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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 25/08/2016

Que fait l'Agence sur la grippe du porc ?

Etudes sur les virus influenza porcins, dont ceux dérivés du virus pandémique A/H1N1 (2009)

Mots-clés : Grippe du porc, Influenza porcin, H1N1 (Porc), Zoonoses

La grippe du porc est une maladie respiratoire virale qui touche 50% du cheptel français. Elle est généralement bénigne, mais peut être exacerbée ou se répéter au sein de l’élevage, entraînant alors des problèmes sanitaires et des pertes économiques importantes. Ces virus ont un potentiel de transmission à l'homme. En 2009, l'émergence d'un virus pandémique issu d'un réassortiment de plusieurs virus porcins a rappelé la nécessité de surveiller et d'étudier les virus gripaux chez le porc. Les activités de l'Agence dans ce domaine se répartissent en quatre niveaux d'intervention et de compétence : la référence, l'épidémiosurveillance, la recherche et l'expertise. Détails. 

Les virus influenza porcins (ou SIV pour swine influenza virus) sont à potentiel zoonotique et l’émergence chez l’Homme du virus pandémique A/H1N1 (2009) (H1N1pdm09), issu d’un réassortiment de plusieurs SIV, a rappelé la nécessité de surveiller et d’étudier les virus grippaux chez le porc, tant d’un point de vue de la santé animale que de la santé publique. La composition du virus H1N1pdm09 a fait craindre, dès l’annonce de son émergence, sa transgression aisée de la barrière d’espèce entre l’homme et le porc. Des inoculations expérimentales ont confirmé la sensibilité des porcins et le virus a été détecté dans de nombreux élevages dans le monde entier depuis mai 2009. Il est apparu nécessaire d’appréhender l’adaptation de ce virus à l’espèce porcine afin d’évaluer quel nouveau rôle le porc pourrait jouer dans l’écologie des virus influenza A, tant en terme de réservoir, que de marmite à réassortiments viraux. A la faveur de co-infections avec d’autres SIV, le virus H1N1pdm09 a d’ores et déjà été à l’origine de la génération, chez le porc, de virus réassortants dont certains ont été responsables de nombreux cas d’infections humaines aux Etats-Unis en 2011-2012.

 

Activités de référence

Fort de son expérience passée en matière de surveillance et de connaissance de la grippe chez le porc, le laboratoire de Ploufragan-Plouzané de l’Agence a été désigné en septembre 2009, par la Direction Générale de l’Alimentation, laboratoire national de référence (LNR) pour les virus influenza porcins. A ce titre, le laboratoire développe, valide et contrôle des outils de diagnostic virologique et sérologique pour la détection et l’identification des virus Influenza A chez le porc, dont le virus H1N1pdm09. Des méthodes d’amplifications génomiques dévolues au diagnostic de première intention ont été transférées à un réseau de douze laboratoires vétérinaires agréés, lesquels participent à un essai inter-laboratoire biannuel organisé par le LNR. Celui-ci fournit également des matériaux de référence (sérums hyperimmuns, antigènes, témoins calibrés…) et propose des formations généralistes ou techniques.

 

Activités d’épidémiosurveillance

La grippe porcine n’est pas une maladie réglementée et il existe peu de dispositifs de surveillance formalisés et pérennes. Ainsi, les connaissances des virus en circulation sur un territoire varient selon les pays, et sont souvent éparses ou incomplètes. En Europe, des équipes de recherche, dont l’Anses, se sont organisées au sein du réseau ESNIP (European Surveillance Network for Influenza in Pigs) afin de travailler à l’harmonisation des méthodes de surveillance et de diagnostic, et de partager les connaissances sur les virus identifiés dans les différents pays. Trois programmes soutenus par la Commission Européenne se sont ainsi succédés depuis 2001. Depuis 2005, les unités de Virologie Immunologie Porcines et Epidémiologie et Bien-Etre du Porc du  laboratoire de Ploufragan-Plouzané ont mené une surveillance, principalement dans les élevages du Grand-Ouest de la France, dans le cadre de ses travaux de recherche. Depuis 2011, la surveillance a été renforcée et entendue à l’ensemble du territoire par la mise en place d’un Dispositif National de Surveillance, appelé par la Direction Générale de l’Alimentation, en partenariat avec les acteurs de la filière porcine et le réseau de laboratoires agréés. Le LNR a pour mission d’identifier les virus détectés. L’Anses est également chargée de confronter, par des analyses statistiques, les résultats de virologie et les données récoltées en élevage, afin d’étudier les différents profils épidémiologiques liés aux infections.Le Laboratoire de Ploufragan-Plouzané participe également au sein de la Plateforme Nationale de Surveillance Epidémiologique en Santé Animale, au groupe de suivi chargé d’évaluer la pertinence et l’efficacité de ce Dispositif National. Enfin, l’Anses développe des programmes de surveillance spécifiques dans des régions d’Outre-Mer, ainsi que dans la faune sauvage (sangliers).

