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Santé des colonies d'abeilles : l'Anses examine les résultats d'une étude sur l'effet d'une substance active phytopharmaceutique sur le comportement de butineuses

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Actualité du 30/03/2012

Une nouvelle étude vient d'être publiée sur l'effet potentiel d'une substance insecticide, le thiamétoxam, sur la santé des colonies d'abeilles via son action sur le comportement des butineuses. Dans le cadre de la veille permanente qu'elle exerce, et à la demande du ministère chargé de l'agriculture, l'Anses va examiner sans délai cette nouvelle étude, ainsi que l'ensemble des autres études nouvelles potentiellement disponibles en vue d'éventuelles recommandations aux autorités françaises. Elle se rapprochera, si nécessaire, de ses homologues européens, afin d'intégrer les enseignements de ce travail au processus d'évaluation de ce type de substances.

Depuis plusieurs années, un phénomène d'affaiblissement et de mortalité des colonies d'abeilles est constaté dans de nombreux pays. Dans ce contexte, l'impact de divers facteurs pouvant agir en synergie sur la santé des colonies d'abeilles (maladies et parasites, stress lié aux changements des ressources alimentaires, produits phytopharmaceutiques, conditions climatiques, ….) est régulièrement mis en avant via différents travaux scientifiques.

Une nouvelle étude vient d'être publiée sur l'effet du thiamétoxam sur le comportement des butineuses et l'effet indirect qu'auraient ces modifications comportementales sur la santé des colonies d'abeilles.

Le thiaméthoxam est une substance active insecticide appartenant à la famille des néonicotinoïdes. Elle est autorisée au niveau européen pour une utilisation dans des préparations destinées notamment à lutter contre certains insectes ravageurs du maïs ou du colza, au titre du Règlement (CE) n°1107/2009, relative à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques.

L'hypothèse explorée par les auteurs de cette nouvelle étude est que cette molécule induirait une désorientation chez les abeilles butineuses exposées à des doses non létales et provoquerait indirectement un taux de mortalité accru dans la colonie, en induisant une défaillance de retour à la ruche de ces butineuses.
Ce travail se base sur une méthode innovante consistant notamment à suivre les abeilles grâce à des puces RFID placées sur leur thorax afin d'évaluer leur retour à la ruche. L'Anses considère que le retour à la ruche des butineuses est un paramètre d'intérêt qui n'est pas actuellement un des critères suivis dans les études exigées par la règlementation. Elle suivra avec intérêt les expérimentations grandeur nature qui suivront cette première étude.

Dans le cadre de la veille permanente qu'elle exerce et à la demande du ministère chargé de l'agriculture, l'Agence va examiner sans délai cette étude et l'ensemble des données récentes éventuellement disponibles. Elle cherchera à auditionner les auteurs de cette étude afin qu'ils l'éclairent vis-à-vis de certains détails de la méthodologie mise en œuvre (modalités d'exposition des abeilles, variabilité de la dose reçue selon les abeilles, …). Sur cette base, l'Agence fera, si besoin, des recommandations aux autorités françaises et se rapprochera de ses homologues européens, afin d'intégrer les enseignements de ce travail au processus d'évaluation des substances actives phytopharmaceutiques.