Formulaire de recherche

marianne anses

Activités de recherche du laboratoire de Fougères

Les activités de recherche du laboratoire de Fougères se concentrent sur plusieurs thématiques, centrées sur une meilleure compréhension et une caractérisation des différentes étapes de la chaîne d’évènements menant de l’exposition à une ou plusieurs substances à la survenue d’effets indésirables. Plus spécifiquement, le laboratoire contribue à établir une meilleure connaissance des bénéfices et des risques associés à l'utilisation des médicaments vétérinaires et des désinfectants par la filière agro-alimentaire, ainsi qu’à l’analyse de l’effet des antimicrobiens (antibiotiques et biocides). De façon plus générale, il contribue à la caractérisation de dangers toxicologiques associés à des contaminants ou des substances émergentes.

Projets de recherche

Biocides desinfectants - resistance aux antibiotiques
  • QESABIO (2019 – 2020)

Évaluation quantitative de la variabilité d’excrétion des salmonelles, et impact de l’utilisation de biocides sur le développement de résistance aux antibiotiques après nettoyage/désinfection, en élevage de porcs

Financement : Anses

Le projet a été initié pour répondre à deux préoccupations de la filière porcine : la résistance des bactéries aux antibiotiques et la sécurité sanitaire. Ce projet, coordonné par l’unité Antibiotiques, biocides, résidus et résistance a associé le laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort et la Direction de l’évaluation des produits réglementés de l’Anses. Les résultats du projet ont montré les produits biocides à base d’ammoniums quaternaires et de glutaraldéhyde appliqués lors des opérations de nettoyage et de désinfection sont efficaces pour réduire d’environ 1 000 fois la quantité d’E. coli et la flore totale. L’exposition à ces biocides n’a pas conduit à un développement de résistance chez E. coli vis-à-vis de quatre antibiotiques ciblés ni des substances biocides, représentatives des principales familles chimiques employées dans ce secteur. Le niveau d’excrétion de Salmonella par les porcs charcutiers était relativement faible avec deux-tiers des prélèvements présentant moins de dix Salmonella par gramme de fèces.

  • Impart (2018 - 2023)     

Improving phenotypic antimicrobial resistance testing 

Financement : programme européen EJP One Health

Dans le cadre du projet IMPART, l’unité Antibiotiques, biocides, résidus et résistance était chargée, dans le workpackage 1, de développer, d’améliorer et de valider une méthode de screening pour la détection, la caractérisation et la confirmation de la résistance à la colistine d’entérobactéries prélevées sur des animaux en élevage et = leur viande à la distribution. L’unité a organisé plusieurs essais circulaires, auxquels ont participé les 11 partenaires européens du projet, pour évaluer la méthode développée et celle proposée dans le cadre du second workpackage, pour la détection des entérobactéries productrices de carbapénémases. L’analyse des résultats montre que dans les cas, des essais complémentaires sont nécessaires pour améliorer les performances des méthodes. Les rapports et présentations de ces travaux sont disponibles sur le site de l’EJP One Health et sur la plateforme Zenodo.

Toxicologie
  • Projet Ocean15

Financement : Agence nationale pour la recherche (ANR)

Le projet ANR Ocean15, regroupant quatre partenaires et coordonné par l’université de Galway (Irelande), a duré cinq ans. Il s’est attaché à mieux cerner le comportement d’une microalgue toxique, Ostreopsis cf ovata, retrouvée en Méditerranée.  Il a également identifié les composés produits et leur implication dans les effets toxiques observés chez l’Homme. En effet, Ostreopsis sécrète des toxines appelées ovatoxines, qui sont des analogues d’une toxine bien connue, la palytoxine. Des effets cutanés, oculaires et au niveau de l’oreille du nez et du larynx ont été rapportés chez l’Homme en lien avec des efflorescences d’Ostreopsis. Même si ces toxines sont également retrouvées dans certains produits de la mer, aucune intoxication humaine associée à leur consommation n’a été rapportée. Le projet a permis de purifier deux variants (ovatoxines a et d) à partir de cultures d’Ostreopsis et leur toxicité a été recherchée sur différents modèles cellulaires par le laboratoire de Fougères. Les deux ovatoxines se sont révélées toxiques sur des cellules du système nerveux, ainsi que sur des cellules pulmonaires, sans différence notable entre les variants et à des niveaux équivalents à la palytoxine. Cependant, sur des cultures humaines mimant la barrière intestinale, les deux toxines se sont montrées moins toxiques que la palytoxine.