 

Activités de recherche

Les travaux de rechercheréalisés par l'Agence en matière de grippe du porc sont structurés autour de  trois  axes :

Suivi de l’évolution génétique et antigénique des souches de virus influenza porcins

Les virus identifiés dans le cadre de l’épidémiosurveillance font l’objet d’études approfondies, tant au niveau antigénique que génétiques, ceci afin d’étayer les connaissances sur l’évolution des SIVs en France et sur l’émergence de nouveaux virus réassortants. Les virus isolés en France sont comparés aux autres virus identifiés en Europe, notamment via des cartographies antigéniques et des analyses phylogénétiques poussées, issues du séquençage des génomes viraux dans leur intégralité.  L’acquisition de connaissances sur les évolutions virales contribue à étayer l’expertise et la capacité à informer les autorités de toute nouvelle émergence à risque, tant au regard de regard de la santé animale que de la santé humaine.

Étude de la dynamique des virus influenza porcins dans les élevages de porc et de leur rôle dans le développement des syndromes respiratoires complexes.

L'infection grippale chez le porc entraîne généralement des signes cliniques peu prononcés chez les animaux ou ne semble concerner qu'une partie des porcs d'une même salle d'exploitation. Cependant, l'infection peut aussi prendre une tournure plus sévère et quasi générale, en fonction de la virulence de la souche impliquée. Des infections concomitantes par d’autres pathogènes à tropisme respiratoire peuvent entraîner des complications, mais d’autres conditions défavorables encore mal définies pourraient également influencer la sévérité de la maladie.

Ainsi, les travaux de l'Agence dans ce domaine visent à étudier la dynamique des souches en élevage et les facteurs associés aux différentes formes épidémiologiques de la maladie, notamment ceux favorisant les formes dites « récurrentes ». La grippe récurrente est en effet de plus en plus rapportée dans le cadre de l’épidémiosurveillance et pourrait favoriser les réassortiments viraux.

Des enquêtes épidémiologiques menées en élevage ont montré que le virus influenza porcin (SIV) est significativement associé au développement de la pneumonie, en association avec Mycoplasma hyopneumoniae (Mhp). Des études expérimentales sur porcs exempts d’organismes pathogènes spécifiés (EOPS) sont menées afin d’étudier les mécanismes sous-jacents à la synergie entre les deux pathogènes. Les objectifs sont de comparer la pathogenèse de diverses souches virales, seules ou en association avec Mhp, ainsi que lestress oxydant, la réponse inflammatoire et les réponses immunitaires précoces induites chez l’animal infecté.

Dans un contexte de limitation des intrants médicamenteux, la préservation de la santé et du bien-être, et donc des performances, passe par la recherche de solutions alternatives, notamment alimentaires et nutritionnelles. Ainsi, un autre volet de recherche est l’étude de l’influenza du statut nutritionnel et de la formule alimentaire sur la capacité du porc à mobiliser ses ressources pour faire face à la co-infection SIV/Mhp.

Etude des déterminants de la spécificité d’hôte  et du  potentiel de transmission des virus porcins à d'autres espèces

Suite à l’émergence du virus H1N1pdm09, l’Agence a participé à des études expérimentales de la transmission du virus humain au porc et a entrepris de comparer les phénotypes et génotypes de virus H1N1pdm09 isolés de diverses espèces animales, dont le porc. A travers l’ensemble des comparaisons, il est tenté d’identifier des déterminants moléculaires potentiels de la spécificité d’hôte, voire de la virulence, le but étant d’obtenir de nouvelles données sur l’évolution virale après passage de la barrière d’espèces. Le contexte et les mécanismes sous-jacents aux réassortiments de segments génomiques, lesquels seraient favorisés dans le cas des formes de grippe récurrente, font également l’objet de travaux. Les résultats des travaux menés sur les SIV sont confrontés à ceux menés sur les virus Influenza A des autres espèces, notamment humaine.

 

Activités d’expertise

Un Groupe d’Expertise Collective d’Urgence Influenza Porcin (GECU) a été constitué fin avril 2009 afin d'examiner les informations disponibles relatives à la souche virale responsable de l'épidémie dite de «grippe A (H1N1)», notamment à son origine, et à l'éventualité d'une épidémie chez l’animal (porcs et oiseaux domestiques notamment). Durant l'automne 2009, l'Agence a été amenée à rendre plusieurs avis sur le sujet. Ainsi, elle a évalué les niveaux de risques de contamination entre les espèces et a émis des recommandations relatives à la mise en œuvre de mesures de biosécurité et de prévention. Pour mieux suivre l'évolution des virus, l'Agence avait recommandé la création d'un réseau national d'épidémio-surveillance des virus Influenza chez le porc, lequel a vu le jour début 2011.

Au niveau international, l’Anses répond aux sollicitations de la FAO (fourniture de documents relatifs aux techniques de prélèvements d’échantillons biologiques chez le porc en vue du diagnostic de la grippe, contribution à la rédaction d’un document de synthèse sur les méthodes disponibles pour le diagnostic des infections à virus Influenza A et à virus H1N1pdm09 chez le porc, formation technique à l’intention des laboratoires d’Asie du Sud) et de l’OIE (révision du manuel de diagnostic…). Des scientifiques de l’Anses participent au réseau conjoint FAO/OIE pour les virus animaux (réseau OFFLU) et le Laboratoire de Ploufragan-Plouzané est référencé au niveau international comme pouvant accepter des prélèvements de porcs pour analyse diagnostique.