Ce ravageur a une grande longévité et une capacité de vol qui lui permet une dissémination sur une distance de plusieurs kilomètres. Il peut avoir également un comportement dit « auto-stoppeur », ce qui signifie qu’il peut être introduit notamment via des végétaux transportés. A ce jour, aucun ennemi naturel n’a été identifié pour lutter contre ce ravageur.

 

Analyse des mesures de gestion

La réglementation européenne impose l’élimination de tous les végétaux sensibles à ce ravageur et de leurs racines dans un rayon de 100 mètres autour des végétaux infestés. Elle prévoit cependant que des exceptions à l’abattage puissent être indiquées et remplacées par un examen détaillé de tous ces végétaux dans ce rayon en vue de détecter des signes d’infestation.

Pour le foyer concerné, les abattages dans la zone des 100 mètres autour des végétaux officiellement infestés ont été programmés entre le mois de novembre 2018 et le mois de mars 2019, c’est-à-dire en dehors de la période de vol de l’insecte.

Une éventuelle priorisation des abattages et des dessouchages pour gérer le nombre important de plantes, arbres et arbustes recensés à ce jour nécessite de prendre en compte l’extension de foyer, actuellement fortement suspectée.

Suite à l’évaluation du risque, les experts ont conclu que les exceptions d’abattage de plantes hôtes dans la zone des 100 mètres augmentent le risque de dissémination du capricorne asiatique des agrumes à Royan et à l’extérieur de la commune.

 

Recommandations pour éradiquer le foyer de Royan

Dans la mesure où les mesures de lutte chimique et biologique sont inadaptées en termes d’innocuité et d’efficacité, seule la lutte physique reposant sur l’abattage et la destruction de plantes sensibles peut être envisagée. Par ailleurs, la pause de filets de protection ne peut s’y substituer.

En plus de l’abattage de tous les végétaux hôtes dans un rayon de 100 mètres, il est rappelé l’importance de mettre en œuvre le plan de surveillance sur l’ensemble de la zone de 2 km autour du foyer, notamment tant que le point d’entrée exact n’est pas connu. Les inspections des végétaux pourront être appuyées par des recherches employant une brigade cynophile deux fois par an, en début de printemps et à l’automne.

Enfin, afin de détecter rapidement des cas d’infestation sur les arbres, la participation des habitants est primordiale. Ainsi, un plan spécifique d'information des citoyens sur le plan de gestion mis en place est essentiel afin d’expliquer les risques et dommages, les symptômes liés au ravageur, et les services à contacter en cas de détection.