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Phytophthora ramorum : surveiller sa propagation et éradiquer les foyers contaminés

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Actualité du 27/02/2019

Détecté pour la première fois en France dans le Finistère en mai 2017, l’agent phytopathogène Phytophthora ramorum représente un risque important pour de nombreux végétaux d’ornement et forestiers (rhododendrons, viornes, mélèzes). L’Anses émet des recommandations afin de surveiller la propagation de ce « pseudo-champignon », prévenir les risques d’introduction et éradiquer les foyers où il est déjà établi.

Connu en Europe depuis le début des années 2000, Phytophthora ramorum est un agent phytopathogène pouvant entrainer des nécroses foliaires sur des plantes ornementales, principalement les rhododendrons et les viornes. Responsable d’un dépérissement rapide des chênes (Sudden Oak Death) en Californie, où certaines espèces très sensibles présentent des chancres sur leur tronc et meurent, Phytophthora ramorum est également à l’origine, depuis 2009, d’une épidémie sur des plantations de Mélèzes du Japon en Grande-Bretagne, associée à des pertes d'aiguilles, des mortalités de rameaux, des chancres résineux et finalement à une mortalité massive des arbres.

Détecté pour la première fois en France dans le Finistère sur des mélèzes du Japon en mai 2017, Phytophthora ramorum fait l’objet d’une attention particulière des autorités sanitaires. Saisie par le ministère en charge de l’Agriculture, l’Anses a mené une expertise afin d’identifier les facteurs climatiques et anthropiques propices à l’établissement et à la dissémination de cet oomycète (ou « pseudo-champignon »), mais également d’identifier les espèces forestières potentiellement menacées par cette dissémination. 

 

Des mesures pour surveiller et éradiquer Phytophthora ramorum

Compte tenu de sa large gamme d'hôtes, de nombreuses espèces forestières au-delà du mélèze pourraient être menacées par Phytophthora ramorum lorsque les conditions climatiques sont favorables à son développement. Dans ce contexte, l’Anses recommande la conduite d’une surveillance intensive, en priorité en Bretagne pour détecter les éventuels nouveaux foyers de Phytophthora ramorum, ainsi que dans d’autres régions climatiquement favorables à son développement (Normandie, Limousin, etc.) et où des densités importantes d’espèces vulnérables et capables de transmettre l’infection sont plantées (notamment mélèzes et châtaigniers). Dans les zones climatiquement favorables au développement de Phytophthora ramorum, l’Anses préconise également d’éviter la poursuite de la plantation des trois espèces de mélèze en raison de leur vulnérabilité.

En cas de détection de Phytophthora ramorum en forêt, l’Agence recommande que des mesures d’éradication soient prises vis-à-vis des espèces forestières infectées, y compris celles des sous-étages telles que Rhododendron ponticum.

Afin de prévenir l’introduction de Phytophthora ramorum à partir d’espèces hôtes ornementales en France et dans l’Union européenne, l’Agence recommande qu’un contrôle des pépinières ornementales et des jardineries soit intensifié.

L’expertise de l’Anses souligne également la nécessité de mettre en place une information vis-à-vis des propriétaires de parcs et jardins afin de les sensibiliser au risque d’introduction non contrôlée de matériel végétal hôte de Phytophthora ramorum en provenance de zones infectées (Bretagne et Grande-Bretagne). En parallèle, les experts pointent également l’importance de mener des travaux de recherche pour, d’une part, combler les incertitudes notamment sur le rôle épidémique du châtaignier (très largement présent dans des climats propices) et, d’autre part, pour évaluer la sensibilité au changement climatique de l’évolution de la pathogénicité de Phytophthora ramorum.