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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 08/06/2018

Chenilles processionnaires du pin et du chêne

Analyse de méthodes alternatives au traitement chimique des chenilles processionnaires du pin et du chêne en conditions urbaines

Mots-clés : Santé végétale, Chenilles processionnaires, Insecticides, Biocides

Les chenilles processionnaires sont des insectes, présents dans plusieurs régions de France, y compris en ville. Affaiblissant les arbres, elles ont également un impact sur la santé humaine provoquant de réactions inflammatoires de la peau ou, plus grave, des muqueuses respiratoires. Saisie afin d’évaluer les méthodes alternatives au traitement chimique pour lutter contre ces insectes, l’Anses recommande la combinaison de mesures préventives et curatives.

Les chenilles processionnaires sont des insectes présents dans plusieurs régions de France, y compris en ville, et dont la prolifération provoque un affaiblissement des arbres. Elles ont également un impact sur la santé humaine et animale, leurs poils, urticants et allergisants, étant responsables de réactions inflammatoires de la peau ou, plus grave, des muqueuses respiratoires.  

Ces chenilles touchent différentes régions, essentiellement le pourtour méditerranéen et la façade atlantique jusqu’aux Pyrénées-Orientales pour la processionnaire du pin, et les régions d’Alsace, de Bourgogne, d’Ile-de-France, du Centre, de Poitou-Charentes et de Midi-Pyrénées pour la processionnaire du chêne.

Les essences d’arbres dont se nourrissent les chenilles sont présentes en zones urbanisées,  et les traitements insecticides par voie aérienne ne peuvent être utilisés dans ces zones pour des raisons sanitaires.

 

Le travail de l’Agence

Dans ce contexte de multiplication des infestations, l’Anses avait mené un travail d’identification des méthodes alternatives de lutte envisageables (mécanique, chimique,…) en zones urbanisées, tout en préservant la santé des populations et l’environnement en 2013.

Pour la chenille processionnaire du chêne 

Les connaissances scientifiques et techniques sur la biologie et l’épidémiologie (état des populations) de la chenille processionnaire du chêne semblent encore trop peu fournies pour permettre de proposer des recommandations en matière de lutte. Des efforts de recherche conséquents devront donc être entrepris pour établir des méthodes de gestion alternatives et intégrées du risque associé à la processionnaire du chêne. 

 

Pour la chenille processionnaire du pin

L’Agence a analysé deux cas : un cas de « tolérance  zéro », où les contraintes locales exigent l’éradication des populations de processionnaires (cours d’écoles, arbres classés ou remarquables, parcs très fréquentés, espaces piétons touristiques, etc.), et un cas où la présence de faibles niveaux de populations de chenilles peut être acceptée et comprise par les riverains (bords de routes, grands parcs urbains etc.). 

 

Pour les situations de « tolérance zéro »

L'Agence considère que, de façon préventive, il conviendrait d’éviter de planter dans ces endroits les essences les plus vulnérables ou attractives aux chenilles processionnaires du pin ou conseiller de les planter dans des bosquets en association avec des essences feuillues à croissance aussi rapide (bouleau par exemple).

Il convient aussi de vérifier l’absence de chrysalides (état intermédiaire par lequel passe la chenille avant de devenir papillon) dans la terre des containers pour les arbres à planter issus des pépinières ou de traiter le sol des containers. 

Dans les situations où les arbres sont déjà en place, il convient de mettre d’abord en œuvre des mesures de détection de la présence de processionnaires du pin à l’aide de pièges à phéromone substance chimique comparable aux hormones, attirant les insectes) en été.

En cas de détection de mâles dans les pièges, deux méthodes de lutte curative peuvent être combinées :  

  • Si les arbres sont peu nombreux, faciles d’accès et de faible hauteur, la lutte mécanique par destruction des nids et des applications d’insecticides sont préconisées dans le respect des conditions d’autorisation de mise sur le marché des produits utilisés.
  • Dans tous les cas, des pièges à chenilles (collier autour des troncs) peuvent être mis en place avant l’hiver (saison des processions, où les chenilles descendent des pins pour s’enfouir au sol) pour éviter le risque d’urtication par les chenilles au sol.

 

Pour les situations de réduction des niveaux de population

L’Anses considère que des mesures de surveillance des niveaux de population de la processionnaire du pin par la pose de pièges à phéromone en été et des comptages de nids en hiver sont à mettre en œuvre.

L'Agence indique que les méthodes préventives sont à privilégier, mais leur efficacité est toutefois limitée :

  • Couvrir d’une végétation dense (arbustes) le sous-bois et les bordures des plantations de pins.
  • Proscrire les plantations pures de pins : concevoir des parcs ou allées composés de mélanges de conifères et de feuillus, notamment à croissance rapide comme les bouleaux ou les saules, qui ont des vertus répulsives vis-à-vis des papillons de processionnaires du pin, et permettent d’héberger une faune sauvage plus diverse, et donc plus efficace pour la lutte.
  • Poser des nichoirs pour les oiseaux insectivores (huppes, mésanges) et des abris pour les chauves-souris renforce la pression de lutte biologique.
  • Enfin, les mesures de lutte curatives à envisager dans ce contexte devraient pouvoir être reconduites chaque année pour assurer un effet à long terme :
  • Destruction mécanique des nids.
  • Piégeage de masse.
  • Confusion sexuelle ou répulsion des papillons de processionnaires dans le cas d’arbres ou de parcs bien isolés (traitement aux phéromones).
  • Traitements insecticides dans les zones où les niveaux d’infestation sont élevés. 

Concernant les traitements insecticides disponibles, une substance active (SA) biocide destinée à la lutte contre les chenilles processionnaires, le Bacillus thuringiensis subsp. kurstaki, strain ABTS-351 (Btk, un micro-organisme) a été approuvé en 2017. Des produits à base de cette substance active sont donc disponibles pour les usages biocides, par exemple en zone urbanisée, à côté des produits phytopharmaceutiques qui étaient d’ores et déjà disponibles pour lutter contre ces chenilles dans un objectif de protection des plantes.

Enfin, en 2017, après avis de l’Anses, l’usage dérogatoire d’un produit biocide à base de phéromones (substance chimique comparable aux hormones, attirant les insectes) a été autorisé pour la lutte contre les chenilles processionnaires par le Ministère de l’environnement.

 

(1)Les produits biocides sont des préparations de substances actives à usages domestiques ou industriels. Ces produits de la vie courante regroupent les désinfectants ménagers, les insecticides et les autres produits visant à éliminer, détruire ou repousser des organismes jugés nuisibles (champignons, bactéries, virus). La substance active présente dans le produit biocide peut être un composé chimique ou être issu d'un micro-organisme exerçant son action biocide sur ou contre les organismes nuisibles.