Residus de medicaments veterinaires
  • Évaluation et validation de kits ELISA nitrofuranes et colistine (2021-2022)

Financement : Commission européenne

Dans le cadre de ses missions de référence, le laboratoire a réalisé l’évaluation et la validation des performances techniques de plusieurs kits ELISA (Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay). Trois des quatre kits testés pour la détection des résidus de métabolites des nitrofuranes (des substances interdites) dans des produits aquacoles (crevette, poisson) montrent des capacités de détection inférieures aux exigences réglementaires européennes actuelles (1 µg/kg) et environ 10 % de résultats faussement positifs. Pour la colistine, antibiotique essentiellement utilisé chez le porc et la volaille pour traiter des infections gastro-intestinales et classée dans la liste des antibiotiques à usage humain d’importance critique à priorité élevée en terme d’antibiorésistance par l’Organisation mondiale de la santé. Trois kits ont été évalués et validés. Ils sont tous très spécifiques (aucun faux-positif) pour la détection de la colistine dans le muscle de porc et de volaille. En revanche, un seul des kits présente une capacité de détection vraiment satisfaisante (30 µg/kg) par rapport à la limite maximale de résidus (150 µg/kg). Ces résultats ont été valorisés par des publications dans des journaux européens à comité de lecture

  • Recherche de résidus marqueurs de colorants (2021-2022)

En aquaculture, l’usage de composés colorants de la famille des triarylméthanes, possédant des propriétés antiseptiques et antifongiques est interdit du fait de leur toxicité. Le devenir dans l’organisme de certains de ces composés est peu décrit, il était donc nécessaire de mener des travaux pour définir les résidus marqueurs à rechercher à des fins de surveillance dans des denrées d’origine alimentaire. Des travaux de thèse ont permis d’explorer différentes approches pour étudier le métabolisme d’un de ces colorants, le Victoria Pure Blue BO. En combinant les résultats des études de métabolisme, in vitro et in-vivo, un métabolite direct issu de l’exposition au Victoria Pure Blue a été proposé comme résidu marqueur pertinent chez les salmonidés. Il a également été observé une perturbation biologique sur la production d’acides biliaires après exposition de truites à deux triarylméthanes. Ces travaux ont été réalisés avec la collaboration de la Faculty of fisheries and protection of waters  en République Tchèque et du laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort pour les expérimentations animales sur les poissons. Les résultats ont fait l’objet de trois publications scientifiques.

  • SILVERPROTECT (2020 – 2022)

Matériaux innovants incluant des ions argent pour garantir une meilleure sécurité sanitaire des produits de l’aquaculture

Financement : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche

Ce projet est coordonné par le site de  Boulogne  sur Mer du laboratoire de Sécurité des aliments. Il doit évaluer les performances de matériaux antimicrobiens recouvrant des surfaces de préparation du poisson. Il est effectué en collaboration avec des industries de la filière aquacole, le consortium PureZone, l’IUT de St Brieuc et le Centre technique d'expertise agroalimentaire de St Lô.

  • QAC-BIoM (2021 – 2023)

Quaternary ammonium compounds bowel intestinal microbiotal

Financement : programme national de recherche environnement-santé-travail

Étude exploratoire préliminaire de l'impact des ammoniums quaternaires sur la perméabilité et le microbiote, conséquences pour les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Pour la première fois, l'interaction entre l'exposition à de faibles concentrations de biocides désinfectants, le microbiote intestinal et la barrière intestinale vont être étudiés afin d'élargir les connaissances sur les maladies inflammatoires chroniques en utilisant une approche interdisciplinaire holistique. Ce projet est coordonné par l’unité infinite (Inserm- université de Lille - CHU Lille) et associe trois unités du laboratoire de Fougères (ARC,EMAD AB2R).

  • OSABt (2019 – 2021)

Surveillance des risques d'intoxications alimentaires liés à l’utilisation des bio-insecticides à base de Bt

Fianancement : Anses

Bacillus thuringiensis (Bt) est à la première place du marché mondial des bio-insecticides microbiens et les populations peuvent être exposées via l’alimentation. Or, elle appartient au groupe de bactéries Bacillus cereus, auquel sont imputées de nombreuses toxi-infections alimentaires collectives chez l’homme. Le but de ce projet est de générer une meilleure connaissance du risque associé à l’utilisation des bio-insecticides à base de Bacillus thuringiensis.

  • Tentacles (2020 – 2024)

Temperature-responsive nanogels for targeted delivery of micrornas in wound healing and tissue regeneration applications

Financement : programme Horizon 2020

L'objectif de ce projet est de développer un nanogel innovant, à base de nanoparticules d'oxyde de fer et micro-ARN ciblés, intégrés dans un polymère pour les traitements cutanés et la régénération tissulaire. L'oxyde de fer favorise l'induction de la fibrogenèse et les molécules de micro-ARN contribuent à la modulation de l'expression de gènes particuliers. Différents nanogels seront synthétisés. Leur toxicité et leur génotoxicité seront évaluées in vivo et in vitro.

  • CONTALIM (2020 –2023)

Contamination alimentaire par des antibiotiques 

Financement : région Bretagne et l’ANSES

La contamination croisée des aliments pour animaux par les antibiotiques, résultant de l’utilisation de lignes de production communes à tous les types d’aliments, y compris les aliments médicamenteux, est une réalité mise en évidence par des plans de surveillance réalisés en 2017 et 2018 dans les élevages en France. Une thèse est menée pour évaluer les risques de transfert de résidus aux aliments pour animaux ainsi que d’émergence de résistance dans le microbiote des porcs soumis à une alimentation contaminée par les antibiotiques retrouvés le plus fréquemment lors des plans de surveillance.

  • Antibiotrace (2019 – 2022)

Méthodologies PB/PK permettant de prédire les concentrations tissulaires d’antibiotiques à l’état de traces dans le lait, chez plusieurs espèces (vache, brebis et chèvre) et avec plusieurs antibiotiques

Financement : Région Nouvelle-Aquitaine et Anses 

Ce projet concerne l’évaluation des résidus d’antibiotiques dans le lait. La présence de résidus favorise l’émergence et le développement de bactéries résistantes. Mais les études se heurtent à diverses difficultés, en particulier analytiques. Elles sont longues, complexes et onéreuses. Elles pourraient bénéficier des progrès récents en modélisation pharmacocinétique-physiologiques (PB/PK). Ce projet, en collaboration interne avec le laboratoire de Ploufragan-Plouzané-Niort et externe (Inserm, l’Université de Poitiers, la société Ceva Santé animale, les lycées agricoles de Melle et Venours), a été réalisé sur trois espèces animales productrices de lait. Les analyses des teneurs dans le lait sont en cours de réalisation.

  • Capbiola (2021 – 2023)

Développement de biocapteurs électrochimiques et colorimétriques pour la détection des résidus de biocides désinfectants dans l’industrie laitière

Financement : Région Bretagne

Les biocapteurs optiques sont utilisés pour la détection d’une grande diversité de contaminants alimentaires, car ils présentent les meilleures caractéristiques (sensibilité, rapidité, coût bas, haut débit) pour une utilisation sur le terrain. Déjà évalués dans le cadre des missions de référence du laboratoire pour la détection des résidus d’antibiotiques, ils pourraient être une alternative prometteuse pour la détection de résidus de biocides. Cette détection pourrait se faire à partir des liquides de rinçage, suite aux opérations de nettoyage et de désinfection des surfaces en contact avec les aliments. Le projet Capbiola est financé par la Région Bretagne dans le cadre d’un appel Stratégie d’attractivité durable, pour recruter un post-doctorant pendant 18 mois. Il portera sur le développement, l’optimisation, l’évaluation et la validation de biocapteurs optiques (colorimétriques et fluorimétriques) et électrochimiques, pour la détection de composés de la famille des ammoniums quaternaires et des amines dans l’industrie laitière. En plus de l’expertise de l’unité dans la détection des résidus d’antibiotiques et médicaments vétérinaires, en particulier dans le lait, le projet s’appuiera sur les compétences scientifiques et techniques d’un laboratoire de l’université de Perpignan (Biocapteurs – analyses - environnement (BAE)).